Un nouvel outil pour maîtriser la volatilité des prix des produits laitiers !

Nyse-Liffe a décidé de créer un marché sur lequel seront cotés des contrats de poudre de lait écrémé, de beurre et de poudre de lactosérum...

Le récent accord conclu, dans la douleur, entre industriels et éleveurs laitiers est finalement une des conséquences de la réalité du marché actuel, qui est la volatilité importante des cours des produits laitiers sur le marché international ces 3 dernières années. Face à cette volatilité, la filière laitière européenne disposera dans les prochains mois d’un nouvel outil : le marché à terme.

Les éleveurs laitiers néo-zélandais, comme tous les agriculteurs du monde entier, suivent de près les prévisions météorologiques, mais ils y attachent peut-être une importance plus grande. Les exploitations laitières en Nouvelle-Zélande sont en effet basées sur une forte utilisation des herbages. Du coup, dès que les conditions climatiques deviennent sèches et que l’herbe ne pousse plus, les vaches produisent moins de lait et les cours des produits laitiers (beurre industriel, poudre de lait ...) s’envolent sur le marché international. Il faut dire que le pays réalise à lui seul plus de la moitié des exportations mondiales sur des produits tels que le beurre et la poudre de lait entier.

Ainsi, lors de la sécheresse qui a touché la Nouvelle-Zélande en 2007, les cours de la poudre de lait entier ont doublé atteignant 5000$/t en l’espace de 6 mois. « La volatilité sur le marché international des produits laitiers est aujourd’hui aussi importante que celle du CAC40 » estime Maxime JOUENNE, analyste et responsable marché des produits laitiers chez AGRITEL, une société de gestion des risques de prix sur les matières premières agricoles.

Ainsi, c’est dans ce contexte que devrait être lancé dans les prochains mois un marché à terme dédié à ce secteur. Nyse-Liffe a en effet décidé de créer un marché sur lequel seront cotés des contrats de poudre de lait écrémé, de beurre et de poudre de lactosérum. L’existence de ce « marché papier » permettra d’apporter de la visibilité sur les prix à tous les intervenants de la filière qu’ils soient fabricants de beurre (industrie de première transformation), industriels consommant des produits laitiers (industrie de deuxième transformation) ou même éleveurs laitiers. Ce marché permettra l’élaboration d’un prix reflétant la réalité de l’offre et de la demande sur plusieurs échéances allant jusqu’à un an.

« Le marché à terme n’a pas du tout vocation à remplacer le marché physique déjà existant. Il donnera la possibilité aux industriels de réaliser des opérations de couverture permettant de fixer un prix de vente ou d’achat et ainsi de ne plus être exposés à la volatilité du marché international » assure Maxime JOUENNE d’ AGRITEL. A l’image de ce qui se réalise déjà sur les céréales ou sur les autres industries qui se couvrent des fluctuations des cours de l’acier ou du pétrole, les industriels laitiers auront la possibilité d’acheter ou de vendre des contrats financiers adossés à de la marchandise physique, ce qui rendra leurs marges moins soumises aux aléas des cours mondiaux.

« La sécurisation de la marge des industriels devrait également être bénéfique pour les éleveurs laitiers qui pourraient avoir ainsi un prix du lait plus stable » rajoute l’analyste d’AGRITEL. Toutefois, d’ici le lancement de ce nouveau marché, la filière laitière a un besoin de formation dans la mesure où le marché à terme est quelque chose d’entièrement nouveau et où les méthodes relèvent clairement de la finance de marché. Comme le souligne d’ailleurs les participants aux formations d’AGRITEL, la formation permet de « pouvoir comprendre l’intérêt et l’utilisation concrète de cet outil dans notre filière où les fluctuations des prix sont désormais notre quotidien ». Car si le marché à terme ne réduira pas la volatilité des cours mondiaux, ni même ne l’augmentera, sa maîtrise permettra assurément d’y être moins exposé.

Next Finance , Septembre 2010

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