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Stanley O’neal quitte Merrill Lynch

Selon le Wall-Street Journal O’neal aurait choisi de démissioner de ses fonctions après une semaine marquée par l’annonce d’une perte de 2,2 milliards de dollars et des provisions pour dépréciation d’actifs de 8,8 milliards de dollars au 3è trimestre 2007.

Comme le prédisaient les médias américains la semaine dernière, Stanley O’neal a quitté la tête de Merril Lynch ce week-end. La banque d’affaires américaine avait annoncé des pertes records (2,2 milliards de dollars) au troisième trimestre, et surtout, 8,8 milliards de dollars de dépréciation d’actifs liés à la crise des « subprimes ». Ce dernier montant étant largement supérieurs aux 5 milliards de dollars attendus par les analystes.

O’neal avait déclaré lors de l’annonce des résultats le mercredi 24 octobre que les provisions supplémentaires résultaient « d’analyses additionnelles effectuées par le management de la firme pendant le processus de clôture des comptes ». Ces dépréciations supplémentaires ont poussé Wall-Street à s’interroger sur la stratégie de Stanley O’neal, et sur la capacité du management de Merrill Lynch à anticiper et évaluer correctement les risques.

Lors de l’annonce des résultats, premières pertes trimestrielles de Merrill Lynch depuis 6 ans, O’neal avait annoncé dans la foulée un plan de restructuration et le limogeage de plusieurs hauts cadres de la firme : Dale Lattenzio, patron des produits et crédits structurés, ainsi que Osman Semerci ont été limogés. Ce dernier avait pourtant été promu en juillet 2007 responsable d’une entité nouvellement créée s’occupant du fixed income, des commodities et du change.

O’neal était lui-même sous le feu des critiques, et son approche managériale était ainsi largement remise en cause. Certains observateurs font en effet remarquer que Stanley O’neal était peu enclin à la discussion et ne tolérait que très peu les désaccords. Plusieurs hauts responsables de Merrill qui ne partageaient pas ses options ont ainsi été limogés. D’autres attribuent les pertes de Merrill aux changements incessants à la tête des équipes, ce qui rendait le suivi des risques difficiles. Certains enfin soulignent que O’neal, qui n’a pas de passé de trader ou de spécialiste des marchés financiers, dépendait de ses subordonnés pour apprécier les risques.

Depuis qu’il a pris les rênes de Merrill Lynch fin 2002, Stanley O’neal avait repositionné la firme sur les marchés fixed income, commodities et mortage (prêts à effet de levier, subprimes, produits structurés de crédit), des secteurs sortant du champ d’expertise traditionnel de Merrill Lynch. La banque était ainsi, depuis 2004, le 1er acteur mondial sur les dérivés de crédit. La crise des "subprimes" a fait volé en éclats la pertinence de sa stratégie.

Mais la goutte qui a fait déborder le vase, dans cette situation déjà critique, est le contact qu’aurait eu Stanley O’neal avec le président de la banque Wachovia, quatrième banque des Etats-Unis dans l’optique d’une fusion entre cette dernière et Merrill Lynch, cela sans l’aval de son conseil d’administration. D’autres sources affirment que Stanley O’neal contactait Wachovia afin de lui vendre les 20% que Merrill détient dans Bloomberg (participation évaluée à 4 à 5 milliards de dollars). Il n’en a pas fallu plus pour que le conseil d’administration se penche sur la piste d’un successeur à O’neal.

Un journaliste de Forbes posait la question de savoir ce « que faisait le board » et soulignait que l’exposition de Merrill fin juin sur les produits dérivés et les CDO [collateralized debt obligations] avait atteint la somme faramineuse de 32 milliards de dollars. Merrill avait travaillé fiévreusement pour réduire sa position, mais la crise des subprimes l’avait rattrapé aux mois de juillet et août, tandis que son exposition qui avait diminué, se montait encore à 15 milliards de dollars.

Stanley O’neal quittera donc la banque après avoir été, l’année dernière, le second PDG le mieux payé de Wall-Street avec pas loin de 48 millions de dollars de rémunération. Il pourrait toucher pour son départ, 30 millions de dollars au titre de pension de retraite, plus 129 millions de dollars en actions et stock options.

Paul Monthe , Octobre 2007

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