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Selon plusieurs ONG, les financements de la BCE aux énergies fossiles sapent les engagements climatiques de la Commission Européenne

Selon plusieurs ONG, alors que la Commission Européenne s’est engagée à ce que son plan de relance "ne cause pas préjudice à l’environnement", la Banque centrale européenne (BCE) pourrait financer les plus grands pollueurs, dont Shell et Total, à hauteur de 132 milliards.

Plus de 85 000 personnes ont signé la pétition de SumOfUs, Reclaim Finance et 350.org appellant les gouverneurs de la BCE, qui se réuniront ce jeudi, à arrêter de financer la crise climatique.

Les ONG tirent la sonnette d’alarme : alors même que les institutions se battent pour reconstruire les économies européennes après la crise du Covid-19, les engagements de la Commission européenne sont minés par les décisions de sa propre banque centrale.

La présidente de la BCE, Christine Lagarde, et les gouverneurs des banques centrales de l’Eurosystème se réuniront jeudi 4 Juin pour décider de la suite de la réponse apportée à la crise. SumOfUs, Reclaim Finance et 350.org préviennent les gouverneurs qu’ils risquent voir de se voir taxer d’hyprocrites s’ils ne décident pas de leur côté de mettre un terme au financement des énergies fossiles, qui mettent notre futur en péril.

La BCE pourrait acheter jusqu’à 210 milliards d’euros d’actifs d’entreprises en 2020, via son programme exceptionnel de 1100 milliards de « quantitative easing ». Comme le rapport de Reclaim Finance le révèle, elle achètent les actifs de 300 multinationales, dont 38 des énergies fossiles, 10 activent dans le secteur du charbon et 4 dans celui du pétrole et gaz de schiste. Nombre de ces entreprises ne cessent d’augmenter leurs productions d’énergies fossiles et 63% (soit 132 milliards d’euros) des achats d’actifs d’entreprises de la BCE pourraient bien aller aux entreprises les plus polluantes, notamment celles de l’aviation ou des fournisseurs d’énergie.

Récemment, 45 ONG européennes ont écrit à Christine Lagarde pour lui demander d’aligner la politique de la BCE avec les objectifs de l’Accord de Paris. Dans sa réponse, la Présidente reconnaît l’urgence de se mobiliser contre le changement climatique, tout en refusant d’agir.

Ce statu quo contraste avec l’engagement pris par la Commission européenne, à la suite d’une campagne supportée par plus de 300 000 membres de SumOfUs, que son plan de relance de 750 milliards d’euros ne se fasse pas au détriment des ambitions climatiques de l’Union. Si le plan de la Commission inclut de nouveaux financements pour les transports bas carbone, les industries propres et la rénovation des bâtiments, SumOfUs, Reclaim Finance et 350.org préviennent qu’en déversant des milliards aux activités les plus polluantes - comme le charbon, le pétrole, le gaz ou l’aviation - la BCE sapera tous ces efforts.

Leyla Larbi, chargée de campagne pour SumOfUs explique "L’Union Européenne combat l’urgence climatique d’une main et arrose l’industrie fossile de l’autre. Le compte n’y est définitivement pas. La BCE a l’opportunité unique de rebâtir des économies plus justes et durables, en conditionnant son soutien à des critères environnementaux strictes. Des milliers de citoyens européens veulent voir Christine Lagarde mettre la planète avant les profits des pollueurs."

Pour Paul Schreiber, chargé de campagne chez Reclaim Finance : "Christine Lagarde et tous les membres du conseil des gouverneurs de la BCE, dont le français François Villeroy De Galhau, ne peuvent continuer à proclamer l’urgence climatique tout en refusant d’agir. Pour ne pas jeter les objectifs climatiques et l’espoir d’une Europe plus verte à la poubelle, la BCE doit immédiatement arrêter d’acheter les actifs des entreprises qui prévoient d’accroître leurs productions d’énergies fossiles et ne s’engagent pas sur une trajectoire de réchauffement à 1.5°C. Elle doit ensuite profiter de sa révision stratégique en cours pour intégrer le climat à l’ensemble de ses opérations."

Nick Bryer, chargé de campagne chez 350.org déclare "Christine Lagarde a plusieurs fois mis en avant l’importance pour la BCE de contribuer à la lutte contre le changement climatique. Pourtant, la banque n’a rien fait pour aligner sa réponse au coronavirus avec les engagements climatiques européens. Au contraire, en achetant les titres d’entreprises comme Shell ou Total, elle renforce le plus gros obstacle à l’atteinte de ces objectifs : l’industrie des énergies fossiles."

Christine Lagarde avait indiqué vouloir prendre en compte les questions écologiques dans la révision stratégique de la BCE. Cependant, celle-ci ne sera pas achevée avant mi-2021 et l’absence totale de critères climatiques dans la réponse de la banque au Covid-19 laisse entrevoir peu de volonté sur la question.

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