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Gestion obligataire : la flexibilité sera de rigueur en 2019

Alors que la Réserve fédérale américaine risque de procéder à un resserrement beaucoup trop agressif, et que les cycles économiques et du crédit continuent de progresser, les gérants de portefeuilles obligataires Seth Meyer et Tom Ross insistent sur l’importance d’avoir une approche humble...

Alors que la Réserve fédérale américaine risque de procéder à un resserrement beaucoup trop agressif, et que les cycles économiques et du crédit continuent de progresser, les gérants de portefeuilles obligataires Seth Meyer et Tom Ross insistent sur l’importance d’avoir une approche humble par rapport aux obligations, où le capital peut être alloué de façon dynamique aux opportunités ajustées du risque les plus solides et ce, qu’elle que soit la classe d’actifs.

Principaux thèmes à surveiller pour 2019

Le nombre de relèvements des taux d’intérêt réalisé par la Réserve fédérale (la Fed) aura un impact significatif sur les marchés obligataires mondiaux en 2019. La Fed a atteint ses objectifs, à savoir un taux d’emploi maximum et la stabilité des prix, et alors qu’elle cherchera à maintenir ces objectifs, elle ne souhaite pas pousser l’économie américaine vers la récession. Etant donné que les mesures de relance budgétaire, et non pas la politique monétaire, soutiennent actuellement la croissance, et que l’impact de chaque hausse se fait en décalé sur plusieurs mois, le nombre de relèvements pourrait selon nous être inférieur à ce que prévoit actuellement la Fed. Pourtant, des incertitudes existent en termes de variabilité des résultats pour l’économie américaine, et certaines entreprises commencent à exprimer leurs inquiétudes. La confiance indéfectible affichée par les équipes de management depuis la correction de mi-cycle de 2015 est en train de disparaître. Alors que les entreprises évaluent les résultats économiques potentiels, nous anticipons des prises de risques plus prudentes en 2019 et des prévisions de résultats moins agressives.

Risques et opportunités pour les marchés obligataires

Si la Fed fait marche arrière et que la croissance modérée du PIB se poursuit, le coupon d’environ 7% [1] sur le « high yield » américain semble attractif. Toutefois, nous sommes préparés à un élargissement modéré des spreads dans la mesure où les investisseurs admettent une croissance des résultats comparativement plus modérée par rapport à 2018. Compte tenu de l’environnement de hausse des taux et de perspectives de resserrement des spreads qui ont tendance à diminuer, le « high yield » à duration courte reste une source attractive de revenus.

Les développements commerciaux positifs entre les Etats-Unis et la Chine pourraient porter les marchés risqués vers de nouveaux sommets. Toutefois, compte tenu des incertitudes, nous pensons que les entreprises centrées sur les Etats-Unis dans des secteurs marqués par une tendance à la réduction du levier d’endettement, comme le secteur pharmaceutique et la santé, offrent des opportunités ajustées au risque attractives. Selon nous, la tendance de réduction de l’effet de levier et une dynamique positive entre l’offre et la demande pour certaines matières premières l’emportera finalement sur la volatilité liée aux échanges commerciaux pour des émetteurs choisis dans les métaux et les produits miniers. Le consommateur et sa soif d’expérience devraient être une source d’opportunité dans la mesure où d’importants remboursements d’impôt devraient stimuler les dépenses au cours du premier semestre.

Les valorisations des obligations à haut rendement en Europe sont devenues plus favorables et la région continue d’offrir une valorisation plus attractive sur une base ajustée du risque par rapport aux Etats-Unis.

La dispersion a été importante parmi les valeurs européennes et nous pensons que cela pourrait constituer une source permanente d’opportunité pour notre approche fondée sur la recherche.

Quelles perspectives pour 2019 ?

L’année 2018 a montré l’importance d’allier une sélection des titres « bottom-up », basée sur les fondamentaux avec une vision structurée « top-down ». La Fed procède au resserrement actif de ses taux, les cycles économiques et de crédit jouent les prolongations, et la volatilité gagne les marchés. Alors que nous sommes attentifs aux signaux émis et à d’autres facteurs macroéconomiques, nous devons maintenir notre ligne de conduite qui consiste à modifier notre allocation lorsque les classes d’actifs deviennent plus ou moins attractives.

Une approche humble, qui nous permet d’allouer de façon dynamique les meilleures idées de notre équipe dans les zones du marché qui présentent les meilleures perspectives de rendement ajusté au risque, devrait nous permettre de limiter la volatilité du portefeuille et d’atténuer n’importe quelle tempête qui surgirait.

Seth Meyer , Tom Ross , Décembre 2018

Notes

[1] Source : Bloomberg, ICE BofAML US High Yield Index, yield to worst, au 22 novembre 2018. Le « Yield to worst » est le rendement le plus bas possible (pire scénario) dans l’hypothèse où il n’y aurait pas de défaillance ; il prend en compte les caractéristiques de l’émetteur qui pourraient exister sur les obligations comme les provisions pour pré-paiement ou droits à rembourser une obligation de façon anticipée, ce qui pourrait réduire le rendement.
Les rendements peuvent varier et ne sont pas garantis.

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