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Vers la fin de la divergence des politiques monétaires européenne et américaine ?

Le nouveau président de la Banque centrale américaine (Fed), Jerome Powell, a effectué sa première intervention, fin février, devant le Congrès. Il a décrit une « croissance économique forte » stimulée par « une politique budgétaire devenue plus stimulante » et a assuré « d’autres hausses de taux graduelles ». Il se situe globalement dans la continuité de Janet Yellen...

Le nouveau président de la Banque centrale américaine (Fed), Jerome Powell, a effectué sa première intervention, fin février, devant le Congrès. Il a décrit une « croissance économique forte » stimulée par « une politique budgétaire devenue plus stimulante » et a assuré « d’autres hausses de taux graduelles ». Il se situe globalement dans la continuité de Janet Yellen, mais soutient une approche de politique monétaire peut-être un peu moins accommodante que ce que le marché attendait.

Du côté européen, la réunion de politique monétaire de la Banque Centrale Européenne (BCE) du jeudi 8 mars 2018 laisse les taux inchangés. En ce qui concerne les mesures non conventionnelles de politique monétaire, le conseil des gouverneurs confirme que les achats nets d’actifs, au rythme de 30 milliards d’euros, devraient être réalisés jusque fin septembre 2018 ou au-delà si nécessaire.

Il est important de noter que le conseil ne spécifie plus sa capacité à accroître le volume et/ou allonger la durée du programme d’achat d’actifs, ce qui dénote une posture légèrement moins accommodante que la précédente.

Durant la conférence de presse qui a suivi la réunion monétaire, Mario Draghi a insisté sur le fait que la BCE restera accommodante par tous les leviers de sa politique monétaire, que ce soient les achats nets d’actifs (les flux), son bilan (le stock), ainsi que la politique de taux d’intérêt. La réunion a montré la capacité de la BCE à adopter une posture légèrement moins accommodante et à rassurer le marché en même temps. Le trimestre prochain sera très certainement le moment où la BCE continuera de changer de ton afin de préparer petit à petit la fin de ses facilités monétaires d’ici la fin de l’année.

Les taux européens étant encore extrêmement bas et son bilan étant plus grand que jamais, la BCE aurait peu de marge de manœuvre si elle devait faire face à une récession globale. Cependant, l’inflation est encore loin de sa cible, ce qui implique que la BCE doit continuer ses facilités monétaires. La posture est délicate pour la BCE : elle doit agir en limitant la hausse de son bilan, en respectant son objectif d’inflation ainsi qu’en tenant compte du fait qu’une récession globale pourrait faire surface dans les quelques années prochaines…

Benjamin Bourguignat , 16 mars

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