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Une renégociation de la dette grecque est possible

Le gouvernement grec et ses créanciers ont tout intérêt à trouver un arrangement et ils ont les moyens d’y arriver. Les négociations seront ardues et les difficultés rencontrées pourraient causer des périodes de forte volatilité sur les marchés dans les mois à venir, cependant si un accord est finalement conclu, cela devrait provoquer des opportunités d’achat.

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Les résultats des élections grecques ont été conformes aux prévisions, avec 149 sièges obtenus par Syriza, juste en deçà des 151 nécessaires à la majorité absolue. Grâce au soutien du parti souverainiste des Grecs Indépendants, Syriza a réussi à former un gouvernement et a le pouvoir de poursuivre sa politique.

Les premières réactions du marché à ces résultats ont été négatives, certains investisseurs ayant sans doute espérer que cette coalition se forme avec les centristes de To Potami plutôt qu’avec les Grecs Indépendants.

Ignorer le bruit et se concentrer sur le résultat final

Dans les prochains mois, on peut s’attendre à des négociations difficiles autour des finances publiques grecques. Ce processus génèrera vraisemblablement beaucoup de bruits et de volatilité, et il est difficile de prédire le cheminement de ces discussions au jour le jour. Il est donc préférable, selon nous, de se concentrer sur la manière dont la situation aura évolué d’ici le second semestre, une fois que la poussière sera retombée.

Pour nous, le plus probable est que la Grèce et ses créanciers internationaux réussissent à trouver un accord selon lequel la valeur actuelle nette de la dette grecque sera réduite à un niveau plus supportable via une baisse des taux d’intérêt et un allongement de la durée de l’emprunt, en échange de la promesse de dégager une sorte d’excédent budgétaire, même s’il est inférieur aux 3% du PIB envisagés précédemment.

Même si Syriza préfèrerait sans doute que les créanciers officiels de la Grèce acceptent une décote plus importante, la réalité est que les contribuables du Nord de l’Europe ne semblent pas prêts à accepter une réduction de la valeur nominale de la dette Grecque, ne serait-ce que pour l’exemple, pour les autres pays endettés dont les dettes sont si importantes que personne ne pourrait se permettre qu’elles soient dépréciées.

D’âpres négociations

A court terme, nous pourrions nous trouver dans une impasse, Syriza réclamant une remise de dettes plus importante que ce que ses créanciers sont prêts à lui accorder. Le gouvernement grec devra démontrer à ses électeurs qu’il a essayé d’obtenir le meilleur accord possible.

Cependant, si cette impasse venait à perdurer, cela pourrait affecter les recettes publiques, provoquer une fuite des capitaux et retourner la tendance de la croissance - tout ceci empêcherait le gouvernement de tenir les promesses faites aux électeurs, la grande majorité d’entre eux souhaitant rester dans l’Euro.

La Grèce est à un tournant… pourquoi faire dérailler la reprise ?

Nous pensons donc que le gouvernement grec a toutes les raisons d’éviter un conflit frontal avec le reste de la zone Euro et un compromis reste possible. Après des années de contraction, l’économie grecque a atteint son plus bas niveau l’année dernière et a rebondi de 1.9% au troisième trimestre. Si tant est qu’il n’y ait pas d’autre choc de confiance, ni de mesures d’austérité supplémentaires, la Grèce pourrait bénéficier d’une reprise cyclique qui lui permettrait d’atteindre plus facilement ses objectifs sociaux et budgétaires.

De même, les créanciers de la Grèce ont tout intérêt à maximiser les montants qu’ils vont percevoir en remboursement de la dette grecque, et une certaine dose de réalisme et de flexibilité sur les échéances des remboursements pourrait être plus efficace que de s’arc-bouter sur le respect du calendrier.

Les pays créditeurs pourraient-ils refuser de céder du terrain et permettre une faillite financière de la Grèce « pour l’exemple » ? Cela n’est pas impossible mais ne serait pas sans conséquence pour les créanciers. L’onde de choc irait bien au-delà de la Grèce, cela augmenterait le montant des pertes et gaspillerait le capital politique dépensé pour garder la Grèce dans la zone Euro. Tout ceci pourrait encourager les créanciers à rechercher un compromis.

Aucun des joueurs de cette partie de poker n’a particulièrement une bonne main, il serait donc plus sage pour tout le monde de s’abstenir de faire grimper la mise trop haut.

Si les politiciens évitent les erreurs, il sera possible de trouver un arrangement. Jusqu’à ce que nous ayons des preuves que les positions convergent, nous devrions assister à des périodes de forte volatilité sur les actions grecques. Ce qui pourrait s’avérer être source de belles opportunités d’achat pour nous dans le cas où un accord serait finalement trouvé.

Colin Croft , Février 2015

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