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Une conjoncture mondiale qui tient le choc

Les facteurs de risque ne manquent pas (guerre commerciale, montée des populismes) mais l’économie mondiale fait preuve d’une belle résistance qui continue de nous inspirer confiance.

Ces dernières semaines, l’évolution des marchés a été impactée par des facteurs de nature politique. Les craintes d’une guerre commerciale élargie et les problèmes de gouvernance de la zone euro sont les deux grandes menaces qui ressortent en cette fin de semestre.

Nous pensons raisonnablement que ces deux dangers vont progressivement s’estomper. Une guerre commerciale serait coûteuse pour tout le monde, à commencer par les industriels américains dont les indicateurs de confiance commencent à être impactés par les derniers évènements.

Mais les Etats-Unis ont trop à perdre (ventes massives d’obligations américaines par la Chine, dévaluation du yuan etc.) pour qu’une certaine mesure ne finisse par l’emporter.

En Europe, la montée des populismes ne signifie toutefois pas que les peuples veuillent sortir de la zone euro ou de l’Union européenne. D’ailleurs, l’exemple du Brexit illustre bien à quel point une sortie de l’UE est difficile et risquée. De même, la prise en compte des demandes de l’Italie sur le terrain de l’immigration, lors de la réunion du 28 juin, indique bien la volonté d’arriver coûte que coûte à un compromis. Si l’Europe évolue sur un fil (fragilité de la coalition de Mme Merkel), nul n’a intérêt à ce qu’il casse prochainement.

En dépit de cette nervosité, l’économie mondiale continue de nous inspirer confiance. La croissance américaine a légèrement déçu au premier trimestre avec un PIB en progression de 2% en première estimation. Mais nos différents indicateurs nous donnent une tendance proche de 4% pour le deuxième trimestre ! La consommation est forte, l’investissement soutenu et le commerce extérieur en amélioration. Par ailleurs, les craintes inflationnistes sont repoussées dans le temps. Un certain nombre de faux signaux sur les salaires aux Etats-Unis nous avaient fait craindre une accélération de l’inflation au second semestre 2018. Ce scénario est décalé dans le temps, probablement au premier semestre 2019. Cela laisse du temps à la Federal Reserve pour poursuivre tranquillement sa politique de normalisation monétaire.

Avec une croissance soutenue et une inflation modérée, l’environnement économique aux Etats-Unis est propice aux placements financiers. C’est également le cas en Europe et au Japon où le cycle de croissance poursuit sa route. En outre, l’Europe bénéficie de la hausse récente du dollar qui va relancer sa compétitivité. Seul les pays émergents nous inquiètent pour la raison inverse : la hausse du dollar leur est défavorable du fait de leur endettement en dollars (même si les disparités sont nombreuses entre les différents pays émergents).

Des valeurs « value » à reconsidérer

Nous allons entrer en juillet dans la période de publication des résultats trimestriels des entreprises. Ils seront un élément majeur pour l’évolution des marchés actions cet été et nous amènerons, éventuellement, à reconsidérer nos allocations. Aujourd’hui, de grandes disparités existent entre les différents types de sociétés.

Les entreprises de croissance (luxe européen, technologiques américaines) sont proches de leur plus haut alors que les secteurs « value » (financières, cycliques) sont en baisse significative depuis plusieurs mois. Ces derniers devraient se réapprécier progressivement, au fil de publications favorables.

Le premier semestre 2018 a vu le retour de la volatilité sur les marchés après une année 2017 au long fleuve tranquille. La toile de fond macroéconomique qui nous sert de boussole est aujourd’hui favorable. Les marchés sont aujourd’hui polarisés sur d’autres risques que nous avons intégrés dans la gestion de nos portefeuilles.

Emmanuel Auboyneau , Xavier d’Ornellas , 9 juillet

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