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Un changement d’administration aux États-Unis a généralement peu d’impact sur les rendements à long terme du marché

Le marché a besoin de stabilité et de transparence. Comme dans tous systèmes d’enchères efficace, il repose sur la visibilité des prix des actions et de l’activité économique. Généralement, le marché - et les individus qui le composent - n’aiment pas le changement...

Le marché a besoin de stabilité et de transparence. Comme dans tous systèmes d’enchères efficace, il repose sur la visibilité des prix des actions et de l’activité économique. Généralement, le marché - et les individus qui le composent - n’aiment pas le changement, mais cette fois, alors que nous tournons une page de l’histoire, ce que nous voyons est en fait un retour potentiel à une stabilité, une normalité et une transparence réelles. Bien que ce jour marque l’investiture d’un démocrate à la Maison Blanche, les politiques attendues ne sont pas radicalement différentes de ce que nous avions vu historiquement. Toutefois, la croissance des bénéfices des entreprises, qui contribue à la performance des actions, devrait être renforcée à court terme, si de nouvelles mesures de relance budgétaire sont approuvées.

Il existe une dichotomie importante aux États-Unis, où de nombreuses grandes entreprises cotées en bourse semblent bien se porter - et, d’une certaine manière, très bien même - alors que les petites et moyennes entreprises non cotées en bourse, qui représentent la majeure partie de l’emploi dans ce pays, se battent au quotidien. Les politiques que nous pourrions voir pour y remédier sont plus susceptibles de fonctionner de bas en haut, avec des initiatives soutenant d’abord les salaires des travailleurs, et ensuite des entreprises, en mettant l’accent sur les petites entreprises. L’économie américaine étant axée sur la consommation, il est alors logique de redistribuer une grande partie de cette politique à la population afin d’augmenter leur pouvoir d’achat et donc d’alimenter l’économie. Ainsi, les entreprises axées sur la consommation pourraient être bénéficiaires au cours des quatre prochaines années.

Mais ce n’est pas si simple. Le développement de plusieurs vaccins nous a donné l’espoir d’avoir une réelle visibilité sur une potentielle fin de l’épidémie, et la distribution chaotique de ceux-ci au démarrage, sera améliorée dans les mois à venir, le processus va se fluidifier. Que ce soit dans six ou neuf mois , nous saurons enfin quand la crise sanitaire sera réellement derrière nous. Toutefois, malgré les discours positifs que nous pourrions entendre, le plus grand risque qui nous guette pourrait être une mauvaise surprise économique. Tant que nous nous ne serons pas réellement débarrassés de ce virus, nous ne connaîtrons pas la profondeur du trou économique que la crise sanitaire va laisser derrière elle, et encore moins la vitesse à laquelle nous pourrons nous en sortir.

Comme l’a largement annoncé M. Biden, la lutte contre la COVID est l’une de ses principales priorités. Cependant, d’autres incertitudes nous guettent. Les changements de taux d’intérêt et les perturbations politiques pourraient ébranler les marchés et les entreprises. L’incertitude règne également quant à la trajectoire de la reprise économique après la pandémie.

Les perturbations induites par les virus ont accéléré certaines tendances importantes qui étaient déjà en bonne voie, telles que le passage au e-commerce. Le secteur technologique représente désormais 27 % de l’indice S&P 500, avec un petit nombre d’entreprises qui dominent les performances. Il s’agit d’un espace naturellement consolidé et de nombreuses entreprises de premier plan, telles que Google, occupent des positions quasi-monopolistiques. Bien que les grandes sociétés informatiques aient récemment fait l’objet d’une surveillance réglementaire accrue, nous ne pensons pas que les investisseurs dans les sociétés technologiques américaines devraient s’inquiéter outre mesure. Nous pensons que le comportement des consommateurs sera le moteur de la croissance future des sociétés informatiques et nous surveillons de près la manière dont ces sociétés apportent une valeur ajoutée à leurs clients.

Du point de vue de l’investissement, compte tenu de la trajectoire incertaine de la reprise économique après la COVID, il est important de se concentrer sur les entreprises qui résistent aux bouleversements macroéconomiques. Quel que soit le contexte macroéconomique ou politique, il est essentiel de se pencher sur les fondamentaux de l’entreprise et de rechercher une capacité bénéficiaire prévisible à long terme. Les investisseurs doivent rechercher des entreprises dont les modèles sont éprouvés et reproductibles et qui occupent une position de leader sur le marché, et s’intéresser davantage à la situation sous-jacente des entreprises spécifiques et à leurs perspectives de croissance durable.

Matthew Benkendorf , 20 janvier

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