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Signal d’alerte : inversion de la courbe des taux

La bourse était hier plutôt bien orientée. L’indice américain S&P 500 connait le meilleur début d’année depuis 2012, notamment grâce aux valeurs bancaires et financières. Les autres indices mondiaux suivent également une trajectoire positive, à l’instar du CAC 40 qui est en progression de plus de 12% depuis janvier dernier.

La bourse était hier plutôt bien orientée. L’indice américain S&P 500 connait le meilleur début d’année depuis 2012, notamment grâce aux valeurs bancaires et financières. Les autres indices mondiaux suivent également une trajectoire positive, à l’instar du CAC 40 qui est en progression de plus de 12% depuis janvier dernier. Il est évident que la politique monétaire accommodante et le récent revirement des banques centrales constituent les deux moteurs combinés de la bonne santé des bourses mondiales. Pourtant, les signaux de risque continuent de s’accumuler.

Le signal le plus préoccupant est l’inversion de la courbe des taux outre-Atlantique. En se basant sur les différentes recherches menées par la FED, l’indicateur le plus pertinent pour prédire une récession est l’écart de taux de rendement entre le 1 an et le 10 ans.

Le spread s’est justement inversé la semaine dernière, le 22 mars, avant de remonter légèrement à 0% hier soir. C’est la première fois depuis 2007 qu’un tel phénomène se produit. Fondamentalement, pour les investisseurs, il s’agit d’un signal limpide que le risque de récession devient réel, mais il est certainement encore un peu tôt pour paniquer et se replier sur les valeurs refuge, comme commencent à le faire beaucoup de clients.

Historiquement, le décalage entre l’inversion de la courbe des taux et l’entrée en récession est en moyenne de 22 mois et il arrive souvent que la courbe des taux revienne en territoire positif avant de rechuter. C’est la direction qui fut suivie en 2006-07.

Comme il est fort probable que l’histoire se répète, il faut se préparer au pire. Les marchés sont dans une phase d’atonie et de complaisance, alimentée par l’interventionnisme des banques centrales, qui ne peut pas éternellement durer. Nous ne sommes pas en capacité de savoir quand l’inévitable va se produire, mais il est certain que l’inversion récente et temporaire (pour l’instant) de la courbe des taux constitue une triple mise en garde : la fin du cycle est bien là, l’entrée en récession est plus proche qu’on ne le croie, et les banques centrales ne seront certainement pas en mesure de l’empêcher.

Christopher Dembik , 28 mars

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