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Selon AllianzGI, les marchés devront s’adapter à un nouveau paradigme mondial, source d’opportunités

La combinaison de l’escalade des tensions géopolitiques, d’une incertitude et d’une inflation élevées, de l’affaiblissement de la dynamique économique, de l’augmentation des risques de ralentissement de la croissance et de banques centrales ayant pris un retard considérable sur la courbe...

La combinaison de l’escalade des tensions géopolitiques, d’une incertitude et d’une inflation élevées, de l’affaiblissement de la dynamique économique, de l’augmentation des risques de ralentissement de la croissance et de banques centrales ayant pris un retard considérable sur la courbe, constitue un environnement complexe pour les investisseurs et devrait engendrer des épisodes de volatilité.

Après une correction en début d’année, le contexte reste positif pour les actions : malgré la hausse des taux d’intérêts, notamment aux Etats-Unis, les taux d’intérêt réels devraient rester en territoire négatif, ce qui est favorable aux actions (TINA). Les politiques de dividendes sont généreuses, et des programmes de rachat d’actions ont été annoncés. La valorisation du marché reste raisonnable. Toutefois, les marges des entreprises sont sous pression, dans un contexte de remontée des coûts du fait des goulots d’étranglement dans les chaînes d’approvisionnement, et de l’explosion des coûts de transport et du prix des hydrocarbures.

« En 2022, il faudra avoir des portefeuilles équilibrés entre les styles, la rotation sectorielle ayant commencé bien avant l’invasion de l’Ukraine, et à forte conviction, remarque Catherine Garrigues, Directrice de la gestion Actions Europe, Stratégie Conviction, d’AllianzGI. Nous privilégierons les entreprises avec un fort pricing power et évitons les secteurs énergivores et ceux très mondialisés, pénalisés par la pénurie et l’explosion des coûts ce certains intrants ».

A plus-long terme, les marchés actions mondiaux devront s’habituer à un nouveau paradigme. De fait, le régime qui prévalait depuis 2008, fondé sur une faible inflation, des politiques monétaires accommodantes et une mondialisation heureuse, n’est plus de mise. La crise du Covid, puis l’invasion de l’Ukraine par les forces armées russes y ont mis fin. Désormais, les investisseurs doivent naviguer dans un corridor étroit. L’inflation devrait atteindre son pic dans les prochains mois, mais les prix des entrants, que ce soit l’énergie, mais aussi les métaux, des produits semi-finis … devraient rester élevés. Les politiques monétaires se normalisent, et les taux d’intérêts réels devraient retrouver des territoires positifs.

Cette nouvelle donne devrait conduire à un ralentissement dans l’expansion des multiples et une normalisation des valorisations. Elle va peser sur les modèles des entreprises, qui devront repenser leur business models. Elles seront contraintes de diversifier leurs sources d’approvisionnement, raccourcir les chaînes d’approvisionnement voire relocaliser, et reconstruire leurs stocks, ce qui devrait mettre leurs marges sous pression.

« Dans un contexte de tendance à long terme qui vont façonner le monde des actions, la nouvelle stratégie de la Chine, entrée dans la phase 3 de son développement ; le Darwinisme numérique, et le bouleversement climatique, de nouvelles failles globales se dessinent avec des ruptures sismiques potentielles dans le système géopolitique et monétaire global et des divergences potentielles de politiques économiques », explique Virginie Maisonneuve, Global CIO Equities d’AllianzGI. « Ces perturbations seront toutefois sources d’opportunités pour les investisseurs. L’innovation sera au cœur de la croissance durable. Il faudra privilégier les entreprises investissant dans l’énergie vert, le on-shoring, le cloud computing et les infrastructures. Enfin, l’ESG continuera à s’imposer dans les stratégies des entreprises et les thématiques autour d’une économie plus responsable, les bâtiments verts, l’efficacité énergétique, et la mobilité électrique seront prometteuses ».

Next Finance , 13 mai

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