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Sans guide local sur le marché des obligations nordiques, pas de salut !

Comment choisiriez-vous un bon investissement sur un marché qui n’a pas d’indice de référence et où la plupart des émissions ne sont pas notées ? Naviguer sur le marché des obligations nordiques non notées est impossible sans un bon gérant actif local à vos côtés.

Si vous vous êtes penchés sur le marché obligataire et que vous suivez les marchés européens, vous connaissez probablement déjà la réputation du marché des obligations nordiques. Mais ce marché compte de nombreuses pépites difficiles à trouver !

Le marché nordique a été l’un des marchés obligataires les plus stables depuis le premier semestre de 2018 et, selon les prévisions, cela devrait continuer. Toutefois, si vous cherchez une vraie sélection de valeurs parmi les émissions d’obligations de sociétés dans cette région, la notation n’est pas ce vous devriez prendre en compte. Pourquoi ? Eh bien, parce qu’environ 54% du marché n’est pas noté alors que c’est là que vous trouverez les meilleures offres. Les nouveaux émetteurs notés en sont la preuve vivante.

Les titres non notés se hissent au top des notations

En septembre, l’opérateur suédois Tele2 a obtenu une solide note BBB, tandis que la société de logistique DVS était encore mieux notée par S&P avec un BBB+. Ces notations soulignent leur bonne qualité d’émetteur parmi d’autres sociétés nordiques non notées souvent peu connues.

Bien qu’il puisse y avoir un terrain favorable pour faire de la sélection de valeur, l’essentiel reste ici d’entrer sur le marché. Le premier obstacle est plutôt évident : étant donné qu’elles ne sont pas notées, comment l’investisseur est-il certain de choisir la bonne valeur ?

Pour répondre à cette question, il faut tout d’abord rappeler qu’il est impossible d’entrer sur ce marché si vous n’êtes pas aidés par un guide local. Nous entendons par là un gérant actif local qui n’est pas seulement basé dans la région mais qui connaît bien les sociétés ainsi que leur façon de travailler à l’intérieur et à l’extérieur de la région.

Etant donné qu’il est impossible de pénétrer ce marché sans l’aide d’un gérant actif, plutôt que de sélectionner des valeurs, l’enjeu est de sélectionner le bon analyste. Et ensuite ? Si les émissions ne sont pas notées et que, pour chacun, cela dépend de ses connaissances et de ses recherches, ce marché n’est pas spéculatif, peu ou prou. Ce qui est très positif. Mais, cela signifie aussi qu’il n’y aura pas de rumeurs sur lesquelles s’appuyer et que seules des analyses standards seront disponibles. Ainsi, l’investisseur est complètement dépendant de son gérant. Dès lors, la clé de la réussite est de savoir choisir le bon.

Choisir le bon sélectionneur

S’il n’y a pas de notation, il existe néanmoins de nombreuses opportunités. Et bien qu’il y ait effectivement de la valeur sur ce marché, il présente aussi de mauvaises surprises qui peuvent épuiser votre portefeuille. Dès lors, il vous faut un gérant très expérimenté accompagné d’un analyste crédit noté A.

Mais en quoi la matrice crédit est-elle si différente ? Après tout, les lois fondamentales ne restent-elles pas identiques ? C’est justement ici que réside l’élément clé, à savoir le facteur régional. De fait, ces sélections de valeurs nordiques sont souvent moins connues au niveau mondial et il est difficile de les identifier à moins que vous soyez du coin.

Par exemple, Cargotec, une société de solutions pour la manutention de frets basée dans la région, dispose d’une solide progression de ses marges qui lui permet d’améliorer ses indicateurs crédit. Il y a aussi Mercada, une société immobilière qui a émis des obligations sécurisées. Cependant, aucun investisseur ne sélectionnerait cet émetteur s’il ne savait pas qu’il avait passé un accord en leasing à long terme avec Kesko, qui est le leader finlandais de la grande distribution, faisant de ce titre un bon investissement. Ainsi, avoir une connaissance approfondie de la société, de sa gouvernance et de son historique, est bien sûr un élément essentiel sur ce marché.

Ces deux sociétés constituent des positions non notées importantes dans notre portefeuille. Evli se concentre également sur le secteur crédit dit « transversal ». C’est-à-dire les investissements où le risque crédit est similaire aux notations BBB-BB. Ce secteur est très intéressant parce qu’il offre notamment un mélange du meilleur des deux mondes : les meilleurs rendements de l’Investment Grade et la meilleure qualité dans les sélections High Yield du marché.

Il est également important de noter que le travail ne s’arrête pas à la sélection de la bonne obligation. Il est nécessaire d’avoir une bonne allocation ainsi qu’une pondération bien équilibrée, ce qui n’est possible qu’avec de solides compétences et de l’expérience.

La recette que nous utilisons a donné de bons résultats jusqu’ici. Le fonds Evli Nordic Corporate Bond connaît un rendement de 8.17% entre mars 2016 et septembre 2018.

Le track record est important ici, car les chiffres ne peuvent pas mentir. Cela permet aussi d’établir un climat de confiance, un élément précieux sur un tel marché où presque tout en dépend.

Petter von Bonsdorff , 26 octobre

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