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Réductions de budgets de recherche et baisse du nombre d’analystes : MiFID II un an après

La première étude consacrée aux professionnels de l’investissement européens depuis la mise en œuvre de MiFID II montre l’impact de cette directive sur le coût, la qualité et la couverture de la recherche financière.

CFA Institute, l’association mondiale des professionnels de l’investissement, publie ce jour les résultats d’une nouvelle étude réalisée auprès d’environ 500 de ses membres (gérants de portefeuille et analystes financiers principalement) en Europe. L’objectif de cette étude est d’évaluer l’impact de la directive MiFID II sur le coût, la qualité et la couverture de la recherche financière.

Depuis son entrée en vigueur, la directive MiFID II entraîne des bouleversements pour les prestataires du secteur de la recherche financière. En effet, les gérants de fonds cherchent à rééquilibrer leurs besoins en matière de recherche dans le cadre de ce régime. Cette nouvelle étude réalisée par CFA Institute révèle pour la première fois comment la directive MiFID II est perçue par les professionnels de l’investissement en Europe, qu’ils soient acteurs du côté acheteur (« buy-side ») ou côté vendeur (« sell-side ») ; les personnes interrogées sont principalement des gérants de portefeuille, des analystes et des cadres dirigeants.

« La directive MiFID II a apporté de la transparence et de la concurrence dans le secteur de la recherche financière. En revanche, les gérants d’actifs ont absorbé les coûts de la recherche, ce qui a considérablement réduit les budgets de recherche et modifie les conditions d’activité des prestataires du secteur de la recherche financière », a déclaré Rhodri Preece, CFA, directeur du département Industry Research, CFA Institute. « La directive est plus contraignante pour les prestataires indépendants et les acteurs du "sell-side", ce qui se traduit par une diminution de la recherche, en particulier pour les actions de petites et moyennes capitalisations, et du nombre d’analystes côté "sell-side" ».

Principaux constats :

  • Les prestataires indépendants n’ont pas tiré profit de MiFID II, car l’intensification de la concurrence exerce une pression sur les prestataires et réduit le nombre d’analystes côté « sell-side » : 57 % des personnes interrogées côté « buy-side » déclarent avoir effectué moins de recherches auprès de banques d’investissement qu’avant l’entrée en vigueur de la directive MiFID II.
  • Les budgets de recherche ont été réduits, les plus grandes entreprises ayant procédé aux coupes budgétaires les plus importantes. La baisse moyenne des budgets de recherche est de 6,3%. Cependant cette baisse est plus importante au sein d’entreprises de taille supérieure : dans les entreprises gérant plus de 250 milliards d’euros d’actifs, la baisse moyenne des budgets est de 11% tandis que pour les entreprises gérant moins d’1 milliard d’euros d’actifs, l’impact sur le budget est négligeable.
  • La plupart des professionnels côté « buy-side » estiment que la qualité de la recherche n’a pas changé, mais les personnes interrogées côté « sell-side » sont généralement plus négatives : 44 % pensent que la qualité de la recherche a globalement diminué. Moins de 10 % des personnes interrogées, tant côté « buy-side » que « sell-side », estiment que la qualité de la recherche a augmenté.
  • Les personnes interrogées sont également préoccupées par la couverture de la recherche : 47 % côté « buy-side » et 53 % côté « sell-side » ont fait état d’une diminution de la couverture des actions de petites et moyennes capitalisations.
  • Parmi les personnes interrogées côté « sell-side », 54 % estiment que le nombre d’analystes a diminué.
  • Cela dit, 39 % des personnes interrogées considèrent que le marché de la recherche est plus concurrentiel, contre 25 % qui expriment l’opinion contraire.

Next Finance , 21 février

Voir en ligne : MiFID2 One year on

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