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Quand l’actualité vaccinale dope les valeurs de reprise

Pour Johanna Kyrklund, Directrice des investissements de Schroders et de Responsable mondiale de l’investissement multi-actifs, le résultat de l’élection américaine a été retentissant pour le monde, pour l’économie et pour les marchés. Mais en tant qu’investisseur, elle a toujours considéré que la pandémie avait des répercussions plus importantes.

Et si 2021 se plaçait soudain sous le signe de l’optimisme...

Le résultat de l’élection américaine a été retentissant pour le monde, pour l’économie et pour les marchés. Mais en tant qu’investisseur, j’ai toujours considéré que la pandémie avait des répercussions plus importantes.

Le succès électoral de Joe Biden a, à juste titre, été éclipsé lundi dernier par l’annonce d’un vaccin qui s’avérerait efficace contre la Covid-19.

La semaine déjà riche en événements a soudain pris un tournant majeur. Le CEO de Pfizer — l’entreprise qui a développé le vaccin (en collaboration avec BioNTech) — a parlé d’un « grand jour pour la science et l’humanité ».

Peut-être cette déclaration est-elle exagérée, mais une chose est sûre : les résultats sont extrêmement encourageants, puisque le nouveau vaccin à deux doses serait plus de 90 % efficace pour prévenir la Covid-19. À titre de comparaison, le vaccin communément utilisé contre la rougeole est efficace à 97 %, et la vaccination contre la grippe saisonnière affiche une efficacité comprise entre 40[(-60) n’a pas été trouvée].

La perspective d’un possible retour à la normalité a suscité l’enthousiasme des investisseurs et entraîné le rebond des marchés actions mondiaux. Au Royaume-Uni, par exemple, le FTSE 100 a progressé de près de 5 %, et ce qu’il faut en retenir, ce sont les titres ayant surperformé. Les entreprises qui ont été les plus pénalisées par les mesures de confinement (comme les compagnies aériennes, les loisirs et l’hôtellerie) se sont envolées de manière spectaculaire.

Dans le même temps, les rendements des emprunts d’État ont augmenté, le prix de l’or a chuté et le pétrole a fortement rebondi.

Est-ce le début d’une rotation majeure ? C’est tout à fait possible. Nous avons peut-être fini par trouver le catalyseur nous permettant de nous détourner des valeurs « stay at home » ayant bénéficié des mesures de confinement au profit des valeurs de reprise.

Il n’y aurait plus besoin de payer une prime importante pour les rares secteurs de croissance si la reprise de l’économie remettait les entreprises de toutes sortes sur la voie de la croissance.

Il convient donc de se préparer à différentes éventualités. Même si, en tant que gérants de fonds, nous aimons faire valoir que nous disposons d’une boule de cristal, en réalité, pour construire un portefeuille, il est important d’envisager plusieurs scénarios potentiels, et de rechercher des investissements capables de faire face à différents dénouements.

La pandémie mondiale a créé à cet égard un défi majeur, car les résultats possibles sont soudain devenus considérables. Les différents scénarios de reprise économique post-pandémie étaient décrits par les lettres U, V, W, L et K.

Même si vous étiez optimiste et que vous prévoyiez une reprise solide en forme de V, il ne fallait toutefois pas exclure une reprise en forme de « L », au cas où l’absence d’un vaccin entraînerait des dommages plus importants à moyen terme pour le secteur privé.

L’annonce lundi de Pfizer, combinée aux avancées médicales qui améliorent le traitement du virus, réduit sensiblement la probabilité d’une reprise en forme de L.

Le vaccin potentiel réduit également les risques associés aux hommes politiques et au succès qu’ils peuvent rencontrer concernant leur soutien à leur économie respective ou le contrôle du virus. À l’horizon des six à douze prochains mois, l’annonce de lundi réduit la nécessité d’un plan de relance budgétaire pour combler l’écart entre l’offre et la demande dû aux mesures de confinement potentielles.

Nous étions d’ores et déjà d’avis que l’évolution de la Covid-19 était plus importante que les élections américaines, et l’actualité des derniers jours n’a fait que renforcer ce sentiment. Les résultats électoraux les plus extrêmes (une « vague bleue » ou une élection contestée) ont été évités et n’occupent plus le devant de l’actualité quoiqu’il arrive.

Par rapport au début de la semaine dernière, l’incertitude qui nous a entourés pendant la majeure partie de l’année 2020 a considérablement diminué.

Soudain renaît un sentiment d’optimisme pour 2021 ; espérons que lundi soit un jour aussi grand que l’a proclamé le CEO de Pfizer.

Johanna Kyrklund , 13 novembre

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