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Pourquoi le dollar est cher ?

Depuis son plus haut fin janvier, l’Euro a perdu 9% contre le dollar. Dans quelle mesure est-ce explicable par les fondamentaux ? Stéphane Déo et Hervé Goulletquer, Stratégistes, Direction de la Gestion chez LBPAM proposent une approche en trois temps.

Depuis son plus haut fin janvier, l’Euro a perdu 9% contre le dollar. Dans quelle mesure est-ce explicable par les fondamentaux ? Nous proposons une approche en trois temps.

Premier temps : la parité des pouvoirs d’achats (ou PPP pour les intimes « Purchasing Power Parity »). Sur le très long terme, à l’échelle d’une décennie, le taux de change doit refléter le différentiel d’inflation. Le graphique ci-dessous montre que c’est effectivement le cas et qu’il existe une force de rappel lorsque l’EURUSD s’éloigne de sa PPP.

A l’heure actuelle, le modèle nous dit 1,21.

Il y a néanmoins deux problèmes avec ce modèle.

  • D’une part, l’écart à la PPP peut être très important, un écart de 20% ou plus n’est pas rare.
  • D’autre part, le retour à la PPP est lent, très lent, de l’ordre d’une décennie.

Il faut donc améliorer.

Deuxième temps, le cycle. Les variations autour de la PPP sont essentiellement dues au cycle. Lorsqu’une économie va bien sa devise a tendance à s’apprécier au-dessus de la valeur « fondamentale » définie par la PPP. La meilleure façon de mesurer cette différence est de regarder le différentiel de taux d’intérêts. Lorsqu’on rajoute cette variable le modèle « comprend » beaucoup mieux ce qui se passe et donne une estimation de l’EURUSD bien plus fiable. La force récente de l’économie américaine et la divergence de politiques monétaires auraient dû pousser le dollar à la hausse, ce qui fut effectivement le cas.

En prenant en compte ces effets, le dollar devrait être à 1,09.

Troisième temps, les flux. A très court terme les flux des investisseurs comptent. La défiance contre la zone euro en 2016 a suscité des sorties d’investisseurs, et une faiblesse de l’EUR. L’optimisme fin 2017 a en revanche généré des flux importants qui ont poussé l’EUR à la hausse. En ajoutant ce dernier élément au modèle, on arrive encore mieux à décrire les évolutions des trois dernières années.

On obtient un cours pour l’EURUSD à 1,04 alors que le modèle était à 1,21 fin 2017. Il semble donc que l’appréciation récente du dollar soit en grande partie explicable par les forces habituelles qui conduisent ce marché.

Hervé Goulletquer , Stéphane Déo , 21 août

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