›  Opinion 

Pourquoi la FED va arrêter de réduire son bilan en 2019

Lors du FOMC d’hier soir, Jerome Powell a expliqué que « la normalisation de la taille dubilan arriverait plus tôt que prévu » et que la Fed allait désormais « évaluer le timing approprié pour la fin de la réduction du bilan. » Nous expliquons brièvement pourquoi ci-dessous.

Article aussi disponible en : English EN | français FR

L’objectif des QE était de faire grimper les réserves excédentaires :

  • L’un des objectifs/conséquences des trois opérations de QE (QE1, QE2 et QE3) a été de créer des réserves excédentaires pour les banques dans des proportions très importantes. Elles ont culminé vers 2800 Mds $ vers la fin du QE3.
  • Depuis octobre 2017, la Fed a enclenché la réduction de la taille de son bilan (en ne réinvestissant pas une partie des titres du Trésor et des MBS qu’elle détient et qui arrivent à maturité). Les non-réinvestissements conduisent à une baisse mécanique des réserves excédentaires1. La vitesse de la réduction du bilan a progressivement augmenté au fil des trimestres.
  • Aujourd’hui, les réserves excédentaires sont tombées à 1620 Mds $. Elles ont même baissé plus rapidement que la réduction de détention de titres de la Fed depuis octobre 2017. D’ici quelques semaines, les réserves excédentaires « créées » par le QE3 auront totalement disparu.

Les réserves excédentaires s’approchent de leur niveau souhaité de long terme

En première approximation, avec les règles actuelles, les détentions de titres de la Fed devraient baisser d’environ 450 Mds $ sur 2019 et les réserves excédentaires d’environ autant.

Comme l’a expliqué Jerome Powell, la Fed est déterminée à faire en sorte que subsiste un montant substantiel de réserves excédentaires mais elle n’a pas encore tranché à quel niveau elle souhaiterait les stabiliser.

Cela ressortait déjà très clairement dans les minutes du FOMC de décembre. Dans l’enquête que la Fed de NY mène auprès des primary dealers (qui comprend les principales banques) avant le FOMC, les primary dealers indiquaient en décembre 2018 qu’ils anticipaient des réserves excédentaires aux alentours de 1200 Mds $ en rythme de croisière, c’est-àdire quand le Quantitative Tightening serait terminé.

Un arrêt de la politique de hausse de taux ?

En ce qui concerne la politique de taux, la Fed a retiré de son communiqué la mention de futures hausses de taux, notamment à cause de la détérioration des perspectives économiques. De plus, Jerome Powell a refusé en conférence de presse de préciser si le prochain mouvement de taux serait une hausse ou une baisse : « It’s going to be entirely on the data. »

Etant donné qu’il est très probable que les réserves excédentaires passent sous les 1200 Mds $ avant la fin de l’année avec les règles actuelles et que la Fed est très à l’écoute des banques en ce qui concerne les demandes de réserves – cela a été explicitement rappelé par Jerome Powell – , il est désormais très probable que la Fed arrête son processus de réduction de bilan cette année. Combiné à la pause dans la politique de remontée de taux que la Fed vient d’annoncer, c’est un développement très positif pour les actifs risqués.

Bastien Drut , 7 février

Article aussi disponible en : English EN | français FR

Lire aussi

21 janvier

Opinion La difficile recomposition du Directoire de la BCE

Le 31 octobre 2019, le mandat de président de la BCE de Mario Draghi arrivera à son terme. Même si la personnalité de Mario Draghi a profondément pesé sur la façon de communiquer et donc d’agir de la BCE, il est important de souligner que c’est une petite équipe au sein du (...)

Juin 2018

Note Les déséquilibres TARGET2, de nouveau au centre de l’attention

Les développements politiques récents en Italie, en particulier la présence de membres eurosceptiques au gouvernement, ont à nouveau tourné les projecteurs sur les déséquilibres TARGET2. Dans cette note, nous nous proposons d’expliquer simplement le système TARGET2 et les enjeux (...)

Partager
Envoyer par courriel Email
Viadeo Viadeo

Focus

Opinion Conquérir les marchés haussiers : le faux duel entre investisseurs actifs et passifs

Investir aujourd’hui est souvent considéré comme étant une bataille entre des gérants de fonds traditionnels et des ETF avant-gardistes (exchange-traded funds, fonds négociés en Bourse). Cependant, ce raccourci entre la « gestion active » et la « gestion passive » n’aide pas les (...)

© Next Finance 2006 - 2019 - Tous droits réservés