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Où sont les volumes ?

Malgré des indices boursiers en hausse au cours de l’année 2012, l’exercice restera dans les mémoires comme une année particulièrement désagréable pour les opérateurs boursiers en termes d’échanges. On assiste ainsi à une chute de 22,5% des volumes de transactions pour les actions sur l’ensemble des places boursières, à l’exception de celles de l’Asie.

Les transactions sur les actions traitées sur Euronext affichent une baisse de 15%, soit le niveau de l’année 2010. Par ailleurs, ce phénomène est même amplifié au niveau des transactions réalisées par les ETF, en recul de 35%.

L’entrée en vigueur le 1er aout en France de la taxe sur les transactions financières a eu un impact négatif, même si celui-ci n’a été que marginal. Euronext estime que les valeurs françaises ont enregistré une baisse de volume de 15% supplémentaires par rapport aux valeurs qui n’étaient pas concernées.

Les produits dérivés ne sont pas en reste, puisque ceux-ci affichent une contraction de 20 % après une progression ininterrompue sur les 8 dernières années. Ceci s’explique en grande partie par la réduction généralisée de la volatilité de l’ensemble des places financières au fil des années. A titre d’exemple, la volatilité de l’indice Euro Stoxx 50 se traitait en fin d’année 2012 sur des niveaux de 15% après avoir culminé autour de 27% en 2012.

Cette désaffection à l’égard de l’ensemble des actifs est bien entendu à mettre sur le compte de la crise économique que traverse l’ensemble des pays, mais cette réduction des échanges sur les bourses traditionnelles cache également d’autres symptômes.

Suite à MIFI, au côté des marchés réglementés traditionnels, se sont développées d’autres places d’exécution : plateformes (MTF), internalisateurs systématiques, darkpool ayant eu pour effet de baisser le coût des transactions et d’augmenter la liquidité mais au prix d’une certaine fragmentation du marché. En moins de 4 ans ces outils ont réussi leur pari : battre en brèche le monopole dont jouissaient les opérateurs historiques sur leur marché national.

Au cours des dernières années ces plates-formes se sont multipliées en Europe, engendrant un éparpillement des transactions boursières dans un contexte de crise financière et d’effondrement des marchés.
Même si les chiffres ne peuvent être confirmés, on estime aujourd’hui que près de 60% des échanges sur les marchés européens transitent par ces nouvelles plates-formes.

Cette situation est d’autant plus préoccupante que le manque de diffusion de l’information et l’absence de transparence persistent, de nombreuses transactions, en particulier de gré à gré, s’échangeant dans la plus grande opacité, sans passer par une chambre de compensation.

Aujourd’hui, la mise en place d’un système de consolidation harmonisé des données post–marché, prévu notamment dans la nouvelle directive MIF II, s’impose afin de rendre moins opaque les échanges et permettre aux opérateurs d’avoir une meilleure visibilité sur les transactions boursières globales.

Marc Renaud , Mars 2013

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