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Gestion de Patrimoine

Offshoring & outsourcing des opérations : une opportunité pour les banques privées ?

L’offshoring et l’outsourcing des opérations font désormais partie intégrante du modèle opérationnel des banques privées. Si certains pays ont su tirer leur épingle du jeu en attirant les acteurs les plus importants du marché, l’intégration de nouvelles technologies pourrait bien bousculer le secteur et favoriser un modèle basé sur le nearshoring.

Depuis ces dix dernières années les banques privées font face à de nombreux défis : durcissement de la règlementation, évolution de la clientèle et de ses exigences et enfin une compétitivité accrue, tout particulièrement en Asie. Pour rester dans la course, les banques privées et les gestionnaires d’actifs doivent adapter leurs modèles opérationnels en réalisant des opérations de consolidation qui permettent de concentrer les expertises et le savoir-faire (par exemple Rothschild & Co avec Martin Maurel, UBS avec Leonardo, BHF avec Oddo & Cie) mais aussi en rationalisant les processus d’activité qui vont ensuite pouvoir générer des économies d’échelle. Des pays comme la Pologne, l’Inde ou encore la Hongrie sont ainsi devenus de véritables plateformes pour les banques privées dans le traitement de leurs opérations back et middle office. Réconciliations, comptabilité, support technologique, production des relevés de comptes, mise à jour des valorisations et création des valeurs font partie des domaines les plus ciblés.

Si deux modèles coexistent – offshoring et outsourcing, l’objectif poursuivi par les banques privées reste identique : se concentrer sur l’amélioration de la relation et du service aux clients en transférant la responsabilité de ces opérations soit à l’une de leurs filiales dans un autre pays, soit en faisait appel à une société externe spécialisée.

L’émergence de plateformes de services dédiées aux activités opérationnelles des banques privées

Ambitieuses, certaines banques privées n’ont pas hésité à développer leur propre plateforme de services pour ensuite les proposer à leurs concurrents. Ainsi, Crédit Agricole Suisse a été l’un des établissements pionniers dans le domaine de l’outsourcing au travers de sa filiale « Azqore » (anciennement « Crédit Agricole Private Banking Services ») qui propose toute une palette de services : réconciliations, e-banking, opérations cash et titres pour n’en mentionner que quelques-uns. Lombard Odier propose le même type d’offre pour des acteurs entre 5 et 25 milliards d’euros d’actifs sous gestion avec sa plateforme baptisée « G2 » visant à rassembler via un outil unique, les services de relations avec la clientèle ainsi que le traitement des opérations bancaires et comptables. Autre acteur majeur du secteur : l’éditeur « Avaloq » (anciennement « B-Source » jusqu’en 2011) qui compte près de 70 banques privées à son actif, dont Deutsche Bank, Edmond de Rothschild, Pictet et Vontobel.

L’offshoring : la solution retenue par les grands groupes bancaires

Même si les banques privées avec des actifs sous gestion supérieurs à 100 milliards d’euros peuvent « outsourcer » certaines de leurs activités, ces établissements sont principalement des filiales de grands groupes bancaires. Elles disposent donc d’une capacité de déploiement, de mobilisation et de mise en œuvre logistique, fiscale et financière qui leur permet d’envisager la création d’une filiale dédiée à l’étranger. UBS a ainsi choisi la Pologne, l’Inde et Nashville aux Etats-Unis pour son support technologique et la gestion de ses opérations titres. Crédit Suisse a fait un choix similaire en développant des « Centers of Excellence » dans ces mêmes pays tandis que Morgan Stanley a ouvert des bureaux à Budapest depuis 2006 pour ses activités de contrôle et de reporting. De nombreuses autres banques privées telles que HBSC, J.P. Morgan, Citi ou Deutsche Bank opèrent également depuis l’Inde qui reste aujourd’hui encore le pays le plus plébiscité pour son rapport « expertise/coûts ».

L’essor des nouvelles technologies : vers une remise en cause du modèle opérationnel des banques privées ?

De nouvelles avancées technologiques pourraient bien changer la donne dans les prochaines années. En effet, l’intégration progressive de l’intelligence artificielle ainsi que l’apparition des robots-conseillers (« robo-advisors ») provoqueront sans aucun doute une redistribution des cartes en automatisant, en partie, les activités de gestion. Le système de Blockchain permettra également à terme une désintermédiation des acteurs ainsi qu’une automatisation presque complète de la chaîne de valeur. En entraînant une réduction drastique des coûts et une rapidité d’exécution améliorée, les banques privées devront revoir leurs modèles opérationnels et l’offshoring pourrait alors bien perdre son avantage compétitif. Dans ce cadre, certains établissements pourraient donc faire le choix de se rapprocher à nouveau de leur clientèle. Le « nearshoring » pourrait ainsi se développer rapidement dans les prochaines années, le Portugal et l’Irlande se sont d’ailleurs déjà positionnés en tant qu’alternatives de choix en raison de leur proximité avec les centres financiers et de leur coût relativement faible en Europe.

Annabelle Rocat , Pierre-Louis Kieffer , 27 novembre

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