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Nouvelle année, nouvelles craintes

Alors que 2019 restera dans les annales pour avoir vu les actions enregistrer leurs meilleures performances depuis 2013, l’année 2020 avait plutôt bien commencé, avec des records pour les actions mondiales dès le 2 janvier, premier jour de cotation, suite à l’annonce par la Banque populaire de Chine d’une injection de liquidités de 115 milliards de dollars dans le système financier chinois.

Les valeurs chinoises cotées à Shanghai et à Shenzhen ont ainsi atteint leurs meilleurs niveaux sur plus d’un an. Même les titres cotés à Hong Kong se sont inscrits en forte hausse, malgré les troubles persistants liés aux manifestations antigouvernementales. Parmi les marchés émergents, nous restons positifs à l’égard des actions asiatiques (chinoises en particulier), qui semblent bien positionnées pour profiter de la poursuite des efforts de relance monétaire et budgétaire déployés en Chine.

Mais en un jour, la situation a basculé. Depuis sa résidence de Mar-a-Lago, Donald Trump est soudainement revenu aux affaires après les festivités du Nouvel An, ravivant les tensions entre Téhéran et Washington en ordonnant l’attaque qui a tué le général iranien Qasem Soleimani. Les attentes de représailles iraniennes ont entraîné, dès le lendemain, une hausse des cours du pétrole de plus de 4%, les investisseurs cherchant à se protéger contre une probable escalade du conflit et son possible impact sur la plus grande région pétrolière au monde. A l’annonce de l’attaque, les marchés actions mondiaux sont retombés des plus hauts atteints la veille, et les tensions géopolitiques semblent désormais appelées à occuper le devant de la scène sur les marchés en 2020, alors même que les derniers chiffres de l’indice ISM révèlent une contraction du secteur manufacturier aux Etats-Unis. Portés par un mouvement d’aversion pour le risque, l’or et les obligations d’Etat se sont inscrits en hausse. Nous restons positifs à l’égard des valeurs énergétiques qui, comme l’or, devraient profiter de leur statut d’actifs refuges.

En Espagne, le nouveau gouvernement de coalition des gauches a présenté la semaine dernière son programme « progressiste », qui prévoit notamment une augmentation de l’impôt sur les sociétés et le relèvement du salaire minimum. Non majoritaire, la coalition devra encore obtenir l’accord du Parlement à une majorité relative lors d’un deuxième vote qui interviendra demain. Elle demeure en outre une source d’incertitudes en elle-même, qui pourrait bien compromettre les perspectives de croissance de l’Espagne. Nous sommes négatifs à l’égard des obligations espagnoles et sous-pondérons plus globalement la dette souveraine européenne.

Cesar Perez Ruiz , 7 janvier

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