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Megatrends : plus qu’un concept, une réelle dynamique bénéficiaire

Selon Edmond Schaff, gérant de portefeuilles chez Sanso IS, la thématique des "Megatrends" ne se résume pas à un simple concept mais repose sur une dynamique bénéficiaire concrète, portée par des tendances de fond structurelles et susceptibles de créer de la valeur dans la durée.

Dans un contexte de marché agité et fragilisé par le spectre d’une guerre commerciale mondiale et ses effets néfastes sur la croissance économique, les nouvelles positives en provenance de la microéconomie peuvent parfois être reléguées au second plan. Pourtant, la saison des résultats de part et d’autre de l’Atlantique a apporté son lot de bonnes surprises. Notamment du côté des entreprises liées aux thématiques des Megatrends ayant trait au développement durable et dont la dynamique bénéficiaire ne se dément pas. Ces thématiques sont regroupées par Sanso IS autour de trois grands pivots : la transition énergétique, la gestion des ressources naturelles et le développement humain.

Au fil des publications trimestrielles, les analystes n’ont de cesse de revoir leur copie en relevant leurs prévisions bénéficiaires à 12 mois, parfois de manière significative.

À titre d’exemple, le consensus a, en à peine trois mois, rehaussé de 6 à plus de 10% ses anticipations de résultats pour les sociétés composant les indices S&P Global Timber & Forestry et FTSE Environmental Opportunities Waste and Pollution.

Les analystes ont en effet des difficultés à concilier leurs projections à court terme, trimestrielles ou annuelles, avec des tendances de fond susceptibles d’influencer la tendance des bénéfices sur longue période. Le consensus est donc souvent pris de court sur des projections à mesure que les acteurs de l’efficacité énergétique, des services à l’environnement, des « green technology » ou encore de la nutrition et de la santé surprennent par leur bonne santé financière.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Au cours des trois dernières années, les taux de croissance annuelle des chiffres d’affaires des groupes exposés aux thématiques environnementales ont oscillé entre 6 et 8 % contre 3,6% pour les représentants du MSCI World. D’autres segments liés aux « Megatrends » comme celui de la nutrition enregistrent même des taux de progression d’activité à deux chiffres. C’est, par exemple, le cas du secteur des aliments biologiques aux Etats-Unis dont le chiffre d’affaires a crû en moyenne de plus de 12% par an depuis 2005.

Cette dynamique de croissance alimente l’intérêt des investisseurs pour ce type de thématiques dans un contexte de regain d’incertitudes et de volatilité. Depuis le début de l’année, l’indice boursier S&P Global Timber & Forestry représentant le segment de la gestion des ressources naturelles liées au bois et aux forêts, a progressé de près de 4% lorsque le MSCI World s’est inscrit en territoire négatif sur la période.

Les acteurs de la filière de l’efficacité énergétique (FTSE Environmental Opportunities Energy Efficiency ) ont également mieux résisté que la moyenne à la vague de correction boursière de début février. En outre, des thématiques comme la nutrition ou la santé se caractérisent par une forte résilience, permettant ainsi de bien résister dans les phases de ralentissement économique.

Les « Megatrends » ne se résument donc pas à un simple concept mais sont soutenus par une dynamique bénéficiaire concrète, portée par des tendances de fond structurelles et susceptibles de créer de la valeur dans la durée.

Edmond Schaff , 7 mars

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