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Marchés : le rallye du premier trimestre offre encore de belles sources de performance

Après un premier trimestre 2019 marqué par un fort rebond de l’ensemble des classes d’actifs, les marchés financiers offrent encore de belles opportunités d’investissement. Il est toutefois recommandé aux investisseurs de ne pas courir après le marché...

Après un premier trimestre 2019 marqué par un fort rebond de l’ensemble des classes d’actifs, les marchés financiers offrent encore de belles opportunités d’investissement. Il est toutefois recommandé aux investisseurs de ne pas courir après le marché et de rechercher des positions de diversification pour se protéger contre un essoufflement des marchés ou les risques géopolitiques.

Le premier trimestre 2019 a été un des meilleurs premiers trimestres depuis une décennie toutes classes d’actifs confondus. Le S&P 500 a gagné 14 %. Les actions chinoises et le pétrole ont été les deux marchés ayant connu les plus fortes progressions, bondissant de respectivement 32 % et 30 %. Les marchés obligataires ont également affiché des performances positives. Les spreads de crédit que ce soit « investment grade » ou « high yield » se sont resserrés. Mais, plus surprenant, le rendement des emprunts d’Etat s’est aussi fortement détendu. Le taux du Bund 10 ans est ainsi repassé en territoire négatif. A noter tout de même que le plus gros de ces gains spectaculaires s’est produit au cours des deux premiers mois de l’année. La progression des actifs risqués a nettement ralenti en mars.

Changement de cap de la Fed

Ce rallye des marchés contraste avec la détérioration des perspectives conjoncturelles. Les signes d’un ralentissement synchronisé de l’activité mondiale, en particulier dans le secteur manufacturier, se sont multipliés. La courbe des taux US s’est inversée, le rendement du Treasuries 5 ans étant désormais inférieur au taux du Treasuries 2 ans. Historiquement, l’inversion de la courbe des taux a été un bon indicateur avancé d’une prochaine récession. En toute logique, les investisseurs anticipent désormais un changement de cap de la politique monétaire outre-Atlantique et prévoient une baisse du taux directeur de la Réserve fédérale américaine (Fed) dès la fin de cette année. La Fed a pris acte de ce ralentissement cyclique et a amorcé un virage à 180°, annonçant la suspension, voir la fin de son cycle de hausse des taux. La BCE lui a emboité le pas, renonçant à toute hausse de ses taux directeurs cette année et lançant un nouveau programme de refinancement à long terme bonifié des banques (TLTRO).

Dans un tel contexte, comment positionner les portefeuilles après ce rallye des marchés ? Faut-il se fier plutôt au message de la courbe des taux, anticipant une prochaine récession ou suivre les marchés actions et « high yield » qui envoient un message plus optimiste ? Reste-t-il un potentiel de hausse des actions et du crédit ?

Ni surchauffe, ni récession

Deux points de repère peuvent guider les investisseurs au cours des prochains mois. Premièrement, l’absence de pressions inflationnistes dans le sillage du ralentissement de la conjoncture mondiale et, deuxièmement, le revirement accommodant des banques centrales, conséquence de ce ralentissement. Cette configuration de marché rappelle le scénario « goldilocks » de 2017. A l’époque, les économistes s’étaient inspirés d’un conte du 19ème siècle, Boucle d’Or, dans lequel la fillette préfère sa soupe ni trop chaude ni trop froide, n’en déplaise aux trois ours qu’elle rencontre sur son chemin. Les économistes ont récupéré cette histoire pour décrire une situation dans laquelle l’économie se trouve dans une zone tempérée avec une croissance modérée sans tensions inflationnistes et des taux d’intérêt durablement faibles. Les marchés ne se situent ni en surchauffe, ni en récession, tout comme la soupe de Boucle d’Or.

Néanmoins, ce type de scénario ne peut se maintenir que pendant une durée limitée. Les facteurs d’incertitude qui pourraient, comme des grains de sable, gripper les marchés ne manquent pas. Un retour plus rapide que prévu de l’inflation contraindrait les banques centrales, à commencer par la Fed, à durcir leur politique monétaire. La croissance mondiale pourrait continuer à ralentir. Pour autant, nous estimons qu’actuellement, ce risque est faible. L’activité mondiale semble avoir atteint son point bas et devrait se stabiliser. Le risque d’une récession en 2019 est très réduit.

La menace la plus importante à court terme vient de l’essoufflement des marchés après leur forte hausse depuis le point bas de décembre dernier. Tactiquement, il est ainsi recommandé de ne pas courir derrière les marchés d’autant plus que les facteurs politiques (guerre commerciale sino-américaine, Brexit, …) peuvent à nouveau provoquer de courtes éruptions d’aversion au risque. Il convient ainsi de garder une marge de manœuvre dans son budget de risque pour guetter des trous d’air permettant de se repositionner à meilleur compte. Le deuxième pilier de notre stratégie d’investissement repose sur la recherche de positions de diversification visant à protéger, au moins partiellement, les portefeuilles contre les risques évoqués. L’achat d’obligations indexées sur l’inflation et de Treasuries US à 10 ans constituent ainsi de bons moyens de couverture.

Warin Buntrock , 11 avril

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