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Marchés financiers : des signaux « faibles » sur les prix qui plaisent

L’origine du stress des marchés financiers fin 2021, début 2022, est liée à l’accélération de la hausse des prix et au durcissement du discours des banques centrales et notamment de la Fed. Et plus les indices de prix se redressaient, plus les chiffres de l’emploi étaient bons, entretenant les craintes d’une spirale prix-salaires...

L’origine du stress des marchés financiers fin 2021, début 2022, est liée à l’accélération de la hausse des prix et au durcissement du discours des banques centrales et notamment de la Fed. Et plus les indices de prix se redressaient, plus les chiffres de l’emploi étaient bons, entretenant les craintes d’une spirale prix-salaires, plus le langage de Réserve Fédérale se raidissait. La thématique géopolitique, inflationniste sur les matières premières, venant se greffer à cette situation.

Après une envolée spectaculaire des taux, les marchés semblent avoir intégré en bonne partie les anticipations de relèvement de taux de la Fed. Le taux 2 ans américain, sensible aux décisions de politique monétaire et aux relèvements de taux de la Fed, est passé de 0.20% en septembre 2021 à près de…4.40% en septembre 2022 ! La corrélation entre la fourchette de taux cible de la Fed et le taux 2 ans américain est historiquement bonne. Or les niveaux touchés fin septembre par le taux 2 ans américain (4.40%) sont nettement supérieurs aux taux actuels de la Fed (fourchette actuelle à 3.00%-3.20%) ce qui signifie que les marchés obligataires sont clairement dans l’anticipation.

Ils ont en partie raison, car les projections des membres de la Fed pour le niveau des taux, publiées en septembre, avoisinent les 4.50%-4.60%. Mais ces projections ne sont pas une « garantie » et vont donc dépendre de l’évolution des données économiques comme le rappelle régulièrement le président de la Fed.

Et justement, les dernières données concernant la trajectoire des prix ne sont pas homogènes. Nous avons effectivement eu les dernières publications d’inflation CPI et PCE aux Etats-Unis qui faisaient apparaître un rebond plus important que prévue de l’inflation « core » (hors alimentation et énergie). Et les marchés actions ont réagi négativement à ces publications. Mais il s’agit déjà de données « passées » qui montrent les chiffres d’août alors que certains indicateurs avancés ne vont pas dans ce sens.

C’est notamment le cas des composantes « prix payés » des indices d’activité PMI ou ISM pour septembre, aussi bien pour l’activité manufacturière que dans les services, qui font apparaître un ralentissement. Et parfois même un ralentissement marqué comme c’est le cas avec l’ISM manufacturier publié hier : la composante « prix payés » est retombé à son plus bas niveau depuis juin 2020. Et les marchés y ont été sensibles : aussi bien les taux courts que les taux longs américains se sont détendu (mouvement également visible sur les taux en Europe), le dollar a accentué son repli, et les marchés actions ont sensiblement rebondi.

Cela ne signifie pas que les marchés actions vont tout de suite repartir de l’avant sans se retourner, car il faudra d’autres données de prix pour confirmer un ralentissement tendanciel. Mais cela montre toutefois que les marchés, donc les investisseurs, commencent à prêter attention à ces signaux « faibles » mais positifs sur les prix, qui semblent confirmer que le pic inflation est passé aux Etats-Unis.

Alexandre Baradez , 6 octobre

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