›  Opinion 

Les prévisions d’inflation impactent les bons du Trésor américain

Après s’être maintenus à 2%, ce qui a temporairement soutenu le marché, les rendements à 30 ans ont pris de la valeur pour s’établir à 2,07% il y a deux jours. Les bons à 10 ans eux, qui délivraient un rendement à 1,20%, ont rapidement augmenté pour atteindre 1,30%.

La tendance haussière des rendements des bons du Trésor américain observée au cours des derniers jours s’est poursuivie.

Après s’être maintenus à 2%, ce qui a temporairement soutenu le marché, les rendements à 30 ans ont pris de la valeur pour s’établir à 2,07% il y a deux jours. Les bons à 10 ans eux, qui délivraient un rendement à 1,20%, ont rapidement augmenté pour atteindre 1,30%. En revanche, les rendements à court terme sont restés stables, dans la mesure où les orientations de la Fed, qui ne prévoit aucune hausse de taux avant 2023, tendent à rassurer les investisseurs.

Les prévisions d’inflation aux Etats-Unis ont également fortement augmenté. Le breakeven à 5 ans, qui s’établissait à 1,96% en fin d’année, a atteint 2,40% il y a deux jours. Ce niveau est d’autant plus significatif que les prévisions d’inflation n’ont pas été aussi élevées depuis 2011 et ne sont pas restées longtemps supérieures à 2,50% au cours des 20 dernières années.

Ces évolutions ne sont pas surprenantes. Cependant l’impact de l’inflation est supérieur aux prévisions.

Nous savons qu’à partir du mois prochain, nous observerons de fait une légère poussée inflationniste. Dans la mesure où approximativement 9 millions d’emplois vont être créés, nous n’accorderons que peu d’importance aux chiffres qui seront publiés dans les prochains mois. Cependant, ces données inciteront les investisseurs à prendre en compte les prévisions d’inflation à un peu plus long terme qui pourraient s’avérer plus pertinentes.

Selon nous, la probabilité que l’inflation évolue de manière à encourager la Fed à intervenir s’est accrue et il convient d’en tenir compte dans le cadre d’un positionnement obligataire.

Il convient de prendre en compte ces 6 éléments :

  • La croissance économique devrait être très soutenue au 2ème semestre
  • Les mesures de relance budgétaire de 1.900 milliards USD continueront d’être déployées durant cette période
  • Les politiques monétaires ultra-accommodantes et les programmes d’assouplissement quantitatif resteront en place
  • Les banques ont prêté tout au long de la pandémie, et devraient maintenir cette position
  • Les consommateurs sont prêts à dépenser (bien que le contexte actuel rend cette demande hypothétique ; attendons d’en avoir de véritables preuves)
  • Les prévisions d’inflation pourraient entraîner une hausse des prix

La Fed s’en inquiète-t-elle ? Nous ne le pensons pas en l’état actuel des choses. En réalité, il est probable qu’elle s’en réjouisse dans une certaine mesure puisque la hausse des prévisions d’inflation permettra de soutenir ses objectifs.

Compte tenu du nombre d’emplois à recréer, elle ne compte pas se pencher de sitôt sur sa politique monétaire, mais il faudra surveiller attentivement la courbe de création d’emplois.

Les points de vigilance de la Fed se situent davantage sur le rythme auquel les marchés des taux évoluent. La hausse des rendements des bons du Trésor n’est pas une mauvaise chose en soi. Du point de vue d’un investisseur obligataire, c’est même un signe très positif, et cela nous aidera à adopter un positionnement plus équilibré à l’avenir. Cependant, si les rendements souverains continuent d’augmenter, cela pourrait entraîner un resserrement des conditions financières et une chute des cours obligataires, qui pourrait se répercuter sur d’autres classes d’actifs.

Mark Holman , 22 février

Partager
Envoyer par courriel Email
Viadeo Viadeo

Focus

Opinion Conquérir les marchés haussiers : le faux duel entre investisseurs actifs et passifs

Investir aujourd’hui est souvent considéré comme étant une bataille entre des gérants de fonds traditionnels et des ETF avant-gardistes (exchange-traded funds, fonds négociés en Bourse). Cependant, ce raccourci entre la « gestion active » et la « gestion passive » n’aide pas les (...)

© Next Finance 2006 - 2021 - Tous droits réservés