›  Note 

Les investisseurs institutionnels placent leurs portefeuilles sur la défensive en prévision d’une hausse des risques

Huit investisseurs institutionnels sur dix affirment que les marchés ont sous-estimé l’impact à long terme de la pandémie ; moins de 20 % d’entre eux ne s’attendent pas à une reprise économique complète avant 2022

Les institutionnels adoptent une position défensive à l’approche de 2021, avec des allocations qui favorisent la diversification des actions, la valeur plutôt que la croissance, et un recours accru au capital-investissement et à la dette privée

Volatilité, tension politique, troubles sociaux en augmentation ; les taux négatifs, la hausse des impôts et les autres retombées de la réponse fiscale et monétaire à la crise du Covid-19 sont considérés comme des risques plus importants à long terme

Les investisseurs institutionnels mondiaux envisagent 2021 de manière prudente, dans un contexte de crainte que les marchés aient sous-estimé l’impact à long terme de la pandémie de Covid-19, selon une enquête publiée par Natixis Investment Managers.

L’enquête menée auprès de plus de 500 investisseurs institutionnels dans le monde, qui gèrent collectivement plus de 13 500 milliards de dollars d’actifs pour les pensions, les assurances, les fonds souverains, les fondations et les fonds de dotation, a révélé des perspectives de reprise mitigées. Les quatre cinquièmes des personnes interrogées ne s’attendent pas à ce que la croissance du PIB retrouve son rythme d’avant la crise avant au moins 2022, dont 35 % pensent qu’elle pourrait se produire en 2023 ou plus tard.

Près de huit répondants sur dix estiment par ailleurs que le rythme de croissance actuel des marchés boursiers n’est pas viable. En conséquence, plus de la moitié (53 %) des investisseurs institutionnels mondiaux s’attendent à ce que les portefeuilles défensifs enregistrent de meilleurs résultats en 2021.

Toutefois, malgré ces perspectives prudentes, la majorité des investisseurs institutionnels sont confiants quant à la réalisation de leurs hypothèses de rendement : 64 % d’entre eux ayant l’intention de maintenir, voire d’augmenter leurs hypothèses de rendement, avec une hypothèse moyenne de rendement à long terme de 6,4 %, soit une baisse de 50 points de base par rapport à 2019.

En 2021, la répartition des grandes catégories d’actifs restera relativement inchangée dans les portefeuilles institutionnels, les investisseurs s’attendant à une répartition globale de :

  • 36 % pour les actions ;
  • 40 % pour les obligations ;
  • 17 % pour les produits alternatifs ;
  • 6 % pour les liquidités.

Toutefois, les investisseurs institutionnels procèdent à des ajustements tactiques au sein des classes d’actifs, avec des changements notables dans les allocations en 2021, y compris des projets visant à :

  • Diminuer les allocations aux actions américaines pour près d’un tiers d’entre eux (32 %) et d’augmenter l’exposition aux actions européennes (31%), Asie-Pacifique (32 %) et des marchés émergents (31 %).
  • Diminuer l’exposition aux obligations d’État (19 % le prévoient) et d’augmenter les allocations à la dette d’entreprise investment grade (28 %) et aux obligations vertes (23 %).
  • Élargir les stratégies alternatives, avec près de la moitié (47 %) qui s’attendent à augmenter les allocations à la dette privée, tandis que quatre sur dix s’attendent à augmenter l’exposition aux infrastructures et 38 % au private equity.

« Les investisseurs institutionnels positionnent leurs portefeuilles afin de naviguer à travers la volatilité à court terme et anticiper des opportunités d’investissements durables. Plus de la moitié (53,8 %) d’entre eux s’attend à une surperformance des fonds ESG », a déclaré Estelle Castres, co-directeur de la distribution, France, Belux, Genève, Monaco et Israël chez Natixis Investment Managers. « Nous sommes convaincus qu’une gestion active et de conviction est la meilleure solution pour eux afin de tirer parti des mouvements de marchés et créer de la performance sur le long terme, tout en optimisant la gestion du risque. »

Positionnement défensif des portefeuilles

Au cours de l’année à venir, les investisseurs institutionnels s’attendent à ce que :

  • La valeur surpasse la croissance (58 %) et que les grandes capitalisations surpassent les petites capitalisations (53 %) ;
  • Un peu plus de la moitié (52 %) pense que les marchés émergents surpasseront les marchés développés ;
  • La grande majorité (86 %) des investisseurs institutionnels conviennent de la nécessité d’être plus sélectifs dans la recherche d’opportunités sur les marchés émergents ;
  • 66% des investisseurs institutionnels s’attendent à ce que la croissance des entreprises technologiques se poursuive sans relâche ;
  • L’énergie, l’immobilier, les produits de consommation discrétionnaire et les services financiers devraient être moins performants.

Next Finance , Décembre 2020

Voir en ligne : 2021 GLOBAL INSTITUTIONAL INVESTOR OUTLOOK

Partager
Envoyer par courriel Email
Viadeo Viadeo

Focus

Note ETF et risques associés : l’AMF apporte un éclairage sur le marché français des fonds indiciels cotés

Selon l’étude de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF), les mécanismes de coupe-circuits en vigueur sur Euronext Paris permettent de contenir le risque d’écartement important entre le prix négocié de l’ETF et la valeur liquidative instantanée du panier (...)

© Next Finance 2006 - 2021 - Tous droits réservés