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Les introductions en bourse transfrontalières vont rester importantes

Entre 2002 et 2011, les IPO transfrontalières ont représenté 9 % (1 172) du nombre total d’opérations et 13 % (220 milliards de dollars) du montant total levé dans le monde. Ces dix ans ont été marqués par une augmentation du nombre d’entreprises asiatiques réalisant des IPO transfrontalières. Les entreprises chinoises sont arrivées en tête avec 30 % (347) des IPO transfrontalières et 29 milliards de dollars levés.

Si Londres et New York sont les places les plus attractives pour les émetteurs étrangers (elles accueillent respectivement 480 émetteurs pour 110 milliards de dollars et 264 émetteurs pour 56 milliards de dollars), le rapport note une montée en puissance de nouvelles places comme Hong Kong et Singapour. Selon PwC, avec une réglementation solide, une profondeur accrue et la sophistication progressive des infrastructures, les marchés émergents deviendront les véritables moteurs de la croissance économique mondiale.
Le nouveau rapport de PwC et Baker & McKenzie « Equity sans frontières – trends in cross-border IPOs » [1], a analysé les introductions en bourse (IPO) transfrontalières réalisées au cours des dix dernières années et interrogé plus de 200 banquiers d’investissement, émetteurs et représentants de bourses dans le monde.

Les introductions en bourse transfrontalières restent fortes et montrent des spécificités par région

Philippe Kubisa, associé responsable des marchés de capitaux chez PwC, analyse : « Du point de vue des opérations de levée de fonds, le marché des IPO n’a pas encore retrouvé ses niveaux d’avant la crise. On observe toutefois une amélioration des indicateurs d’IPO traditionnels comme les indices de volatilité de marché et les indices boursiers. »

Edward Bibko, associé responsable des marchés financiers EMEA, Baker & McKenzie, commente : « Le développement des opérations internationales est fascinant car il reflète les grandes tendances économiques, sociales, politiques et technologiques de notre temps – nouvelles puissances économiques, efforts des places boursières traditionnelles pour maintenir leur domination et nouvelles réalités économiques après la crise de la dette. Cette évolution reflète aussi l’ampleur de la mondialisation car les investisseurs, forts de quantité croissante de données en temps réel, transfèrent leurs capitaux dans le monde entier. »

Londres et New York restent les places les plus attractives

Si Paris se positionne dans le top 10, Londres est la principale destination des IPO transfrontalières (480 émetteurs transfrontaliers originaires de marchés du monde entier s’y sont introduits pour 110 milliards de dollars levés). Ces chiffres représentent 34 % en volume et 15 % en valeur des IPO sur le London Stock Exchange et 38 % en volume et 50 % en valeur des opérations transfrontalières réalisées dans le monde.
New York est la deuxième place de cotation des émetteurs étrangers, avec 264 IPO pour 56 milliards de dollars levés. Plus de la moitié (51 %, 134 émetteurs) des sociétés étrangères qui se sont introduites aux États-Unis étaient originaires de Chine, pour un montant total de 20 milliards USD levés. Plusieurs de ces opérations étaient des backdoor listings (acquisition d’une société cotée par une société non cotée).

Les émergents prennent une importance croissante sur le marché des IPO

Ce sont les entreprises d’Asie-Pacifique qui réalisent le plus d’IPO internationales, la Chine arrivant en tête avec 347 IPO transfrontalières dont 39 % aux États-Unis. Singapour est un important centre régional pour les IPO transfrontalières, la majorité des émetteurs étant originaires de Chine continentale (71 % des IPO accueillies par Singapour, 130 émetteurs levant 5 milliards de dollars) ou de Hong Kong (14 %, 26 émetteurs, 6 milliards de dollars levés).

Philippe Kubisa, associé responsable des marchés financiers, PwC, déclare : « Certains constats nous ont surpris. La plupart des intervenants du marché connaissent le phénomène de l’introduction de sociétés chinoises aux États-Unis, mais beaucoup ne réalisent pas la forte activité des autres marchés comme Singapour et Francfort. Une autre surprise a été le nombre de sociétés américaines cotées à l’étranger, principalement à Londres sur l’AIM. »

La semaine dernière, les membres de l’Organisation internationale des commissions de valeurs (OICV) se sont réunis pour discuter de l’importance croissante des marchés de valeurs mobilières émergents dans le système financier mondial. Ils ont reconnu que la montée en puissance de ces économies rend vitale l’évolution d’une réglementation adaptée en matière de valeurs mobilières pour les marchés développés de demain.

Philippe Kubisa ajoute : « Avec une réglementation solide, une profondeur accrue et la sophistication progressive des infrastructures, ces marchés deviendront les véritables moteurs de la croissance économique mondiale. »

L’étude de PwC prévoit ainsi que l’activité des IPO va continuer à se transformer : de nouveaux acteurs vont se développer, et de nouvelles bourses vont peu à peu s’imposer, à des rythmes différents selon les pays. La compétition entre les différentes bourses mondiales devrait ainsi s’accentuer.

Philippe Kubisa conclut : « De manière générale, les places boursières des marchés en développement n’avaient pas l’envergure nécessaire pour répondre aux besoins en capitaux de leur économie en croissance, mais cela commence à changer. Grâce à la sophistication croissante de l’infrastructure des marchés financiers émergents, les émetteurs auront davantage d’opportunités de lever des capitaux au niveau local ou régional, au-delà des places boursières traditionnelles. »

Next Finance , Novembre 2012

Notes

[1]
1. « Equity sans frontières », réalisée par PwC et Baker & McKenzie a analysé les introductions en bourse (IPO) transfrontalières réalisées au cours des dix dernières années et interrogé plus de 200 banquiers d’investissement, émetteurs et représentants de bourses dans le monde. Les entretiens qualitatifs ont été conduits par PwC, Baker & McKenzie et le cabinet de conseil Meridian West.
2. Les tendances en matière d’IPO transfrontalières dégagées dans ce rapport se fondent sur des données de Dealogic et Bloomberg, analysées par PwC. Aux fins de ces recherches, une IPO transfrontalière est définie comme une IPO dans le cadre de laquelle plus de 50 % des fonds sont levés sur une bourse étrangère. Les cotations doubles sur une place secondaire ne sont pas prises en compte. Les introductions à la bourse de Hong Kong de sociétés originaires de Chine continentale sont considérées comme des opérations nationales. En l’absence d’informations sur la ventilation du montant de l’opération, les IPO intervenues sur des bourses voisines (par exemple Australie et Nouvelle-Zélande, Canada et États-Unis ou Belgique et Pays-Bas) ont été classées comme des opérations internes. Toutes les cotations doubles ont été affectées à la bourse principale, c’est-à-dire le pays où au moins 50 % des fonds ont été levés. Cette méthode revêt une importance particulière pour le décompte des IPO brésiliennes ou russes. Les secteurs sont classés conformément à la nomenclature de l’ICB.

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