›  Note 

Les euro-obligations, un espoir pour la zone euro ?

Peut-être, mais un sondage réalisé auprès des professionnels de l’investissement par le CFA Institute montre que l’aléa moral qui serait associé à ces euro-obligations reste une préoccupation majeure pour les investisseurs...

Suite à la consultation de la Commission Européenne sur l’émission de « Stability Bonds » (plus communément connues sous le nom d’euro-obligations) comme pouvant contribuer à solutionner la crise de la dette souveraine, le CFA Institute a mené un sondage auprès ses membres européens, Suisse incluse. Les professionnels de l’investissement estiment que l’émission commune d’euro-obligations pourrait atténuer la crise de la zone euro, à condition que cette émission soit associée à un ensemble de réformes structurelles, à une intégration fiscale et à un solide cadre de gouvernance commun.

Les euro-obligations, considérées comme un outil potentiel pour atténuer le manque de liquidité que connaissent certains pays de la zone euro et pour renforcer la stabilité financière de la zone, soulèvent un certain nombre de questions intéressantes pour les investisseurs et pour les marchés de capitaux. Les résultats de ce sondage, auquel 798 membres du CFA Institute ont répondu, ont été transmis à la Commission Européenne, lui faisant ainsi part des préoccupations des investisseurs professionnels.

Les membres du CFA Institute – des acteurs du marché et des investisseurs – ont pu donner leur avis sur les différentes caractéristiques envisagées pour ces euro-obligations et sur les conditions préalables à leur émission. Le sondage révèle ceci :
- La majorité des sondés estime qu’une émission commune d’euro-obligations parmi les pays membres de la zone euro permettrait de réduire l’ampleur de la crise de la dette souveraine (55 %), de renforcer la stabilité financière de la zone Euro (52 %) et de faciliter la transmission de la politique monétaire de la zone Euro (56 %) ;
- Concernant la structure de ces euro-obligations, 64 % des membres du CFA Institute estiment qu’une garantie conjointe et solidaire des Etats participants serait la plus efficace ;
- 64 % des membres sont, en outre, favorables à ce que l’émission d’euro-obligations ne se substitue qu’en partie aux émissions nationales : une partie des besoins en financement des Etats serait donc couverte par ces euro-obligations, le reste étant assuré par des obligations souveraines nationales.

L’aléa moral, qui implique que certains pays membres pourraient manquer de discipline budgétaire avec des implications limitées en matière de coût de financement, préoccupe énormément les membres du CFA Institute.

Par conséquent, les éléments suivants apparaissent comme des conditions préalables essentielles à l’émission d’euro-obligations :
- Une intégration économique, financière et politique renforcée des Etats membres (considérée comme essentielle par 86 % des membres du CFA Institute) ;
- Une surveillance accrue et intrusive de l’élaboration et la mise en place des politiques fiscales nationales (essentielle pour 88 % des membres) ;
- Un accès limité aux euro-obligations pour les Etats membres qui ne respecteraient pas le cadre de gouvernance de la zone euro (90 % y sont favorables).

Commentant ce sondage, Agnès Le Thiec, CFA, Directeur des politiques de marchés des capitaux du CFA Institute à Bruxelles, a déclaré : « Une majorité de nos membres considère que l’émission commune d’euro-obligations pourrait contribuer à résoudre la crise que traverse actuellement la zone Euro. Toutefois, ils considèrent qu’aucun nouvel outil financier ne solutionnera les problèmes structurels de déséquilibres en matière d’échanges et de compétitivité, ni la question des dettes publiques. Les euro-obligations comportent en outre un risque élevé d’aléa moral et devraient ainsi être associées à d’importantes réformes structurelles et une intégration fiscale renforcée, ainsi qu’à une gouvernance commune forte ».

Nitin Mehta, CFA, Directeur général de la région Europe, Moyen-Orient et Afrique, estime quant à lui que : « Le Livre Vert de la Commission Européenne sur les euro-obligations a lancé un débat intéressant et essentiel sur la manière dont la mise en commun des dettes souveraines européennes pourrait permettre de calmer les marchés financiers. Il est clair que le succès de cette proposition dépendra énormément de l’attitude des investisseurs. Notre enquête cherchait à tester les opinions de ces derniers, et ainsi mieux informer les décisionnaires européens. Sur certaines interrogations, les réponses que nous avons reçues reflètent des opinions fortes qui devraient profondément intéresser la Commission Européenne, tout comme les acteurs du marché et les autres parties concernées ».

Méthodologie et taux de réponses

L’ensemble des membres du CFA Institute au sein de l’Union européenne et de la Suisse ont été invités à participer à une enquête en ligne. Cette enquête a été envoyée, le 20 décembre 2011, à 15 297 membres, suivie d’un rappel, envoyé le 28 décembre 2011 à ceux qui n’avaient pas répondu. Lors de sa clôture, le 4 janvier à 12h00 (Heure de l’Est), 798 membres avaient répondu aux questions, soit un taux de réponse global de 5 % et une marge d’erreur d’environ 1,6 2%.

Profil des participants

Les principales professions des participants étaient les suivantes : gestionnaire de portefeuilles (26 %), analyste financier (21 %), consultant (7 %), gestionnaire de risques (6 %), directeur général (6 %), responsable des relations d’affaires / ventes et marketing (5%), conseiller financier (4 %). 82 % des personnes ayant répondu à l’enquête avait 6 ans d’expérience ou plus dans l’industrie financière. La majorité des réponses provenait du Royaume-Uni (23 %), d’Allemagne (18 %), de Suisse (13 %), d’Italie (5 %), de France (4 %) et des Pays-Bas (4 %).

Next Finance , Mai 2012

tags
Partager
Envoyer par courriel Email
Viadeo Viadeo

Focus

Note ETF et risques associés : l’AMF apporte un éclairage sur le marché français des fonds indiciels cotés

Selon l’étude de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF), les mécanismes de coupe-circuits en vigueur sur Euronext Paris permettent de contenir le risque d’écartement important entre le prix négocié de l’ETF et la valeur liquidative instantanée du panier (...)

© Next Finance 2006 - 2019 - Tous droits réservés