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Les Etats-Unis et le Royaume Uni continuent de gagner du temps

La conférence de presse de l’administration américaine était encore une fois centrée sur les mesures de soutien et les actions qui pourraient être mises en place, sans en donner forcément les détails. Par ailleurs le président américain et son équipe sont restés assez flou sur le nombre de tests qui ont été effectués ou l’étendue de l’épidémie au sein de la première puissance mondiale.

En effet l’administration américaine a annoncé qu’elle autorisait le décalage dans le paiement des taxes jusqu’à 10M$ par société et 1M$ par individu, totalisant environ 300Mds$ de taxes à travers le pays. Ils ont ajouté qu’ils réfléchissaient à envoyer des fonds directement aux ménages dans les semaines à venir et que d’autres détails viendraient.

Mnuchin a également précisé que le gouvernement soutiendrait les compagnies aériennes car l’impact sera supérieur à celui constaté suite aux attaques terroristes en 2001, sans en préciser les détails. Donald Trump pense également à un soutien à Boeing, déjà touché par le scandale du 737MAX. (Ce dernier point pourrait en revanche remettre en cause les droits de douane imposés à l’Union européenne, suite à la décision de l’OMC sur les subventions jugées illégales reçus par Airbus).

Concernant l’épidémie, les Etats-Unis ont annoncé augmenter les effectifs des standards téléphoniques médicaux afin répondre aux inquiétudes des Américains ou encore qu’ils étaient prêts à construire des hôpitaux temporaires mais l’administration ne s’est pas étendue sur le sujet et semblait plutôt inquiète de laisser les marchés financiers ouverts plutôt que de fournir des kits de tests aux américains.

Le secrétaire au trésor anticipe un taux de chômage aux Etats-Unis supérieur à 20% sans intervention de l’Etat. En revanche l’intervention doit se focaliser sur le fait de contenir le virus d’abord avant d’annoncer des mesures de soutien monétaire ou fiscal. Sans vision sur la fin de l’épidémie, les marchés ne pourront reprendre espoir et utiliser les annonces de nouvelles mesures de soutien comme vecteur de rebond durable.

Au Royaume-Uni, le gouvernement tarde également a annoncé un lock down et cela pourrait empirer la situation. Bien que celui-ci ait annoncé des mesures de soutien à grande échelle comme les Etats-Unis et une restriction dans les déplacements et les activités de la population, (notamment suite à une étude qui évaluait à 510 000 le nombre de décès au sein du pays si l’épidémie n’était pas contenue rapidement), le gouvernement ne semble pas encore prêt à confiner totalement le pays.

Les marchés ont bien réagi aux annonces de l’administration américaine mais cela ne pas suffira pas selon nous et les indices devraient poursuivre leur tendance baissière dans les jours à venir. Nous anticipons une lente mise en place du confinement de la population de la part des Etats-Unis et de la mise à disposition de tests de masse et cela ne fera qu’empirer la situation concernant l’épidémie et bien sur l’impact économique. Une étude scientifique évaluait à 2,2 millions le nombre de décès en l’absence de mesures efficaces pour ralentir la propagation au sein de la première économie mondiale.

Les investisseurs commencent à pouvoir analyser l’effet sur l’économie américaine avec par exemple les premières perspectives pour le PIB américain au T2 des grandes banques américaines, allant de -3% selon JPMorgan à -11,7% pour Berengerg.

Les banques centrales sont maintenant avec des taux au plus bas, des annonces de soutien budgétaires et fiscaux ont été annoncé dans la plupart des pays du monde mais en l’absence de mesures efficace pour contrer le virus, ces dites mesures ne servirons à rien.

Pour les marchés financiers, il faut un recul de la progression de l’épidémie pour ensuite pouvoir profiter de toutes ces mesures de soutien décidées et permettre un rebond important, une fois l’épidémie contenue. En effet toutes les liquidités du monde ne serviront à rien si l’activité ne peut pas reprendre au plus vite.

Par ailleurs dès la semaine prochaine nous découvrirons les premières statistiques pour le mois de mars en Europe et aux Etats-Unis au travers des PMI et cela pourrait permettra une première étude de l’impact de l’épidémie sur l’activité mondiale.

Vincent Boy , 19 mars

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