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Le secret de la richesse est le même que le secret de la comédie : le timing !

Les investisseurs accorderaient-ils autant d’importance à la thématique italienne si le roi du tweet avait encore frappé les esprits ces derniers jours ? Rien n’est moins sûr… Passées les craintes inflationnistes ou de guerre commerciale, les investisseurs choisissent donc désormais en apparence de réagir à un blocage politique qui se dessine pourtant depuis belle (très belle…) lurette.

Dans notre édito du 5 avril (disponible ici), nous nous étonnions déjà de la complaisance des marchés à l’égard de l’alliance potentielle des populistes des deux bords qui se dessinait alors, mais surtout du risque de blocage politique durable si aucun accord n’arrivait. Pour synthétiser les évènements les plus récents, les investisseurs apprennent de part et d’autre de l’Atlantique (mais surtout « d’autre » …) à connaître le Président Matarella. Probablement - et à juste titre - échaudé par la perspective de voir l’eurosceptique parmi les eurosceptiques Savona s’assoir à la table des prochains sommets des ministres des finances européens, Matarella a refusé d’entériner sa nomination… Patatras ! Monsieur Conte a alors décliné le poste de Premier Ministre… fragilisant l’équilibre déjà bien précaire précédemment obtenu entre extrême droite et extrême gauche, et jetant par la même occasion la capricieuse scène politique italienne dans le bain de l’incertitude. Encore.

Quand la fête tombe à l’eau…

Le renvoi dans ses 22 de l’eurosceptique a dans un premier temps engendré une humeur plutôt festive dans les salles de marché ouvertes ce lundi… Un climat qui n’a pourtant pas résisté bien longtemps à l’épreuve des faits : le ridicule de la situation ne fait que renforcer la probabilité de voir les extrêmes tirer parti de la situation. En d’autres termes, la tenue (quasi-certaine désormais) de nouvelles élections ne permettra pas d’éviter la prise de pouvoir des eurosceptiques au pays de la botte. Ceux-ci verront au contraire monter leur score un peu plus encore.

Ajoutez à ce contexte le timing parfait de l’Espagne pour réclamer un vote de confiance à l’égard du si populaire Rajoy, et vous obtiendrez le contexte idoine pour la phase de « risk off » de ce début de semaine.

Après s’être arraché les cheveux à comprendre les tenants et les aboutissants de la scène politique grecque ou chypriote dans un passé plus ou moins récent, les investisseurs américains doivent désormais se livrer au même exercice avec les italiens. A ce rythme, ils finiront plus eurosceptiques que Varoufakis, Tsipras et Beppe Grillo réunis !

Quel impact dans nos allocations ?

Nul ne connait les performances patrimoniales de l’acteur Russel Crowe cité en préambule. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette déclaration correspond en tout cas parfaitement au contexte de marché actuel mais surtout à l’attitude que l’investisseur avisé se doit d’adopter ! « Timing is the key ». Qui se souvient des analyses prévoyant tout et son contraire lors des différents actes de la tragédie grecque ou du mélodrame chypriote se méfiera des prévisions affichées comme certaines du scénario politique à venir… mais surtout des décisions opérationnelles uniquement justifiées par cette grille de lecture. En Europe comme ailleurs, les évènements politiques sont rarement les meilleurs alliés des investisseurs.

En revanche, le rôle de l’allocataire est selon nous de conserver la marge de manœuvre pour profiter à long terme de cette situation : certains marchés actions ou obligataires emportés avec l’eau du bain peuvent ainsi revenir sur des niveaux attractifs.

Le contexte était selon nous déjà réuni il y a deux semaines pour procéder à une réduction du risque dans nos différentes allocations. Une poursuite du mouvement actuel serait source d’opportunités. Si tel ne devait pas être le cas, il y en aura d’autres : nous continuons de penser que le nouveau paradigme de marché, à savoir des pics de volatilité plus fréquents, perdurera.

Guillaume Brusson , 31 mai

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