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Le potentiel inexploité de l’Europe en matière de paiements

Dans ce premier commentaire d’une nouvelle série régulière sur les tendances, les thèmes et les opportunités clés du secteur des technologies financières, Guy de Blonay, gérant du fonds Jupiter Financial Innovation, explique que la domination des banques dans l’espace européen des paiements est sur le point de prendre fin...

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Dans ce premier commentaire d’une nouvelle série régulière sur les tendances, les thèmes et les opportunités clés du secteur des technologies financières, Guy de Blonay, gérant du fonds Jupiter Financial Innovation, explique que la domination des banques dans l’espace européen des paiements est sur le point de prendre fin, alors que des vendeurs innovants du e-commerce et certains opérateurs de paiement traditionnels en magasin commencent à faire sentir leur présence.

  • Les titres des sociétés européennes de paiement ont connu une bonne année en 2019, la plupart des acteurs du secteur ayant vu le cours de leurs actions augmenter de manière décisive. L’année 2020 ne devrait pas être différente, puisque les deux moteurs structurels qui sous-tendent la croissance du secteur sont toujours bien en place :
    • La transition globale du paiement en espèces vers les paiements électroniques (notamment les cartes) est loin d’être achevée.
    • Le marché mondial du e-commerce, actuellement de 2 500 milliards d’euros devrait croître de 10 % par an à moyen terme.
  • Actuellement, le système de paiement en magasin en Europe reste local, fragmenté et dominé par les banques. Des fournisseurs de paiement se sont forgé une position dominante dans le e-commerce européen, mais les estimations du secteur suggèrent que les banques contrôlent toujours près de 50 % de l’ensemble des flux de paiement sur le continent. Toutefois, nous voyons trois raisons pour lesquelles le statu quo actuel des paiements européens a peu de chances de durer :
    • Tout d’abord, l’innovation dans le secteur du paiement, stimulée par l’e-commerce, et l’arrivée de nouveaux acteurs comme Paypal. L’innovation s’étend désormais au magasin physique. Les commerçants recherchent des solutions pour gérer leur activité plus efficacement et améliorer l’expérience du client.
    • La réglementation est un autre facteur de changement. La deuxième directive européenne sur les services de paiement (DSP2) devrait entrer en vigueur dans les 12 à 18 prochains mois. Cette directive crée de nouvelles exigences en matière de sécurité. Les banques devront désormais permettre à des tiers d’accéder aux informations financières des titulaires de compte et d’effectuer des transferts de paiement en leur nom
    • Enfin, on a pu observer l’année dernière de nombreuses opérations de fusions-acquisitions dans le secteur du paiement, aux Etats-Unis. Cette tendance devrait s’étendre à l’Europe. Les banques pourraient avoir du mal à rattraper leur retard en matière d’innovation. Plusieurs options s’offriraient alors à elles : la vente de leurs actifs de paiement ou encore des partenariats avec des tiers afin d’apporter plus d’innovation à leurs clients. Si ces possibilités ne se concrétisent pas, nous pourrions voir des mouvements de consolidation parmi les quelques prestataires de paiement européens indépendants.
  • Dans ce secteur en pleine mutation, les potentiels gagnants se répartissent en deux catégories : les prestataires du e-commerce qui sont les mieux placés pour exploiter les nombreuses innovations du marché, ou les fournisseurs de paiement en magasin traditionnels, qui sont les acteurs idéaux pour devenir les partenaires des banques.

Guy de Blonay , 25 février

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