Le marché immobilier parisien attire le fonds souverain du Qatar

Depuis deux ans, les fonds souverains auraient acquis pour près de 4 milliards d’euros de biens immobiliers à Paris, d’après une étude réalisée par le centre de recherche de l’institut de l’épargne immobilière et foncière (IEIF)...

Plutôt que de faire le choix d’investir dans des sociétés foncières françaises, cotées en Bourse et donc soumises aux aléas des marchés financiers, les fonds souverains semblent donc privilégier aujourd’hui les achats de biens immobiliers en direct.

C’est notamment le cas du fonds souverain du Qatar (QIA – « Qatar Investment Authority ») qui s’est illustré ces derniers mois sur le marché parisien. Ainsi, QIA n’a pas hésité à mettre sur la table, 500 millions d’euros, pour racheter, à l’assureur Groupama, l’immeuble de 27 000 mètres carrés, abritant, en autres, le magasin Virgin, situé au numéro 52 de l’avenue des Champs Elysées. Une opportunité, sans doute, aux yeux du fonds souverain du Qatar, très friant de bureaux et de commerces, situés dans les quartiers d’affaires du centre de Paris ; à condition que la rentabilité soit bien évidemment au rendez-vous, comme le souligne Guy Delbes, le représentant de QIA à Paris, pour ses investissements immobiliers en direct.

En effet, au delà de la préférence de QIA pour les emplacements situés au sein du triangle d’or parisien, les biens, auxquels le fonds souverain s’intéresse, doivent en effet afficher un niveau de rentabilité brute, de l’ordre de 5 à 6%, au minimum ajoute t-il.

De quoi limiter les choix possibles, surtout lorsque l’on sait que seules les opérations à plus de 100 millions d’euros sont étudiées, en général.

Après une analyse approfondie des dossiers, le processus d’investissement est relativement transparent. Il faut savoir qu’une pré-sélection est d’abord réalisée à Paris, selon les différents critères exigés par le fonds souverain du Qatar. Ensuite, selon Guy Delbes, c’est au comité d’investissement de QIA, localisé à Doha, au Qatar, qu’appartient la décision de proposer une offre d’achat, selon la règle de la majorité simple.

Un processus qui explique sans doute pourquoi, les biens immobiliers aujourd’hui détenus par QIA à Paris se comptent sur les doigts d’une main. Guy Delbes, peste d’ailleurs, contre l’image de « voracité » de ce petit état – peuplé de moins de 2 millions d’habitants - en expliquant qu’il ne faut pas confondre les acquisitions immobilières faites par les membres de la famille de l’émir du Qatar et celles de QIA. D’ailleurs, il tient à préciser que le fonds souverain a fait très peu d’acquisitions, depuis sa frénésie d’achat de ces dernières années, mis à part les immeubles situés au numéro 26 de l’avenue des Champs-Elysées, acquis en 1975.

Autre précision importante que tient à mentionner Guy Delbes : QIA est un investisseur à long terme, qui ne cherche pas à spéculer sur le marché immobilier parisien.

L’objectif du fonds souverain est de s’assurer des revenus, pour relayer ceux notamment provenant de la production de gaz, première richesse du pays.

Il n’empêche, depuis le début de l’année, le fonds souverain du Qatar semble être passé à la vitesse supérieure, comme en témoigne l’achat, peu avant l’été, du 52 avenue des Champs Elysées ou encore l’immeuble du 14 boulevard Haussmann à Paris, abritant le siège du Figaro. Il faut dire que la convention fiscale entre la France et le Qatar, n’est peut être pas étrangère à cette récente vague d’acquisitions puisqu’elle exonère d’impôt, sous certaines conditions, les plus values immobilières qui pourraient être réalisées par l’Etat du Qatar ou ses entités publiques, y compris celles de la famille de l’émir. Une faveur accordée récemment par le gouvernement français qui n’est toutefois, pas seulement réservée au Qatar, tient à rappeler Guy Delbes : « ils ont simplement demandé un alignement avec les avantages accordés jusqu’alors avec des pays comme les Etats-Unis, le Koweït ou encore l’Arabie Saoudite » précise t-il.

RF , Octobre 2012

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