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La valse des milliards

Après les 750 milliards de la Commission Européenne et les annonces généreuses des gouvernements français et allemands, c’était aujourd’hui à la BCE de faire valser les milliards.

Elle n’a pas laissé passer son tour de danse et a dévoilé un ensemble impressionnant de mesures visant à soutenir l’économie pendant sa réouverture progressive. Et ce ne sont pas des petits pas : augmentation de la taille du PEPP de 600 milliards d’euros pour atteindre un total de 1350 milliards d’euros, prolongement des achats jusqu’en juin 2021 au moins et réinvestissement jusqu’à la fin de l’année 2022.

Selon Mme Lagarde, il y a eu unanimité pour des mesures de soutien. Le renforcement du PEPP a fait l’objet d’un large consensus.

Toutes les données d’activité montrent que l’économie européenne devra être aidée pendant sa convalescence. Les prévisions de croissance et d’inflation de la BCE ont d’ailleurs été revues à la baisse pour 2020, pour atteindre les niveaux abyssaux de -8.7% de PIB et de 0.1% d’inflation. Ces données, qui dépendent de nombreux paramètres, durée de la pandémie, succès des politiques mises en œuvre,

Les prévisions dépendent de la durée de la crise, du succès des politiques mises en œuvre, du retour de la confiance et des dommages subis par les capacités de production. Des scénarios alternatifs plus négatifs peuvent être envisagés et justifient une action énergique de la banque centrale. Le risque de voir l’inflation s’établir sur des niveaux négatifs, le cauchemar du banquier central, justifie à lui seul une action énergique.

Par ailleurs, Mme Lagarde a clairement énoncé que la BCE continuerait son action malgré le jugement de la cour allemande. La BCE est soumise à la Cour Européenne de Justice, qui a jugé que le PSPP était conforme à son mandat. Cependant, la BCE est convaincue qu’une bonne entente sera trouvée avec l’institution allemande.

Frédéric Rollin , 9 juin

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