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La normalisation de l’économie pourrait entraîner des rendements modestes

Après 10 belles années, le marché semble revenir aux niveaux d’avant-crise. Selon notre analyse, cette normalisation pourrait se traduire par des performances d’investissement beaucoup plus modestes qu’au cours des années ayant suivi la crise financière lorsque les politiques monétaires ultra-accommodantes ont dopé les prix des actifs.

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Au niveau des actions, les performances futures dépendent du cycle conjoncturel ainsi que des revenus et des bénéfices des entreprises. Si vous estimez que le cycle peut se prolonger quelques années de plus et que les bénéfices des entreprises vont continuer d’augmenter, les actions devraient dégager de légers rendements réels positifs.

En conséquence, ni les obligations, ni les actions ne réaliseront de performances aussi élevées que pendant les années d’après-crise. On notera une hausse de la volatilité même si elles devraient être positives. Les investisseurs devront décider le niveau de volatilité qu’ils sont disposés à accepter.

Si vous pensez obtenir des rendements réels positifs à un horizon de trois à cinq ans, vous devriez maintenir votre investissement dans les actions malgré la volatilité accrue.

Mettre la volatilité en perspective

Il est essentiel de garder la tête froide face à la hausse de la volatilité. Nous avons en effet tendance à penser que les tensions géopolitiques et les problèmes économiques actuels sont pires que jamais, mais nous avons déjà connu des événements aussi marquants au cours de notre vie : la fin du régime de l’apartheid en Afrique du Sud, ou encore l’effondrement de l’Union soviétique, pour n’en citer que quelques-uns. De même, la création de l’euro a provoqué une grande nervosité en Europe alors qu’aujourd’hui, les tensions se cristallisent autour du Brexit et de la possibilité que d’autres pays quittent aussi l’UE.

Tous les marchés financiers présentent un certain degré de volatilité. C’est une représentation saine du débat sur l’économie, la politique et les bénéfices. Les divergences d’opinion peuvent faire varier les prix. Il convient en l’occurrence de déterminer dans quelle mesure ces variations sont normales. Qu’elle soit trop faible ou trop élevée, la volatilité représente toujours le même danger dans la mesure où une volatilité trop faible peut procurer aux investisseurs un faux sentiment de sécurité. Ceci n’est pas normal car il se passe tant de choses dans le monde (difficultés rencontrées par certaines entreprises, frictions commerciales sur le plan politique) que l’on pourrait s’attendre à un certain niveau d’incertitude, ce que la volatilité représente.

D’un autre côté, trop de volatilité implique sans doute un niveau élevé d’incertitude : risque de guerre, risque d’une profonde récession. Il faut donc trouver le juste équilibre. Toutefois, le marché doit présenter un certain niveau de volatilité sinon il risque de mal anticiper les risques.

Le problème avec la volatilité, c’est qu’elle reflète l’incertitude, ce qui peut amener certains investisseurs à prendre de très mauvaises décisions. Selon moi, la volatilité actuelle n’est que la conséquence du changement de politique monétaire qui se dessine aux Etats-Unis et en Europe, et rien d’autre.

Retour des taux d’intérêt à des niveaux normaux

Aujourd’hui, le grand débat consiste à savoir si la hausse des taux d’intérêt est dommageable pour l’économie. Après la terrible crise financière mondiale d’il y a dix ans, les banques centrales ont maintenu des taux d’intérêt très bas pendant une très longue période. Mais aujourd’hui, l’économie commence à se normaliser et les banques centrales font marche arrière. La Réserve fédérale américaine ouvre la voie en relevant à nouveau ses taux d’intérêt. La Banque centrale européenne met également fin à certaines mesures exceptionnelles mises en place après la crise. C’est un peu comme si l’on conduisait une voiture.

Si l’on va trop lentement, on appuie sur l’accélérateur (politique monétaire accommodante), mais lorsque l’on revient à une vitesse de croisière appropriée, on relâche l’accélérateur pour maintenir la vitesse (normalisation de la politique monétaire). Ce n’est pas la même chose que de freiner violemment pour éviter un obstacle.

De manière générale, les investisseurs voient l’augmentation des taux d’intérêt d’un mauvais oeil. Ils supposent que les banques centrales appuient sur le frein pour éviter un obstacle, du type hausse de l’inflation. Mais s’il s’agit réellement de la normalisation des taux après une période de crise, que les investisseurs se rassurent : cela signifie que la croissance est plus durable aujourd’hui qu’elle ne l’était il y a quelques années. Si la hausse des taux signale un retour à la normale, tout va bien.

Colin Moore , 14 janvier

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