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La FED gardienne du temple

La dernière réunion de la Federal Reserve a entériné comme prévu le maintien des taux courts à leur niveau actuel. En revanche, il est très probable qu’une dernière hausse annuelle aura lieu en décembre.

Dans ses commentaires l’institution monétaire donne une vision positive de l’économie américaine qui connait une expansion durable. La consommation des ménages reste forte, et le taux de chômage est tombé au plus bas depuis 50 ans. Seul l’investissement des entreprises a subi un petit ralentissement en cette fin d’année. La croissance économique américaine sera probablement supérieure à 3% en 2018, avant de légèrement fléchir en 2019. La FED surveille les salaires qui ont augmenté de 3,1% en octobre, ce qui, à terme pourrait alimenter l’inflation. Pour l’instant celle-ci reste dans les clous, autour de 2%, et ne justifie pas d’action particulière.

Au-delà de cette réunion assez classique, on peut constater que le discours de la FED reste hermétique aux injonctions du président Trump et qu’elle entend garder son rôle de régulateur de l’économie américaine. Si l’on analyse l’action de la banque centrale depuis la crise de 2008, sous la houlette de Yanet Yellen, puis récemment de Jérome Powell, on ne peut qu’être admiratif du travail effectué. En 2008, la FED, devant l’ampleur de la crise décide de procéder à un quantitative easing fort et de mettre ses taux à zéro. Cette action massive a permis de stopper rapidement la chute de l’économie américaine et de sauver la sphère financière. Une action similaire, mais moins rapide et audacieuse a été menée par la banque centrale européenne. Beaucoup d’économistes pensaient alors qu’il serait impossible de sortir de cette politique qualifiée de fuite en avant sans provoquer des dégâts irréparables pour l’économie américaine. Or, depuis trois ans la Federal Reserve a progressivement mis fin à son quantitative easing et a mis en place un programme de relèvement des taux d’intérêt et, contrairement à ces pronostics, les Etats-Unis sont en pleine santé économique. Tous les problèmes ne sont pas résolus, à commencer par un vaste endettement, mais beaucoup de pays dans le monde aimeraient se trouver dans la situation des Etats-Unis.

En remontant ses taux la FED agit de manière cohérente dans un cycle économique porteur. Elle se reconstitue des marges des manœuvres qu’elle pourra utiliser lorsque les vents de la croissance finiront par tourner. Ne pas le faire, comme le souhaiterait Mr Trump, la laisserait démunie lors d’une éventuelle prochaine récession.

Face à ce constat et malgré le scepticisme toujours présent chez ces mêmes économistes qui jugeaient impossible cette normalisation monétaire, nous gardons confiance dans cette institution monétaire indépendante, véritable gardienne du temple de l’économie américaine. Face à un président Trump imprévisible et peu rassurant, la Federal Reserve est un gage de stabilité pour les investisseurs. Il faut espérer que dans le futur elle fasse toujours preuve d’indépendance et de persévérance.

Emmanuel Auboyneau , 15 novembre

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