La BCE est confrontée à un dilemme : « normaliser » les taux d’intérêt ou conduire une politique plus pragmatique.

L’indicateur interne de politique monétaire de JP Morgan AM, suggère que les arguments fondamentaux en faveur d’une poursuite du resserrement par la BCE sont limités...

Au moins une Banque centrale a été prévisible la semaine dernière. Conformément à ce qu’elle avait largement laissé entendre le mois précédent, la Banque centrale européenne a ainsi relevé ses taux d’intérêt de 25 pb à 1,50 %. Dans le communiqué ayant fait suite à sa réunion de politique monétaire, la BCE a fait allusion à de nouvelles hausses en indiquant que « les risques pesant sur les perspectives d’évolution des prix à moyen terme demeuraient orientés à la hausse ».

Dans le contexte actuel, la BCE est confrontée à un dilemme : « normaliser » les taux d’intérêt ou conduire une politique plus pragmatique. Toutefois, les effets les plus négatifs de ce relèvement des taux d’intérêt dans la zone euro sont ressentis de manière disproportionnée par les pays périphériques (via les crédits immobiliers à taux variable), alors que l’analyse de la règle de Taylor tend à indiquer que les taux d’équilibre sont négatifs en Grèce en Irlande au Portugal et en Espagne.

S’il est une chose largement admise, c’est que les taux d’intérêt sont actuellement bien trop faibles pour l’Allemagne selon la règle de Taylor. Il est également manifeste que l’économie allemande continue de faire preuve de vigueur, particulièrement le secteur industriel. Un secteur apparaît toutefois comme le petit grain de sable dans cette machine bien huilée : les dépenses des ménages, dont la détérioration a été étonnamment rapide. Elles ont en effet reculé de 4,5 % en année glissante en mai en valeur réelle. Si les statistiques sont certes volatiles et peut-être moins fiables que d’autres, cette situation est néanmoins surprenante pour une économie dont le taux de chômage est de tout juste 7 % selon la Bundesbank, son niveau le plus bas depuis les 20 années d’existence de ces statistiques.

Nous soupçonnons que la BCE va avoir tendance à privilégier la normalisation des taux,mais que le rythme de ce processus sera déterminé par les statistiques. Selon la toute dernière mise à jour de l’indicateur interne de politique monétaire pour la zone euro de notre équipe en charge des devises, lequel est composé d’une sélection d’indicateurs avancés des tensions inflationnistes, mesurant ainsi dans quelle proportion la politique monétaire devrait être modifiée, celui-ci est repassé sous le seuil de zéro, suggérant que les arguments fondamentaux en faveur d’une poursuite du resserrement par la BCE sont limités.

David Shairp , Juillet 2011

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