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L’heure du premier bilan 2018

Si les principaux indices actions se sont offerts (vendredi) une dernière séance dans le vert, les principales places boursières mondiales n’en ont pas moins connu un premier trimestre chahuté. Après un mois de janvier ayant porté les actions américaines au firmament, les corrections successives de février et mars amènent les indices américains à afficher des performances mitigées sur le premier trimestre.

Dow Jones et S&P500 subissent des reculs respectifs de -2,5% et -1,2%... quand le Nasdaq clôture de justesse dans le vert : +2,3%. Performances auxquelles il faut retrancher 2,7% pour un investisseur européen (l’euro s’appréciant encore face au dollar). De la thématique inflationniste (hausse des salaires US) au risque protectionniste déclenché par Donald Trump, en passant par les déboires des valeurs technologiques (Facebook, Amazon…), les nouvelles mises en avant pour justifier les épisodes correctifs sont venues majoritairement de l’autre côté de l’Atlantique. Pourtant, les principaux indices européens auront (comme souvent) davantage subi les salves de ventes des opérateurs : de -3% pour le CAC 40 à -7% pour le Dax 30 sur le premier trimestre. Un seul grand gagnant, c’est le retour de la volatilité, à laquelle il faudra désormais se réhabituer… Un retour de la volatilité qui ne doit engendrer aucune surréaction. Il est fortement préconisé de ne pas puiser ses décisions d’investissements dans les déclarations -très- versatiles de nos responsables politiques. Les opérateurs ayant initié des positions marquées après le Brexit ou les atermoiements du tandem Varoufakis/Tsipras s’en souviennent encore…

Nul doute que les investisseurs reviendront vite à leurs premiers amours : l’économie américaine et l’avancée de son cycle, et les sacrosaints chiffres trimestriels des sociétés de part et d’autre de l’Atlantique.

Les indicateurs économiques restent d’ailleurs bien orientés ! Seulement, les investisseurs accordent souvent plus d’importance à la dynamique relative qu’aux niveaux absolus desdits indicateurs. En d’autres termes, les marchés craignent que les bonnes nouvelles s’estompent et impactent négativement l’orientation des actifs risqués. En zone Euro, les indices PMI se sont légèrement tassés au mois de mars… Ce qui a probablement contribué à la volatilité des marchés financiers sur la période. Même constat, mais dans une moindre mesure, sur les indices d’activité mondiale, les PMI revenant sur un plus bas de 5 mois. En revanche, Le PMI Manufacturier américain continue lui de progresser… Faut-il y voir les prémices d’un ralentissement mondial plus marqué ? Pas nécessairement ! Seulement, l’essoufflement évoqué en préambule s’explique avant tout par l’emballement qui l’a précédé, et qui avait tiré son essence dans l’adoption de la réforme fiscale américaine. Passée cette consolidation, le consensus des analystes continue de tabler sur une croissance mondiale solide. Il n’aura échappé à personne que le facteur d’inquiétude principal des opérateurs réside dans l’impact négatif d’une - pour le moment bien hypothétique - flambée de l’inflation… qui amènerait les banquiers centraux à opérer une remontée des taux trop importante.

En premier lieu, la politique de la Fed est suivie de près tant l’entrée éventuelle de l’économie américaine en récession ne manquerait pas de se répercuter au reste du monde.

L’inflation salariale US du mois de janvier avait donc mis le feu aux poudres. Depuis, cette première estimation a été revue en baisse, et les chiffres du mois de mars n’ont cette fois pas surpris. Le retour de l’inflation ne menace pas non plus le vieux continent. Comme toujours, il existe des risques qui pèsent sur les actifs risqués. Les mouvements engendrés par cette thématique de l’inflation tiennent davantage pour le moment de la surréaction.

De la même manière que le premier épisode correctif de 2018 a offert des points d’entrés attractifs sur certaines classes d’actifs (actions européennes du secteur immobilier) le retour de la volatilité est gage d’opportunités à venir.

Nous considérons cependant prématuré d’opérer un repositionnement marqué du risque (actions et obligations) dans nos allocations. En revanche, le dollar nous semble de nouveau attractif sur les niveaux actuels.

François Jubin , 2 mai

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