›  Opinion 

L’économie mondiale face à l’inconnue du virus

Depuis la mi-janvier le « coronavirus » venu de Chine douche l’optimisme des marchés qui tablaient sur l’amélioration de l’économie mondiale. Nous ne pouvons pas exclure un trou d’air conjoncturel mais restons confiants dans la poursuite du cycle de croissance.

Les dernières statistiques aux Etats-Unis, en Chine, au Japon ou en Europe nous confortent dans notre vision optimiste de l’économie mondiale. Les moteurs de la consommation et des services tournent à plein régime, aidés notamment par les mesures de relance du pouvoir d’achat dans les principaux pays. L’industrie semble se redresser progressivement grâce à l’accalmie sur le front commercial sino-américain. Les indicateurs de confiance (ménages et industriels) sont à un haut niveau, laissant augurer d’une poursuite de l’embellie au cours des prochains mois.

L’arrivée inattendue du « coronavirus » en Chine et sa diffusion rapide est-elle en mesure de contrarier ce scénario à court terme ? Avouons que nous ne pouvons qu’émettre des hypothèses, tant l’évolution de cette infection est, par nature, incertaine. Si l’on se réfère au précédent du SRAS en 2003, on constate que sa durée a été assez courte et son effet sur l’économie très vite compensé par un retour immédiat à la moyenne. Cependant, il semble que ce virus soit plus contagieux, même s’il est à ce stade moins mortel. Par ailleurs, le poids de la Chine dans l’économie mondiale est nettement plus important qu’en 2003. Enfin, les systèmes d’information actuels (réseaux sociaux, chaines d’information en continu…) et la communication plus transparente des autorités chinoises amplifient l’effet anxiogène de l’épidémie. La crainte du danger est souvent plus terrifiante que le danger présent…

En conséquence il est probable que l’économie mondiale soit affectée à court terme, plus ou moins fortement selon l’évolution du virus. Comme le disait il y a quelques jours Bernard Arnault, soit l’épidémie est une affaire de quelques semaines ou quelques mois et les effets seront finalement mineurs, soit elle s’installe dans la durée et l’impact sera beaucoup plus significatif.

Cet évènement inattendu va inciter les Banques Centrales à redoubler de prudence à court terme. Leur politique va rester très accommodante.

Elles n’hésiteront pas à agir, notamment en Chine, si la situation le nécessite. Cet appui des Banques Centrales reste un facteur important de notre politique d’allocation pour les portefeuilles de nos clients. De même, la situation poussera les chefs d’Etats, à commencer par Donald Trump, à ne pas jeter de l’huile sur le feu en relançant de nouveaux conflits commerciaux. L’approche des élections incitera en tout état de cause le président américain à ne rien faire qui puisse nuire à la croissance.

Nous avons réduit tactiquement le risque dans nos fonds flexibles en attendant d’y voir plus clair sur l’évolution du virus et sur son impact économique. Mais nous estimons que toute baisse significative serait un très bon point d’entrée. Les flux dans les actifs risqués, favorisés par l’absence de rendement des actifs non risqués, pourraient se tarir à court terme puis repartir nettement. En attendant nous restons investis sur des sociétés de qualité dont les fondamentaux sont solides et les perspectives favorables.

Emmanuel Auboyneau , Xavier d’Ornellas , 3 février

tags
Partager
Envoyer par courriel Email
Viadeo Viadeo

Focus

Opinion Conquérir les marchés haussiers : le faux duel entre investisseurs actifs et passifs

Investir aujourd’hui est souvent considéré comme étant une bataille entre des gérants de fonds traditionnels et des ETF avant-gardistes (exchange-traded funds, fonds négociés en Bourse). Cependant, ce raccourci entre la « gestion active » et la « gestion passive » n’aide pas les (...)

© Next Finance 2006 - 2020 - Tous droits réservés