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L’Italie rompt les rangs avec son budget annuel

Selon les informations préliminaires, le gouvernement de coalition italien compte relever son objectif de déficit public à 2,4% du PIB pour les trois prochaines années. Cela constitue un problème majeur, car les promesses de campagne des partis au pouvoir entrent en contradiction avec les objectifs de stabilité de l’UE.

La croissance économique de l’Italie devrait s’affaiblir dans une certaine mesure au cours des prochaines années et rester l’une des plus faibles de la zone euro. Et le gouvernement dirigé par les populistes, qui a pris ses fonctions au printemps dernier, veut prendre des mesures radicales pour inverser cette tendance. Cependant, la santé de l’économie nationale risque de souffrir de la hausse des charges d’intérêt et de la dégradation possible de la notation crédit. Les taux d’intérêt des obligations d’État italiennes ont à nouveau atteint leur niveau record du début de l’été, l’écart entre les rendements des obligations d’État italiennes à 10 ans et les rendements des obligations allemandes correspondantes atteint les 2,7%. Les prix des actions et de l’euro ont également réagi négativement à cette annonce sur le budget.

La situation reste donc difficile pour les banques italiennes, et peut aussi se refléter dans les actions de la Banque Centrale Européenne. La BCE est en train de mettre fin à ses programmes de rachat d’actifs et les taux d’intérêt directeurs devraient commencer à augmenter à partir du second semestre 2019. De plus, la BCE n’a pas ajusté son taux de refinancement ni sa politique monétaire lors de sa réunion de septembre. L’activité industrielle de la zone euro a ainsi continué de ralentir à la fin de l’été et au début de l’automne.

La Fed continue d’augmenter les taux d’intérêt aux Etats-Unis

La Réserve fédérale a continuellement resserré sa politique monétaire depuis 2015. En septembre, elle a relevé son taux directeur de 0,25 point de pourcentage, les faisant monter à 2,125%. La Fed devrait relever le taux de 0,25% à sa prochaine réunion en décembre, puis trois ou quatre fois encore en 2019. L’économie américaine connaît aujourd’hui une croissance continue sur une durée record et certains secteurs commencent à montrer des signes de surchauffe. Le taux de chômage a diminué pour atteindre 3,8%, soit le même niveau que certaines années florissantes au tournant de l’an 2000. La dernière fois que le chômage était aussi bas, ce fut à la fin des années 1960. La contraction du marché du travail, la croissance de la consommation et les pressions sur les prix des importations augmentent le risque d’inflation. Aux États-Unis, les prix à la consommation augmentent actuellement de 2,7%. De plus, le président Trump a assoupli la politique budgétaire. Et le rendement du bon du Trésor américain à 10 ans a de nouveau dépassé le seuil de 3%.

Deuxième round de la guerre commerciale

Les taxes d’un montant de 200 milliards USD sur les produits d’importation chinois imposées par le président Trump sont entrées en vigueur. La Chine a réagi en fixant des droits de douane sur les importations américaines et en annulant les négociations commerciales prévues. L’expansion de la guerre commerciale semble avoir un impact négatif sur l’économie chinoise, mais la Chine devrait en atténuer les effets en assouplissant sa politique budgétaire. Cependant, ces mesures n’ont pas encore étaient mises en place. Reste à voir maintenant quelles seront les prochaines manœuvres des différentes parties prenantes.

Le prix du pétrole brut a augmenté de près de 10 USD par baril en septembre. Le prix du Brent a dépassé 80 USD, tandis que celui du WTI (West Texas Intermediate) a dépassé 70 USD. La hausse des prix a été influencée par l’entrée en vigueur des sanctions imposées à l’Iran et par des problèmes de production en Libye et au Venezuela.

Graphique : Augmentation du prix du pétrole brut

Tomas Hildebrandt , 15 octobre

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