Exploiter des opportunités de valeur relative

Vu les dynamiques contradictoires en place, nous pensons que la meilleure stratégie pour faire face à cette incertitude et livrer des rendements est d’exploiter les opportunités de valeur relative sur tous les marchés plutôt qu’un repositionnement directionnel.

Notre scénario central reste celui de la reprise synchronisée alimentée par la solidité de la consommation et le renforcement de la croissance des dépenses d’investissement. La croissance du PIB devrait rester audessus du potentiel en 2019 (dans la plupart des pays) mais ralentira probablement légèrement par rapport aux niveaux de 2018. Nous prévoyons que l’inflation restera modérée et ne forcera pas les principales banques centrales à changer résolument de cap en termes de réajustement de leurs politiques monétaires. Cela dit, les risques baissiers ont récemment augmenté, principalement en raison des récentes mesures protectionnistes annoncées par les États-Unis. Ces litiges pourraient continuer pendant un moment. Nous ne prévoyons pas d’escalade vers une guerre commerciale ouverte, mais nous continuerons à surveiller de près l’évolution des tensions politiques. Vu les dynamiques contradictoires en place, nous pensons que la meilleure stratégie pour faire face à cette incertitude et livrer des rendements est d’exploiter les opportunités de valeur relative sur tous les marchés plutôt qu’un repositionnement directionnel.

Des idées à conviction forte

Nous maintenons notre vision positive des actifs à risque, car les fondamentaux macroéconomiques et microéconomiques restent porteurs. Cependant l’augmentation des tensions du côté commercial et la décélération potentielle de la dynamique économique incitent au renforcement de la diversification en réduisant notre exposition aux actions européennes et japonaises tout en augmentant notre préférence pour les actions américaines (tant au niveau global du marché et notamment dans le secteur énergétique des États-Unis). Le marché américain profite actuellement d’une meilleure dynamique économique et d’une extension du cycle, grâce à la récente relance budgétaire massive. D’un autre côté, le renforcement excessif de l’euro et du yen implique que nous ayons une vision plus prudente sur les marchés européens et japonais. Sur les actions, nous campons sur notre axe de recherche de valeur relative au sein des marchés émergents. Nous favorisons la Russie (grâce aux perspectives positives du prix du pétrole) et le HSCEI par rapport à l’indice global des marchés émergents (en raison des changements structurels significatifs en Chine concernant l’exposition aux valeurs financières aux valorisations relativement faibles et le positionnement globalement léger des investisseurs).

En matière d’obligations, nous sommes toujours positifs sur les obligations privées européennes à notation élevée, qui ont montré leur résilience au cours du récent épisode d’aversion au risque de février (principalement en raison du Programme d’achat du secteur privé par la BCE). Du côté de la dette souveraine, nous espérons une augmentation des taux des emprunts d’État à 10 ans indexés sur l’inflation (en Europe, aux États-Unis et au Japon) car nos prévisions économiques indiquent une augmentation graduelle des dynamiques de prix tout au long de l’année. Nous attendons toujours une augmentation des rendements allemands sur la courbe en 2018. Nous voyons de la valeur dans différents segments de la courbe, notamment, aux États-Unis, où nous prévoyons une certaine pentification du segment de 2 à 10 ans. Nous pensons que la courbe est actuellement trop plate pour deux raisons : les primes de risque d’inflation devraient être davantage prises en compte et le déficit budgétaire américain devrait augmenter en raison des réductions fiscales et du plan d’infrastructures. Sur le marché des changes, nous privilégions toujours la couronne norvégienne à l’euro et le dollar néozélandais au dollar australien. Dans les marchés émergents, nous favorisons le renminbi chinois à l’euro et au dollar US. Le renminbi est soutenu par des fondamentaux positifs du côté économique, une valorisation largement équitable, et des conditions techniques positives, telles que le portage positif et la possibilité d’attirer davantage de flux en raison de l’inclusion dans l’indice de référence des obligations nationales chinoises.

Face à de nouvelles sources de volatilité des marchés, nous pensons que le moment est venu d’améliorer la diversification, de réduire les risques sur l’exposition aux actions européennes et japonaises, tout en augmentant notre préférence pour les actions américaines.

Risques et couverture

Vu la possibilité d’autres pics de volatilité, les investisseurs doivent chercher à protéger le capital par des stratégies de couverture efficaces. L’exposition à l’or, par exemple, pourrait assurer une protection contre les risques géopolitiques (l’indicateur de risque atteignant son plus haut niveau depuis 2003) : des positions longues sur le yen par rapport au dollar US et au dollar australien pourraient également assurer une protection contre les risques extrêmes. Nous sommes également conscients que les valorisations du marché du crédit sont élevées et pourraient être affectées par d’autres pics de volatilité et les taux nominaux. Par conséquent, nous estimons que les investisseurs doivent gérer prudemment le risque de crédit et de liquidité dans les domaines les plus spéculatifs du marché.

Matteo Germano , 12 avril

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