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Les positions concentrées, à fort effet de levier, sont rarement payantes sur le long terme. S’il est acquis que les banques qui avaient amplifié leur effet de levier subiront des pertes importantes, il n’en demeure pas moins que le secteur bancaire affiche désormais des bilans bien plus solides et qu’aucun risque système n’a été identifié.

L’économie américaine a poursuivi son redressement la semaine dernière, comme en atteste le passage du S&P 500 au-dessus des 4000 points pour la première fois de son histoire. L’indice ISM des directeurs d’achat du secteur manufacturier s’est hissé à son plus haut niveau depuis 35 ans et les chiffres de l’emploi publiés vendredi dernier se sont révélés supérieurs aux prévisions du marché, avec 900 000 créations d’emplois. Cela se traduira par une augmentation du PIB au deuxième trimestre, sur fond de réouverture de l’économie américaine. Cela devrait pousser le dollar (USD) à la hausse et nous privilégions les marchés développés aux marchés émergents. Le plan d’infrastructure de Joe Biden, d’un montant de 2 250 milliards de dollars, qui devrait doper la croissance à partir de 2021, a alimenté l’optimisme des marchés. Si le projet est adopté, le plan d’investissement s’échelonnera sur huit ans et viendra amplifier la dynamique créée par le plan de relance de 1 900 milliards de dollars du Président américain. Le projet de Joe Biden est de financer les dépenses d’infrastructure par une hausse de l’impôt sur les sociétés, en particulier pour les entreprises qui ont tiré parti de failles dans le système fiscal international pour échapper à l’impôt, à savoir, les multinationales et les géants technologiques. Si le projet est correctement mis en œuvre, il pourrait prolonger la rotation de marché en faveur des valeurs sensibles à la conjoncture, aux dépens des valeurs de croissance. Nous surpondérons les actions et conseillons aux investisseurs de diversifier leur portefeuille actions.

La semaine dernière, plusieurs grandes banques d’investissement ont dévissé après la correction brutale de plusieurs positions à fort effet de levier et hautement concentrées d’une petite société de gestion de patrimoine. Archegos a souscrit plusieurs grandes lignes de crédit, qu’elle a utilisées pour nouer des positions concentrées. Archegos ayant été incapable d’honorer plusieurs appels de marge (demandes de garanties supplémentaires) sur ses emprunts, plusieurs banques ont dû dénouer leurs positions en catastrophe, précipitant ainsi Archegos dans la plus grosse faillite que le monde ait connue depuis plus de vingt ans. Cela nous rappelle que les positions concentrées, à fort effet de levier, sont rarement payantes sur le long terme. S’il est acquis que les banques qui avaient amplifié leur effet de levier subiront des pertes importantes, il n’en demeure pas moins que le secteur bancaire affiche désormais des bilans bien plus solides et qu’aucun risque système n’a été identifié. Nous évitons les effets de levier excessifs, tant du côté des entreprises que du côté des investisseurs.

Le canal de Suez a été débloqué la semaine dernière, avant que cela ne provoque un resserrement prolongé des stocks mondiaux. Les prix payés et les délais de livraison ont continué à augmenter, indiquant une pression obstinément forte sur les prix. La réunion de l’OPEP+ qui s’est déroulée la semaine dernière a abouti à un accord visant à accroître progressivement la production de pétrole à partir du mois prochain. L’accord a été entériné malgré l’avertissement de l’Arabie saoudite selon lequel la pandémie est loin d’être terminée. Le Royaume d’Arabie saoudite a géré sa production de manière rigoureuse jusqu’à présent, imposant une réduction volontaire de la production pour soutenir le marché. Nous tablons sur une hausse des cours des matières premières.

Cesar Perez Ruiz , 7 avril

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