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Eurobills : une première étape vers les euro-obligations, mais le risque d’aléa moral inquiète les investisseurs

Alors que la BCE et la Commission européenne s’apprêtent à lancer des actions d’envergure pour lutter contre la crise de la dette souveraine, CFA Institute a interrogé ses membres européens et suisses sur la viabilité des eurobills.

L’enquête décrit l’opinion des professionnels de l’investissement sur le rôle des eurobills, leur impact potentiel sur les coûts de financement des États membres ainsi que les garanties et les conditions nécessaires à leur émission pour assurer une meilleure protection aux investisseurs.

Pour certains responsables européens, les eurobills (titres de créances à court terme émis conjointement par les pays de la zone euro) seraient la première étape d’une « feuille de route » qui permettrait à la zone euro d’aller vers l’émission d’euro-obligations à long terme tout en mettant en place les garanties et les règles de gouvernance nécessaires.

Nitin Mehta, directeur du CFA Institute pour la région Europe, Moyen-Orient et Afrique, explique les résultats du sondage : « 79 % des professionnels de l’investissement interrogés pensent que les eurobills seraient une première étape pertinente vers l’émission d’euro-obligations à long terme. Les eurobills auraient, de manière générale, un impact positif sur les coûts de financement à court terme des États membres. Cependant une écrasante majorité, 82 %, estime que les eurobills devraient être assortis de certaines conditions afin de limiter le risque d’aléa moral (risque que certains États membres manquent de discipline budgétaire sans que cela ait de répercussion sur leurs coûts de financement) et de garder des taux d’intérêt bas sur les eurobills. Une des possibilités serait de limiter l’accès d’un État membre aux eurobills en cas de non-respect des règles et recommandations du cadre de gouvernance de la zone euro. »

Sur les 16 496 membres ayant reçu l’enquête, 949 y ont participé, portant le taux de réponse à 6 %.

Voici ce qu’il en ressort dans les grandes lignes :
- Le rôle potentiel des eurobills (voir graphique A) : la majorité des sondés pense que les eurobills seraient une première étape pertinente vers l’émission d’euro-obligations à long terme (79 %), faciliteraient la transmission de la politique monétaire européenne (58 %), atténueraient en partie la crise de la dette souveraine (52 %) et renforceraient la stabilité financière dans la zone euro (50 %). Cependant nombreux sont ceux qui insistent sur le fait que l’émission conjointe de titres de créances ne règlera pas les problèmes structurels qui entrainent une croissance faible, des déficits publics et un manque de compétitivité dans de nombreux États membres.

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Graphique A

- 74 % des personnes ayant répondu au sondage estiment que les eurobills, pour être efficaces, doivent être assortis d’une garantie conjointe et solidaire, en vertu de laquelle chaque État membre serait responsable de sa part de dette ainsi que de la part de n’importe quel autre État membre ne parvenant pas à honorer ses obligations.
- 63 % pensent que le taux d’intérêt des eurobills serait en moyenne plus faible que le taux d’intérêt de bons du trésor émis au niveau national (voir graphique B).

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Graphique B

Nitin Mehta, CFA, poursuit : « Ce sondage présente l’opinion de nos membres. Si les eurobills voient le jour, leur réussite dépendra de l’attitude des investisseurs. Nous pensons donc que ce sondage offre aux leaders et régulateurs européens un bon aperçu des préoccupations des professionnels de l’investissement, de la manière dont ils évaluent l’impact potentiel des eurobills et de leurs souhaits en termes de structure. Ces résultats, venant s’ajouter à notre premier sondage répondant à la consultation publique de la Commission européenne sur l’introduction des euro-obligations à long terme, nous permettront de continuer à alimenter la réflexion des institutions européennes. »

Next Finance , Septembre 2012

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