›  Opinion 

Entreprises européennes : des résultats solides et rassurants au 2e trimestre

En Europe, le momentum des révisions en hausse des résultats s’est légèrement détérioré. En effet, alors que les États-Unis et le Japon ont connu, pour l’ensemble de l’année 2018 des fortes révisions à la hausse des bénéfices (respectivement + 0,5 % et + 0,4 %), l’Europe et les pays émergents ont vu les estimations du consensus légèrement révisées à la baisse...

En Europe, le momentum des révisions en hausse des résultats s’est légèrement détérioré. En effet, alors que les États-Unis (S&P500) et le Japon (TOPIX) ont connu, pour l’ensemble de l’année 2018 des fortes révisions à la hausse des bénéfices (respectivement + 0,5 % et + 0,4 %), l’Europe (Stoxx 600) et les pays émergents (MSCI EM) ont vu les estimations du consensus légèrement révisées à la baisse (respectivement - 0,1 % et - 0,5 %).

Au 2e trimestre, 59 % des sociétés européennes ayant publié leurs résultats ont dépassé ou atteint les attentes du consensus, contre 60 % au 1er trimestre et 62 % en moyenne sur 10 ans. Certes, ces publications peuvent apparaitre un peu moins bonnes comparées aux trimestres précédents car elles ne surpassent pas autant les attentes qu’auparavant ; mais elles restent cependant solides et rassurantes : les bénéfices ressortent en hausse de 5,4 %. Même après une légère révision à la baisse, le consensus continue d’anticiper une croissance des Bénéfices Par Action (BPA) élevée de 8,2 % pour l’année 2018 (Stoxx 600). Quant au chiffre d’affaires, en hausse de 5,3 % au 2e trimestre, 8 entreprises du Stoxx 600 sur 10 l’ont publié supérieur ou en ligne.

Comme à chaque trimestre, les manquements ont été sévèrement sanctionnés par les investisseurs : par exemple, Continental - 13 %, Casino - 9 %, Publicis - 9 %. A contrario, les bonnes publications ont fait s’envoler des titres le jour de la publication : Peugeot + 15 %, Carrefour + 12 %, ASML + 8 %.

Sur les 19 secteurs du Stoxx 600, seulement 5 ont enregistré, depuis un mois, une révision à la hausse des estimations du consensus : la santé, le luxe, les ressources de base, l’immobilier et les services financiers. Quelques secteurs ont vu leurs estimations inchangées : les banques, les valeurs industrielles, l’alimentaire et les boissons. A la baisse, les secteurs qui ont enregistré les plus importantes révisions sont l’automobile, oil & gas et construction & matériaux, mais la chimie, le secteur technologique, l’assurance et des secteurs dits défensifs tels que les utilities, les télécoms et la distribution sont aussi dans le rouge.

Les devises ont été une fois de plus au cœur des attentions des marchés. Certains titres ont profité d’un renforcement du dollar, telles que les valeurs technologiques, SAP par exemple. Si l’impact négatif de la remontée du dollar contre euro a été moins fort pour d’autres valeurs qu’au trimestre précédent (comme Air Liquide dans la chimie), la dévaluation des devises de plusieurs pays émergents a pénalisé notamment les bancaires espagnoles, les télécoms de la zone ibérique ou encore des valeurs de construction. Attention, la chute des devises des pays émergents s’est accentuée après l’arrêté des comptes de fin juin donc l’impact sur les chiffres des groupes présents dans ces pays sera plus fort pour les publications du 3e trimestre.

En conclusion, si ce 2e trimestre apparaît moins flamboyant que les précédents, le bilan des publications des résultats des entreprises européennes reste positif. Le Price Earning (PE) en Europe s’établit à 14,9 x les résultats 2018 et 13,4 x les résultats 2019, estimés respectivement en hausse de + 8,2 % et + 9,1 %. En 2018, la croissance est tirée par le secteur de l’oil & gas (attendu en hausse de + 40 %), l’assurance (à + 17%) ou les banques (+ 10 %). En 2019, la croissance devrait être plus homogène entre les différents secteurs qu’en 2018 et 2017.

Sandrine Hallopeau , 17 septembre

tags
Partager
Envoyer par courriel Email
Viadeo Viadeo

Focus

Opinion Conquérir les marchés haussiers : le faux duel entre investisseurs actifs et passifs

Investir aujourd’hui est souvent considéré comme étant une bataille entre des gérants de fonds traditionnels et des ETF avant-gardistes (exchange-traded funds, fonds négociés en Bourse). Cependant, ce raccourci entre la « gestion active » et la « gestion passive » n’aide pas les (...)

© Next Finance 2006 - 2018 - Tous droits réservés