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Elections européennes : la montée du populisme pourrait entraîner une réorientation radicale des politiques économiques à l’échelle mondiale

Les perspectives à moyen terme des prix des actifs financiers internationaux sont influencées par cinq tendances à la fois durables et interconnectées : l’endettement excessif, le vieillissement de la population, les évolutions technologiques rapides, la montée du populisme et la dé-mondialisation...

Les perspectives à moyen terme des prix des actifs financiers internationaux sont influencées par cinq tendances à la fois durables et interconnectées : l’endettement excessif, le vieillissement de la population, les évolutions technologiques rapides, la montée du populisme et la dé-mondialisation. Au cours des années à venir, ces cinq tendances vont probablement entraîner une réorientation sans précédent des politiques économiques dans le monde entier.

Plusieurs d’entre elles ont d’ores et déjà un impact palpable, en particulier les comportements populistes, qui ne cessent de prendre de l’ampleur dans toute l’Europe.

Élections européennes : la partie visible de l’iceberg

Les élections européennes organisées cette semaine, par exemple, devraient témoigner d’une forte augmentation du soutien aux partis populistes. Puisqu’il s’agit de l’Europe, il est peu probable que cette tendance présage un changement immédiat de politique, mais elle compliquera une intégration pourtant nécessaire et risque de creuser le fossé entre les citoyens européens et leurs dirigeants.

En matière de populisme, les élections européennes ne constituent néanmoins que la partie visible de l’iceberg. Facteur plus important encore, la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, qui a déjà eu pour effet de ralentir le commerce mondial et qui montre clairement que les règles régissant les échanges commerciaux sont sur le point d’évoluer. L’intégration du commerce mondial a probablement atteint son potentiel et les pressions exercées en vue d’une dé-mondialisation et d’une distribution plus juste de la richesse ne font que s’accentuer.

De la politique nationale aux pressions inflationnistes

D’autres évolutions importantes sont déjà à l’œuvre au niveau national. Au Royaume Uni, le soutien accordé au gouvernement conservateur a fini par pâtir des conséquences du Brexit. Dans ce contexte, des élections anticipées pourraient être organisées et voir la victoire des Travaillistes, qui pourraient réadopter pour la première fois depuis les années 1970 des politiques axées sur la redistribution et l’actionnariat public. Aux États-Unis, contre toute attente, on observe un soutien de plus en plus fort en faveur d’approches telles que la théorie monétaire moderne, qui entraînerait inévitablement un interventionnisme accru de l’État, et certains signes laissent à penser que la Fed pourrait rapidement chercher à orchestrer un taux d’inflation plus élevé.

Comme le montrent le Brexit et les tensions commerciales sino-américaines, il est quasiment impossible d’anticiper précisément l’issue des mouvements populistes. Toutefois, nous pouvons faire des observations d’ordre général. Après ces 40 dernières années, marquées par la domination du capital sur la force de travail, il est fort probable que les politiques économiques mondiales deviennent de moins en moins favorables aux entreprises. Cette tendance va non seulement freiner la croissance économique mais également exercer des pressions inflationnistes. Ce à quoi les marchés ne sont pas du tout préparés.

Darren Williams , 26 mai

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