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Disruption : L’avenir ne se refuse pas

En tant qu’investisseur avisé, nous devons regarder vers demain. Notre rôle, et même notre responsabilité, est d’accompagner les entreprises capables d’apporter des réponses concrètes aux grands enjeux auxquels nos sociétés sont confrontées. Or pour relever ces défis considérables, une tendance ne peut être ignorée : la disruption.

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La notion évoque les ruptures franches provoquées par l’émergence de nouveaux services et technologies. Des innovations non linéaires, exponentielles, profondes, qui transforment radicalement un marché et en bousculent d’autres. Les deux dernières décennies ont ainsi été marquées par le bouleversement de nombreux secteurs. L’un des plus éloquents est sans doute l’irruption d’Amazon, qui a changé en profondeur le commerce mondial. Aujourd’hui, dans de multiples domaines, des solutions disruptives présentent un potentiel considérable – potentiel qu’il faut certes encadrer pour le mettre au service de l’humain et de la planète. Citons par exemple, dans le secteur des biotechnologies, le nouveau champ des possibles ouvert par les ciseaux génétiques de CRISPR, ayant récemment fait l’objet d’un coup de projecteur grâce aux travaux de la française Emmanuelle Charpentier récompensés par le prix Nobel de chimie, ou encore par les implants cérébraux d’interfaces neuronales développés par Neurolink, la société du très fantasque mais néanmoins très sérieux Elon Musk. En ligne de mire : des congruences de technologies aux multiples applications capables de révolutionner des pans entiers de l’économie et de nos sociétés.

En 2020, apporter un soutien actif à ceux qui génèrent ou participent à ce type de disruption n’est pas un choix. C’est une nécessité. D’abord, pour une question de souveraineté économique, afin de proposer une alternative crédible au duopole des géants américains et chinois. Ensuite et surtout parce que les problématiques que nos sociétés doivent relever sont trop immenses, trop urgentes pour des solutions graduelles. Défis environnementaux, démographiques, sanitaires, sociaux, énergétiques : seules des ruptures apporteront des réponses à la hauteur des enjeux.

Le nouveau monde de l’intelligence connectée

À ce sujet, comment ne pas évoquer la 5G ? Nous avons là l’une de ces ruptures disruptives décisives. En démultipliant les débits de connexion, en faisant entrer l’Internet des Objets (IoT) dans une nouvelle ère, cette technologie va accélérer l’innovation en général. Tous les secteurs vont être impactés par la 5G, d’autant plus que son avènement coïncide avec une autre révolution : l’émergence des puces Edge AI, ces processeurs capables d’exécuter des algorithmes de traitement à base d’intelligence artificielle sans être reliés au Cloud. Parfaitement complémentaires, ces deux technologies donnent la possibilité de mettre de l’intelligence dans l’utilisation des ressources que nous avons à disposition. Il est temps !

Prenons l’un des grands défis de notre époque : l’environnement. Aujourd’hui, les villes sont par exemple incapables d’anticiper les niveaux de pollution. Une alerte est émise quand la pollution a déjà atteint un certain seuil, ce qui provoque des réactions, tel que l’arrêt de la circulation des voitures, aux conséquences néfastes sur l’activité économique.

Une analyse plus intelligente de la pollution permettra aux pouvoirs publics d’anticiper et de proposer des solutions plus adaptées. De même, l’avènement de la Smart City ouvre d’immenses perspectives d’anticipation, de fluidification des flux et de limitation de la pollution de l’air qui, il faut le rappeler, tue 7 millions de personnes dans le monde chaque année.

De nombreux secteurs à la croisée des chemins

La technologie est un allié précieux pour parvenir à opérer une gestion performante des ressources. L’accroissement des besoins conjugué à des réserves qui se raréfient, poussent nombre d’industries à se réinventer. Capables d’augmenter fortement l’efficience énergétique, les GreenTech sont appelées à jouer un rôle décisif, à l’image de Solar Edge, solution de maximisation de la captation d’énergie devenue leader mondial des ondulateurs photovoltaïques, un exemple parmi d’autres de solutions qui font désormais du solaire l’énergie la moins chère au monde.

De même, la digitalisation, la data et la connectivité des moyens de production ont permis des avancées considérables dans le secteur industriel. L’industrie 4.0 est déjà une réalité, synonyme de changements des modes de production, plus frugaux en énergie et vectrice de gains de productivité.

La santé est un autre domaine essentiel dans lequel les solutions disruptives créent d’immenses attentes. Des progrès majeurs ont déjà été réalisés ces dernières années grâce à l’interaction entre la recherche médicale traditionnelle et les hautes technologies. Plus efficaces, plus rapides, les nouveaux procédés et traitements répondent aussi à un impératif de coûts, alors même que les dépenses de santé s’inscrivent dans une trajectoire insoutenable du fait du vieillissement de la population.

Biotech, immunothérapies, Medtech, diagnostics... De nouvelles disciplines se substituent à la médecine et à la recherche traditionnelles. Moins coûteuses, davantage personnalisées, les nouvelles solutions disruptives orientent également la médecine « réparatrice » vers une démarche plus préventive.

Mener à bien ces défis dépendra de notre volontarisme comme de la qualité de nos choix. Au-delà des innovations technologiques, une autre dimension est fondamentale : l’évolution des mentalités et des compétences. Ce qui est en jeu ? La capacité des individus à contribuer et faire réussir ces progrès techniques. Autrement dit, éducation et disruption sont intimement liées. Alors même que de nouveaux métiers se dessinent et que beaucoup de ceux que nous connaissons sont appelés à disparaître, l’enseignement et la formation doivent impérativement intégrer la nouvelle donne. Un investissement massif dans l’éducation est donc nécessaire. C’est d’ailleurs l’un des choix forts faits par CPR AM : nous sommes convaincus qu’accompagner la réussite de ces solutions disruptives est indispensable, en plus d’être pleinement cohérent avec nos objectifs de performance et de rentabilité.

Gardons en tête que la finance est un puissant levier de transformation du monde. En tant qu’investisseurs, nous avons un pouvoir : celui d’agir avec les entreprises, de les influencer dans leur gestion et dans les produits ou services qu’elles proposent. C’est de cette intelligence collective qu’émergeront les solutions qui permettront à nos sociétés de relever les immenses défis qui se présentent.

Gilles Cutaya , Décembre 2020

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