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Continuez à profiter des replis pour renforcer l’exposition en actions

Portés par les espoirs d’apaisement des tensions commerciales et les attentes d’un accord sino‐américain, les indices actions ont progressé plus fortement que nous ne l’espérions lors de notre dernière lettre. Malgré les records atteints par les indices et les tweets de Donald Trump, les investisseurs restent stoïques pour de multiples raisons...

Portés par les espoirs d’apaisement des tensions commerciales et les attentes d’un accord sino‐américain, les indices actions ont progressé plus fortement que nous ne l’espérions lors de notre dernière lettre. Malgré les records atteints par les indices et les tweets de Donald Trump, les investisseurs restent stoïques pour de multiples raisons. Tant que les négociations sino‐américaines ne sont pas rompues, une tendance haussière peut se maintenir plusieurs mois, entrecoupée de petites consolidations, à l’occasion des prochains obstacles à franchir. Nous conservons la même conclusion. Même si les marchés ont beaucoup progressé, il faut mettre à profit les replis pour renforcer l’exposition en actions.

Portés par les espoirs d’apaisement des tensions commerciales et les attentes d’un accord sino‐ américain, les indices actions ont progressé plus fortement que nous ne l’espérions lors de notre dernière lettre. Dans le même temps, les marchés obligataires ont été peu performants. En conséquence, les investisseurs ont continué à réorienter leurs investissements vers les marchés d’actions. Le recul des tensions a en effet constitué un terrain favorable à la prise de risque. Cet environnement s’est prolongé pendant tout le mois mais les doutes et les tensions ont refait surface.

Ces derniers jours, le sentiment d’enlisement des négociations, sur fond de tensions politiques (soutien au mouvement de protestation à Hong Kong, défense des Ouighours contre l’oppression chinoise) a en effet stoppé la hausse des marchés actions et provoqué un nouveau repli d’ampleur limitée.

Malgré les records atteints par les indices et les tweets de Donald Trump, les investisseurs sont donc restés stoïques. Comment l’expliquer alors que les probabilités de rupture des négociations n’ont pas disparu ?

Premièrement, les investisseurs préfèrent considérer que ni les Chinois, ni Donald Trump ne peuvent se permettre un échec. Les éléments de cette thèse ne sont pas nouveaux et nous n’y reviendrons pas ici.

Deuxièmement, il nous semble que la communauté financière (« le consensus ») commence à adopter un scénario macro‐économique plus positif. Indépendamment du risque commercial, la probabilité de voir une récession se développer en Allemagne, au Japon ou aux Etats‐Unis en 2020 inquiétait régulièrement les investisseurs. Or, ce risque s’éloigne, non seulement à cause des négociations sino‐américaines en cours mais du fait de plusieurs facteurs. Tout d’abord, le soutien des Banques Centrales est toujours d’actualité. Ensuite, la résilience des économies émergentes y compris chinoise continue à se manifester. De plus, en dehors des activités industrielles qui souffrent encore, la consommation et les activités de services permettent aux pays développés de maintenir globalement un rythme de croissance positif. Enfin, dans plusieurs pays, des plans de relance budgétaire sont votés ou en projet (Japon, Pays Bas, programme de Boris Johnson au Royaume‐Uni, discussions en Allemagne…) En Europe, certains espèrent aussi que les règles du Traité de Maastricht pourraient être assouplies à l’initiative de la nouvelle Commission. Pour toutes ces raisons, les perspectives pour la croissance mondiale devraient se maintenir même si un léger tassement reste envisagé.

Troisièmement, dans un tel contexte, les taux longs peuvent rester stables ou remonter légèrement, ce qui ne favorisera pas les performances des produits obligataires. A l’inverse, après plus d’un an de baisse des estimations de bénéfices des sociétés, un scénario économique plus positif peut favoriser un arrêt de cette dégradation et une croissance des résultats, certes inférieure aux attentes actuelles mais proche de 5%, ce qui resterait satisfaisant. Une croissance économique modérée mais plus stable, peu inflationniste, moins soumise aux aléas politiques est un scénario médian favorable pour les marchés actions. L’optimisme n’est pas excessif et l’exposition des investisseurs reste inférieure aux normes historiques. De plus, les valorisations sont un peu tendues mais elles n’atteignent pas des niveaux très spéculatifs, surtout par comparaison au niveau des taux d’intérêt. Les actions ne sont pas encore trop chères !

Voilà quelles sont les principales raisons pour lesquelles les replis des marchés actions sont limités et passagers. Tant que les négociations sino‐ américaines ne sont pas définitivement rompues, la tendance haussière entrecoupée de petites consolidations peut se maintenir.

Quels sont les prochains obstacles à surveiller ?
Les élections générales anglaises auront lieu le 12 décembre. Si les Conservateurs sont bien placés pour l’emporter, il n’est pas certain qu’ils auront une majorité absolue au Parlement, ce qui pourrait relancer les incertitudes sur la mise en œuvre ordonnée du Brexit. Mais, en cas de victoire nette, les marchés actions anglais et la livre sterling devraient s’apprécier.
Le 15 décembre est la date prévue pour appliquer une nouvelle et forte hausse des tarifs douaniers américains sur les importations chinoises. Les négociations peuvent donc encore piétiner jusqu’à cette date et engendrer un peu de volatilité sur les marchés actions.
Enfin, l’évolution des tensions entre les Etats‐Unis et l’Europe (Automobile, Airbus) ou la France (taxe sur les GAFA) fait également partie des risques à surveiller.

Nous conservons la même conclusion. Comme nous l’écrivions le mois dernier, le retour de la confiance se traduit généralement par une hausse des valorisations, qui ne sont toujours pas excessives. Nous entrevoyons toujours un potentiel d’appréciation qui pourrait atteindre 5 à 10% dans les 12 prochains mois. Mais nous ne souhaitons pas l’intégrer dans nos prévisions dès maintenant. Dans notre prochaine lettre, nous aborderons les perspectives et les risques pour 2020, année électorale aux Etats‐Unis.

A plus court terme, même si les marchés ont beaucoup progressé, la hausse peut continuer pendant quelques mois, sans exclure de nouvelles petites consolidations.

Celles‐ci donneront l’occasion de renforcer l’exposition en actions dans de meilleures conditions car le potentiel pour les prochaines semaines parait limité. Nous conseillons donc de surveiller tout repli des indices ou toute baisse excessive des valeurs.

Nous avons continué à relever légèrement nos objectifs sur les indices pour la fin 2019, pour juin et décembre 2020. Ils nous semblent encore conservateurs. Compte tenu du petit repli intervenu depuis le début du mois, le potentiel de hausse à 6 et 12 mois est pour l’instant de l’ordre de 2 à 4%.

Nous maintenons nos recommandations globales sur les actions, Neutre à court terme et Surpondérer à moyen terme. Nous conservons nos préférences pour les Etats‐Unis et l’Europe à moyen terme. Sans relever notre note sur l’Europe pour l’instant, nous conseillons de relever progressivement l’exposition européenne et anglaise.

Nous avons procédé à des ajustements sectoriels peu nombreux. Nous avons abaissé à Neutre les notes à court terme des secteurs Services Publics et Télécommunications et à Sous pondérer celle du secteur Pétrole & Gaz. A moyen terme, nous avons abaissé la note du secteur Media à Sous‐pondérer.

Nous conservons notre opinion Neutre à court terme et Sous‐pondérer à moyen terme sur les produits obligataires. En Europe, nous avons abaissé à Sous‐ pondérer les notes des Emprunts d’Etat AAA et des Obligations privées. Parmi les produits de taux, nous préférons les obligations émergentes, que nous avons relevées à Surpondérer, le crédit américain et le crédit européen à haut rendement.

Dans notre allocation équilibrée, à la fin du mois de novembre, notre Comité d’Allocation d’Actifs a ajusté marginalement le poids des actions européennes et américaines. Nous avons également allégé le poids des multi‐stratégies obligataires et des obligations convertibles au profit des obligations émergentes, de l’or et des liquidités en devises.

Vincent Guenzi , Décembre 2019

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