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Christine Lagarde : en guise de chouette, une vraie colombe…

Sagesse, perspicacité, déesse des Arts et de la Sagesse, défense, intelligence, commandement… Autant d’adjectifs associés au nom de chouette sur Wikipédia. Quel que soit celui que cherche à nous renvoyer Mme Lagarde en choisissant ce symbole, c’est avant tout par une posture très colombe qu’elle marque sa première communication de 2020.

En deux mots, en effet, Christine Lagarde est apparue très consciente des difficultés structurelles auxquelles font face les économies de la zone euro et déterminée à les combattre sans toutefois laisser place à l’illusion : le bas niveau des taux d’intérêt est là pour durer et si les efforts persistants permettent d’envisager le retour d’une inflation vers la cible de la BCE à terme, Mme Lagarde ne laisse guère filtrer l’impression que cet ajustement se fera rapidement ni de manière spontanée. Aux anticipations de marchés qui, ces derniers temps, commençaient à envisager la possibilité d’une hausse des taux directeurs l’an prochain, ses commentaires ont claqué la porte ce qui a provoqué un reflux significatif des taux d’intérêt futurs et du cours de l’euro dont le taux de change effectif perd en ce moment 0,4 %. Tout comme Mme Lagarde a évacué le sujet de la fin de la politique de taux d’intérêt négatifs de la Suède qu’elle ne considère en quoi que ce soit susceptible d’inspirer l’orientation de la politique de la BCE.

Si la BCE prend acte de l’amélioration de la situation conjoncturelle, elle n’en tire pas de conclusion hâtive, Mme Lagarde apparaissant, en particulier, définitivement sur la réserve quand le communiqué rappelle la nécessité que les pays qui en ont les moyens prennent des actions de politiques structurelles pour accroître le potentiel de croissance de la zone euro, la croissance de la demande et la rendre moins vulnérable.

Enfin, la BCE officialise le lancement de sa revue stratégique, au sujet de laquelle la présidente cherche à rassurer et à justifier la nécessité de réfléchir aux effets des politiques menées, à leur efficacité et aux moyens qui pourraient être mis en place pour améliorer sa mission. Aucun développement sur la cible d’inflation ou toute autre conclusion préliminaire n’est donnée et ne le sera vraisemblablement avant le terme de cette réflexion que la présidente de la BCE envisage pouvoir durer jusqu’à la fin de l’année.

Dans l’ensemble C. Lagarde est apparue fidèle à sa promesse, déterminée et volontaire tout en restant à sa place de présidente de la BCE, se gardant notamment de donner l’impression d’aller au-delà de ses prérogatives. Son message n’est toutefois pas des mieux accueillis par les marchés.

Volontairement ou non, C. Lagarde a en effet clairement mis les pieds dans le plat face du scénario de reflation sollicité ces derniers temps, en témoigne, outre la réaction négative des taux futurs celle des valeurs bancaires et, au-delà, des cycliques.

Véronique Riches-Flores , 24 janvier

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