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Chine vs. Etats-Unis : guerre commerciale ou bataille des mots ?

L’incertitude causée par la guerre des mots des responsables politiques n’est pas la cause des performances décevantes des actifs risqués depuis le début de l’année. La recrudescence du sentiment « risk-off » chez les investisseurs provient avant tout du resserrement des conditions monétaires outre Atlantique, alors que les marchés sont valorisés à la perfection.

1. La propriété intellectuelle et l’innovation technologique, clés du leadership mondial

Le regain de tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis a surpris les marchés, il y a une dizaine de jours. La Chine n’est pas à sous-estimer dans le rapport de force, puisque ses exportations en direction des Etats-Unis sont quatre fois plus importantes, que les exportations américaines vers la Chine.

Les incertitudes quant aux relations commerciales ne devraient pas faiblir avant les élections américaines de mi-mandat. A ce stade, le scénario le plus probable est celui d’une période prolongée de négociations entre la Chine et les Etats-Unis, pas une guerre commerciale en bonne et due forme. A plus long terme, c’est surtout la protection de la propriété intellectuelle qui devrait constituer le cœur des enjeux (bien davantage que les traditionnels secteurs industriels et manufacturiers).

La concurrence dans ce domaine s’avère d’autant plus vive et structurelle, que la Chine affiche son ambition de devenir le leader mondial de la technologie, et notamment de l’intelligence artificielle. Pour bon nombre d’observateurs, le pays qui remportera la course technologique remportera également le leadership économique sur la scène mondiale pour les dix prochaines années.

2. Des perspectives macroéconomiques affectées ?

Les vainqueurs de la mondialisation d’hier ne seront pas les vainqueurs de demain. L’intensité des échanges commerciaux mondiaux (flux commerciaux/PIB) a connu son pic il y a déjà quelques années. Les mesures protectionnistes se sont accrues bien avant la récente escalade des tensions commerciales, un environnement moins propice à la croissance du commerce mondial n’est donc pas une surprise. Il n’en reste pas moins que les échanges commerciaux ont contribué à la robustesse de la conjoncture économique mondiale ces dernières années. La baisse d’intensité des échanges commerciaux pourrait désormais contribuer à l’environnement de faible croissance économique dans lequel nous nous trouvons actuellement.

Des échanges commerciaux moins intenses

3. Un impact contenu sur les marchés... pour le moment

L’incertitude causée par la guerre des mots des responsables politiques n’est pas la cause des performances décevantes des actifs risqués depuis le début de l’année. La recrudescence du sentiment « risk-off » chez les investisseurs provient avant tout du resserrement des conditions monétaires outre Atlantique, alors que les marchés sont valorisés à la perfection.

La banque centrale la plus importante au monde, la Fed, resserre progressivement sa politique monétaire. Par conséquent, le coût de financement est de plus en plus élevé à mesure que la liquidité monétaire diminue. Les investisseurs prennent conscience de ces vents contraires. Si en plus, la dégradation des relations commerciales internationales se concrétisait en guerre commerciale, non plus par de simples déclarations, mais des actes, les marchés seraient à la merci de fortes turbulences.

Witold Bahrke , 2 mai

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