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BCE : preuve d’incapacité !

Comment imaginer la prise d’un tel risque dans le contexte en présence ? Ne pas baisser ses taux directeurs malgré les anticipations en place était une décision de très haut risque que seul le déploiement d’un plan d’attaque exceptionnel aurait pu faire accepter...

Comment imaginer la prise d’un tel risque dans le contexte en présence ? Ne pas baisser ses taux directeurs malgré les anticipations en place était une décision de très haut risque que seul le déploiement d’un plan d’attaque exceptionnel aurait pu faire accepter. Rien de cela dans les annonces de la BCE. La réaction des marchés est donc cinglante et les risques financiers d’autant accrus. Les mesures mises en place par la BCE pour prévenir les dégâts d’une crise sanitaire, devenue économique et financière, sans précédent, ne sont assurément pas à la hauteur des enjeux. Ce constat est inquiétant pour la suite. S’il a l’avantage de faire chuter l’euro, ce n’est pas, on l’aura compris, par excès de soutien monétaire mais par montée des inquiétudes que cette inertie inspire pour le futur de la zone euro et que révèle, en réaction, l’envolée des taux des emprunts de l’État italien.

La BCE ne « constate pas de signes matériels de pression sur les marchés » !!!

Le plan d’attaque de Mme Lagarde se limite à trois mesures :

  • Une augmentation ponctuelle de son programme d’achats d’actifs de 120 milliards d’euros d’ici à la fin de l’année. Destinée à financer les besoins exceptionnels des États et entreprises en difficulté, cette extension est largement inférieure aux attentes qui visaient au moins un doublement par rapport à son programme actuel (20 milliards par mois).
  • Un accroissement du programme de financement à long terme des banques (LTRO) destiné en priorité à faciliter le crédit aux entreprises impactées par les effets du coronavirus, assorti d’un programme spécifique pour les banques qui viendront en aide aux PME, lesquelles bénéficieront d’un taux inférieur de 25 points de base à celui du taux de dépôt (taux d’emprunt de -75 points de base contre une pénalité de 50 pb pour leurs dépôts à la BCE).

Si cette dernière disposition est exceptionnelle, elle n’en reste pas moins à des lustres de celle que l’on serait en mesure d’attendre dans le contexte de risques extrêmes actuels.

L’ensemble est affligeant.

Véronique Riches-Flores , 13 mars

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