›  Opinion 

BCE : nouvelle présidente, nouveau cap ?

Rompue aux joutes politiques, Christine Lagarde parviendra peut-être à persuader les gouvernements réticents à l’idée de voir la BCE mener une politique d’expansion budgétaire de ne pas s’y opposer, en s’engageant à financer ces mesures à moindre coût...

Le Parlement européen a donné son feu vert à la nomination de Christine Lagarde à la présidence de la BCE. Elle succèdera à Mario Draghi. Elle deviendra ainsi la première femme à occuper ce poste. Avocate spécialisée en droit de la concurrence de formation, elle se distingue de ses prédécesseurs, tous économistes. Ce changement à la présidence de la BCE se traduira-t-il par un changement de cap en matière de politique monétaire ? Peut-être pas...

Premièrement, Mario Draghi plaide pour un recours plus large à la politique budgétaire pour doper la croissance européenne et les perspectives d’inflation. Jusqu’à présent, sa demande est restée lettre morte. En effet, les dernières mesures de relance ont suscité de vives critiques et même des dissensions au plus haut rang. Rompue aux joutes politiques, Christine Lagarde parviendra peut-être à persuader les gouvernements réticents à l’idée de voir la BCE mener une politique d’expansion budgétaire de ne pas s’y opposer, en s’engageant à financer ces mesures à moindre coût. Pour nous, il s’agit de l’ingrédient essentiel nécessaire pour relancer durablement la croissance et l’inflation.

Deuxièmement, le rôle de l’économiste en chef sera plus important que jamais compte tenu du départ du banquier de formation qu’était Mario Draghi. Philip Lane s’est révélé plutôt conciliant dans le discours qu’il a prononcé en juillet, dans lequel il a insisté sur les effets bénéfiques du programme d’assouplissement de la BCE (taux d’intérêt négatifs, orientations prospectives, assouplissement quantitatif) sur l’inflation réelle. Il a également publiquement soutenu les mesures d’assouplissement mises en œuvre la semaine dernière. Lors d’un discours au cours duquel il a interpellé les partisans de l’orthodoxie budgétaire et monétaire, il a réitéré la volonté « inébranlable » et « inconditionnelle » de la BCE de faire « tout ce qui en son pouvoir pour atteindre l’objectif d’inflation ».

La volonté d’atteindre l’objectif d’inflation est intacte et la BCE est prête à adopter de nouvelles mesures si nécessaire.

John Taylor , 26 septembre

Partager
Envoyer par courriel Email
Viadeo Viadeo

Focus

Opinion Conquérir les marchés haussiers : le faux duel entre investisseurs actifs et passifs

Investir aujourd’hui est souvent considéré comme étant une bataille entre des gérants de fonds traditionnels et des ETF avant-gardistes (exchange-traded funds, fonds négociés en Bourse). Cependant, ce raccourci entre la « gestion active » et la « gestion passive » n’aide pas les (...)

© Next Finance 2006 - 2019 - Tous droits réservés