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Un bon sens partagé ?

Le marché est composé d’une multitude d’intervenants. La moyenne de leurs décisions imprime une tendance qui se révèle presque toujours pertinente. Ainsi, le marché parvient à anticiper un ralentissement, une fin de cycle, une reprise... avec plusieurs mois d’avance... et il se trompe rarement. Pourquoi ?

« Le marché a toujours raison ». Telle est la devise des gérants qui tentent de prévoir mais doivent, finalement, se soumettre à la réalité du marché.

Le marché est composé d’une multitude d’intervenants. La moyenne de leurs décisions imprime une tendance qui se révèle presque toujours pertinente. Ainsi, le marché parvient à anticiper un ralentissement, une fin de cycle, une reprise... avec plusieurs mois d’avance... et il se trompe rarement. Pourquoi ?

Un bon sens partagé ? Prenons l’exemple du Brexit. L’analyse de tous les paramètres en présence conduit rationnellement à une convergence impossible entre le Royaume-Uni et l’Europe. Pourtant, le marché semble très complaisant à l’égard du Brexit dont l’échéance est imminente. A observer la montée continuelle des indices depuis le 1er janvier, cette perspective ne le perturbe guère. Le marché prend du recul sur les événements, il ne se préoccupe pas de l’itinéraire emprunté. Avec un pragmatisme indécent, il se focalise sur la seule certitude incontournable : ni le Royaume-Uni, ni l’Europe n’ont intérêt à un Brexit dur.

Cette faculté de pouvoir s’extraire du déroulement du calendrier et des moyens déployés, pour ne retenir que la finalité, est étonnante.

La même approche semble prévaloir sur l’issue prévue des négociations sino-américaines. Aucun de ces deux pays n’a intérêt à freiner la croissance mondiale. Alors pourquoi s’inquiéter, le compromis final sera nécessairement favorable, quelles que soient les gesticulations préparatoires.

  1. Les craintes suscitées par le dénouement des deux événements majeurs du 1er trimestre 2019 n’ont pas déstabilisé les marchés financiers qui demeurent convaincus d’une issue positive.
  2. Les statistiques macro-économiques, européennes et asiatiques, particulièrement peu encourageantes sont annulées par la nouvelle attitude arrangeante des grandes banques centrales qui ont choisi de développer des moyens conséquents pour lutter contre un ralentissement.
  3. De ce fait, la bonne qualité des résultats, mais également des perspectives pour l’année 2019, a permis de rétablir la confiance et de nourrir la hausse des cours.

En toile de fond, une tendance renforce cette relative euphorie. La faiblesse de la dynamique de croissance imposant un maintien prolongé des taux bas sur toute la planète, la rentabilité dérisoire des obligations devrait inciter les épargnants à délaisser progressivement les produits de taux pour acheter des actions, notamment en Europe. Rappelons que les dividendes du CAC 40 offrent un rendement de 3,30% à rapprocher d’un coupon de 0,56% sur l’OAT 10 ans, le ratio est presque de 1 à 6. En Allemagne, l’écart est de 1 à 19, du fait d’un Bund 10 ans qui offre 0,16% par an.

Ainsi, sans intégrer une possible plus-value liée à l’appréciation des cours, les actions rapportent 6 à 19 fois plus que les obligations. Il est certain que de tels écarts vont progressivement modifier le comportement des épargnants. Même les français, plutôt grégaires mais sachant compter, commencent à prendre conscience du rendement net, quasi nul, de leur contrat d’assurance-vie en euros.

La dégradation de l’activité mondiale, hors États-Unis, ne doit pas pour autant être négligée et il faudra observer de près la réaction des grandes sociétés à l’annonce du compromis sino-américain. Le risque principal réside dans l’attentisme des entreprises face à l’investissement en cas d’accord aux contours trop incertains.

Enfin, on ne peut nier l’inévitable rythme de vie des marchés qui appelle des phases de respiration. Une forte hausse réalisée en un temps relativement court appelle le plus souvent des prises de bénéfices. La puissante remontée des cours depuis la fin décembre devrait, tôt ou tard, déclencher une phase de consolidation ... qui n’exclut pas une reprise de la hausse par la suite.

Jacques de Panisse Passis , 11 mars

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  • Un bon sens partagé ? pas si sûr.... 17 mars 2019  08:57, par synergie [Asset Management]
    <p>Un krasch boursier qui ne dit pas son nom.</p> <p>Bien entendu, cela ne ressemble pas à la crise des subprimes de 2007, mais 2018 a été une année de baisse record sur les marchés boursiers mondiaux, pas vue depuis 2008. Un rééquilibrage comme le pensent certains, ou un krasch boursier qui ne dit pas son nom. <br />Les hausses répétées des taux d’intérêts de la FED afin de juguler l’inflation, a eu un sérieux revers de médaille. Car, augmenter le coût du crédit, rendre l’épargne plus attrayante, créant ainsi un équilibre dépenses des ménages/épargne a, pour inconvénient majeur de contracter les revenus des entreprises en B2C, c’est à dire principalement orientées sur la consommation des particuliers, et de fait d’affecter la croissance Outre-Atlantique. <br />Le taux de l’argent reste un fer de lance à la reprise économique, de sa stabilité, ou pas. La BCE a donc opté pour une autre politique&nbsp;: ne pas modifier sa politique monétaire avant l’été 2019. A contrario, elle met un frein très sérieux à son programme de rachat d’actifs, ce qui pourrait provoquer des risques de liquidités, et réduire la distribution de crédit. <br />Au-delà des ces grands prismes macroéconomiques, il convient toujours de rappeler que les politiques monétaires accommodantes de ces dix dernières années sont aujourd’hui à bout de souffle, et ne peuvent plus désormais constituées un filet de sécurité permettant de contrecarrer une nouvelle crise financière. <br />Que dire aussi de l’incertitude dans le dénouement de la guerre commerciale entre La Chine et les Etats-Unis&nbsp;? Avons-nous vécu le plus dur, ou est-il devant nous&nbsp;? Si nous avons vécu le plus dur, alors finalement ce n’était pas si méchant que beaucoup le laissait entendre. Si le plus dur est devant nous, nul ne sait ce qu’il pourrait nous réserver. En tout cas, pas des bonnes nouvelles. <br />Que dire du Brexit&nbsp;? Sortie sans accord, un accord de dernière minute&nbsp;? Que dire du tassement de la croissance mondiale&nbsp;? On sait que La Chine n’est plus en capacité, au moins pour un temps de la tirer vers le haut, alors qui, comment&nbsp;? <br />Que dire des mouvements populistes qui traversent le monde&nbsp;? De Trump aux Etats-Unis, Bolsonaro au Brésil, Erdogan en Turquie, Salvini en Italie, Orban en Hongrie ou encore Duterte aux Philippines, (et la liste est loin d’être exhaustive)&nbsp;? Qu’ils sont des phases éphémères de la vie démocratique&nbsp;? Que nous réservent les élections européennes de mai&nbsp;? Une nouvelle idée de l’Europe&nbsp;? <br />Que dire de la situation géopolitique mondiale&nbsp;? Que tout va bien dans le meilleur des mondes&nbsp;? Que nous avons répondu au défit de la transition énergétique, mis notre descendance à l’abris&nbsp;? <br />Autant d’incertitudes auxquelles toutes les allégories peuvent trouver leurs fondements. Mais, il convient de ne jamais d’oublier, qu’il est une chose que déteste par-dessus tout le monde de la finance, c’est justement l’incertitude. A preuve le dernier trimestre 2018 qui fut totalement catastrophique. <br />Certains vous diront que le moment d’entrée dans les marchés n’est qu’un facteur parmi tant d’autre, et qu’il ne doit pas être un frein à l’investissement boursier. On finit toujours par sortir gagnant sur la durée. Il n’est pas certain que ceux entrés sur le marché français en septembre 2000 à 6944 points (son plus haut historique) soient du même avis. <br />Restons donc très prudent devant les élans boursiers de ce début d’année 2019. Cette hausse ne correspond en aucun cas à la situation économique mondiale, et elle n’est fondée sur aucun facteur macroéconomique réellement fiable. Si vous avez des titres en portefeuille et que vous dégagez à ce jour une plus-value, il est certainement temps de les vendre. Sinon, attendez et profitez d’une chute significative de l’indice (qui ne devrait pas tarder), pour entrer sur un marché qui risque cependant d’être bien chaotique, et faite une moyenne à la baisse. Mais cette option reste bien risquée. Alors, notre conseil&nbsp;: il vaut mieux faire une donation à vos enfants ou petits- enfants, au moins l’argent qui sortira de votre poche le sera à bon escient.</p>

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