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Sommet Climat : les gouvernements et les investisseurs doivent se montrer plus ambitieux pour combattre les émissions de gaz à effets de serre

Présidé par Michael R. Bloomberg, le groupe de travail du FSB a formulé des recommandations qui pourraient changer la donne, en fournissant aux investisseurs toutes les informations nécessaires pour leur permettre d’initier de nouvelles actions dans la lutte contre le changement climatique.

Pour la première fois en trois ans, une augmentation des émissions de gaz à effet de serre a été observée cette année. « Pour avoir une chance d’atteindre les objectifs fixés par l’Accord de Paris, il faut que les gouvernements comme les investisseurs, s’engagent davantage afin de soutenir les initiatives bas carbone » déclare Fiona Reynolds, Directrice Générale des Principes pour l’Investissement Responsable (PRI).

La prise en compte des questions environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) est un élément clé pour l’émergence d’un système financier durable.

Les PRI appellent donc un plus grand nombre de pays à renforcer leur ambition en matière de changement climatique et à adopter les recommandations du groupe de travail du Conseil de stabilité financière (FSB) sur les informations financières relatives au changement climatique (TCFD). Les recommandations de ce groupe de travail visent à élaborer un ensemble uniforme d’informations à fournir, sur une base volontaire, par les entreprises elles-mêmes, concernant les risques financiers liés au changement climatique.

Les investisseurs ont les moyens d’apporter les solutions

Présidé par Michael R. Bloomberg, le groupe de travail du FSB a formulé des recommandations qui pourraient changer la donne, en fournissant aux investisseurs toutes les informations nécessaires pour leur permettre d’initier de nouvelles actions dans la lutte contre le changement climatique. Bien que plus de 400 investisseurs représentant 22 milliards de dollars d’actifs sous gestion aient demandé au G20 de mettre en œuvre les recommandations du TCFD, seul le Royaume Uni les a, à date, publiquement approuvées.

« Nous souhaiterions que davantage de pays soient plus ambitieux en matière de lutte contre le changement climatique et s’approprient les recommandations du TCFD », déclare Fiona Reynolds.

« Pour leur part, les investisseurs professionnels doivent redoubler d’efforts pour faire en sorte d’adapter leurs portefeuilles à la transition vers une économie bas carbone, une démarche par ailleurs essentielle afin de protéger les rendements financiers de millions de bénéficiaires. Cela suppose qu’ils engagent le dialogue avec les entreprises dans lesquelles ils sont investis et mesurent ce qu’elles comptent mettre en œuvre pour évoluer vers ce nouveau monde bas carbone ».

Les investisseurs doivent aussi s’assurer que leur discipline de vote est conforme aux résolutions sur le climat. Il leur revient de s’assurer que les comités de direction de ces entreprises disposent des compétences nécessaires pour relever le défi du changement climatique.

Enfin, les investisseurs doivent continuer d’exiger des gouvernements qu’ils mettent en place le cadre et les politiques adéquats afin d’orienter les flux d’investissements vers cette économie bas carbone. Cela suppose de commencer à taxer significativement le carbone et de mettre fin progressivement au subventionnement des combustibles fossiles.

Sommet Climat, Climate Action 100+ et plan décennal : les PRI plus que jamais engagés

Fiona Reynolds espère que le « Climate Finance Day » du 11 décembre à Paris et le Sommet Climat impulsé par Emmanuel Macron, qui aura lieu le lendemain, seront des catalyseurs efficaces pour faire avancer les politiques climatiques. Les PRI et d’autres groupes engagés sur la question du climat annonceront, à l’occasion du Sommet, le lancement de Climate Action 100+. Cette initiative quinquennale encourage les investisseurs à engager le dialogue avec les plus grands émetteurs de CO2 mondiaux.

Un rapport publié plus tôt cette année par les PRI et Carbon Tracker (« Two Degrees of Separation ») classe 69 des plus grandes compagnies pétrolières et gazières en fonction de l’importance de leur exposition aux enjeux de la transition bas carbone : 2 300 milliards de dollars des investissements programmés par l’industrie pétrolière et gazière pour l’exploration de nouveaux gisements (soit environ un tiers des projets d’ici à 2025) sont incompatibles avec les engagements mondiaux visant à limiter le réchauffement climatique à +2°C, et avec des avancées rapides en matière de technologies « propres ».

« La Banque de Norvège, qui gère le plus important fonds souverain du monde, a indiqué dans une lettre adressée au gouvernement, vouloir se désengager du pétrole et du gaz pour réduire la vulnérabilité de la Norvège face à la volatilité des cours du brut », explique Fiona Reynolds. « Une proposition sensée qui reflète également la préoccupation croissante des investisseurs quant à l’évolution du prix des combustibles fossiles et l’impact économique que cette évolution aura à long terme sur leurs investissements ».

Conscients du travail colossal qu’il reste à mener, les PRI vont mettre en place, dès l’année prochaine, un nouveau plan d’action décennal. Celui-ci vise à accompagner les investisseurs et à leur faire comprendre les risques financiers auxquels ils s’exposent s’ils ne tiennent pas compte des enjeux liés au changement climatique dans leurs portefeuilles.

Le changement climatique est la composante centrale du plan directeur des PRI, publié en mai dernier. Ce document présente notamment les priorités de la communauté des investisseurs responsables, pour les dix prochaines années.

Next Finance , Décembre 2017

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