Quelques opportunités d’investissement dans un environnement de marché empreint d’incertitudes

Les obligations à taux variables, pour leur insensibilité au risque de taux, le crédit High Yield européen, compte tenu de la reconstitution récente des spreads, ainsi que les stratégies actions dites « minimum variance » ou couvertes, devraient receler de la valeur cette année, dans un environnement de marché volatil.

Selon l’équipe de Swiss Life Asset Managers, le scénario économique le plus probable pour 2019 devrait se concrétiser par une dégradation du « mix » croissance et inflation, sans pour autant déclencher de récession. En conséquence, les marchés financiers devraient rester volatils, guidés notamment par l’incertitude politique, la maturité déjà atteinte par le cycle d’expansion macroéconomique et une normalisation prudente de la politique monétaire des banques centrales.

Les perspectives des différentes classes d’actifs s’avèrent assez hétérogènes. Si les marchés actions devraient profiter de cet environnement, notamment en raison de valorisations plus attractives et de l’illiquidité des autres classes d’actifs, les obligations présentent, de leur côté, un potentiel de rendement limité.

Les obligations à taux variable et le crédit High Yield, des sources de valeur intéressantes dans l’univers obligataire

Dans la catégorie Investment Grade, le faible niveau des taux d’intérêt et les spreads de crédit encore relativement étroits limitent le potentiel de rendement des obligations.

« Dans ces conditions, nous continuons de favoriser les obligations à taux variables qui se distinguent par leurs caractéristiques intrinsèques. En effet, ces obligations aussi dites ‘floaters’ affichent un coupon indexé sur une référence monétaire ou obligataire, grâce à quoi elles sont insensibles au risque de taux d’intérêt » explique Mathilde Lacoste, Responsable de la Gestion Investment Grade.

Il existe aujourd’hui, une prime de près de 45 points de base en faveur des obligations à taux variables libellées en euro par rapport à leurs équivalents taux fixes [1]. « Nous déployons une stratégie d’investissement active et sélective en matière de ‘floaters’. Également, nous apprécions particulièrement les TCN (Titres de Créances Négociables) et DAT (Dépôts à Terme) » précise Mathilde Lacoste.

Les obligations d’entreprise de catégorie High Yield affichent aussi un profil attrayant.

« Nous identifions des opportunités sur le segment High Yield Euro après plusieurs séquences de correction au cours des trois dernières années » affirme Gilles Frisch, Responsable de la Gestion High Yield. Le marché High Yield a subi plusieurs retracements mineurs de -1 à -3% depuis fin 2015, avant d’éprouver une correction significative en fin d’année 2018. « Cette chute de l’ordre de 5% a eu pour conséquence la fermeture du marché primaire ces trois derniers mois. Il en résulte aujourd’hui des niveaux de valorisation plus attractifs sur le segment High Yield européen, en comparaison avec le High Yield américain ». Plus précisément, les titres de notation B sont les plus intéressants du fait de la recomposition significative des spreads. « Les titres de notation B libellés en euro offrent aujourd’hui une prime d’environ 150 points de base par rapport à leurs pairs américains ».

L’équipe favorise les obligations High Yield euro de notation B, notamment dans le cadre du fonds à échéance SLF (F) Opportunité High Yield 2023 [2]. Cette solution dont l’horizon d’investissement est juin 2023 a pour objectif de générer un rendement attractif tout en résistant aux phases de stress de crédit, grâce à une forte diversification (plus de 70 lignes en portefeuille, 10 secteurs industriels investis).

Marchés actions : le retour de la volatilité impose un contrôle rigoureux des risques

Le retour de la volatilité sur les marchés financiers s’explique par une conjonction de catalyseurs. Depuis plus d’un an, l’action des banques centrales qui ont commencé à resserrer leurs politiques monétaires, ainsi que le ralentissement économique global et des valorisations très élevées ont pesé sur les marchés actions. Les inquiétudes quant à l’escalade de la guerre commerciale sino-américaine, à l’impact du Brexit sur l’économie et la politique européennes, enfin aux tensions budgétaires italiennes réanimant le spectre d’un éclatement de la zone euro, ont également nourri l’aversion au risque. « Néanmoins, nous assistons en ce début d’année à une normalisation plutôt saine des conditions de marché et nous écartons, à ce stade, le scénario d’un mouvement de panique sur les marchés actions » estime Tatjana Puhan, Responsable de la Gestion Multi-Assets & Actions.

Sur le plan géographique, les modèles d’analyse quantitative déployés par l’équipe de Swiss Life Asset Managers indiquent des perspectives favorables sur les marchés américains.

« Les prévisions macroéconomiques et les bénéfices des entreprises restent sur des niveaux élevés, même si le pic est dépassé. Les valorisations des actions américaines sont encore relativement attrayantes » explique-t-elle. La situation est plus nuancée en zone euro, au Royaume-Uni et sur les marchés émergents. Si les valorisations boursières y sont relativement attractives et le niveau de croissance bénéficiaire des entreprises assez élevé, les perspectives macroéconomiques incitent à la prudence. « En zone euro, au Royaume-Uni et au sein des pays émergents, les prévisions pointent un ralentissement de l’activité économique. A cela s’ajoutent des risques politiques, budgétaires et commerciaux qui peuvent altérer la confiance des investisseurs ». D’un point de vue sectoriel, ces incertitudes pourraient encore pénaliser la valorisation des titres les plus cycliques.

Dans cet environnement de marché volatil, Tatjana Puhan reste convaincue de l’intérêt des stratégies actions systématiques, dites « minimum variance ». Fondée sur la recherche académique, une telle approche permet d’améliorer les rendements ajustés au risque d’un portefeuille et de jouer un rôle d’amortisseur en cas de baisse des marchés.

« Grâce à l’amortissement des mouvements de marché lors des phases baissières, la stratégie ‘minimum variance’ affiche des performances ajustées au risque supérieures aux indices de marché, moins diversifiés et non centrés sur la gestion du risque. En témoignent de meilleurs ratios de Sharpe à 5 ans pour les indices MSCI Minimum Volatility, par rapport aux indices MSCI ».

Enfin, il est aujourd’hui nécessaire d’aborder les marchés boursiers en intégrant une stratégie de couverture au sein des portefeuilles actions.

« Au vu du couple rendement risque des autres classes d’actifs, les actions demeurent incontournables. Il faut toutefois considérer la dégradation globale du sentiment de marché en appliquant une approche dynamique de couverture des risques. La protection des portefeuilles via un pilotage rigoureux des risques sera, cette année encore, une source prépondérante de performance » conclut Tatjana Puhan.

Next Finance , 18 février

Notes

[1] Source : indices Bloomberg Barclays Euro Floating Rate Notes ; Bloomberg Barclays Euro Agg Corporate

[2] Pour plus d’informations concernant le fonds, il est conseillé de se reporter aux DICI et prospectus du fonds disponibles sur simple demande adressée à la société de gestion ou sur le site www.swisslife-am.com

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